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Un message de paix aux vivants

Commémoration du 19 Mars 1962

Samedi, la petite commune de Saint-Bonnet-les-Tours de Merle a célébré à sa manière le 55ème anniversaire du «cessez le feu» de la guerre d’Algérie. La «Place de la Paix» a été inaugurée ainsi que la statue «L’insoumise» œuvre de l’artiste Marc Petit. Un grand moment. L’histoire avait
rendez-vous avec l’émotion et la mémoire samedi matin dans cette petite commune de la Xaintrie.
Une militante pacifiste avait les larmes aux yeux en découvrant la nouvelle plaque double de la «Place de la Paix ; Plaça de la Patz» en ardoise de Travassac. En dessous, alignée, une plaque en porcelaine de Limoges peinte, symbolisant la paix  unissant la France à l’Algérie. A gauche, un olivier aux branches calcinées, racornies, est l’image noire, mortifère de la guerre. A sa base, à droite, un tronc lisse et fin de la blancheur de la porcelaine se dresse en biais avec à son sommet un feuillage  au vert tendre chatoyant de lumière : la paix, la vie retrouvées.
Encadrant ce dessin, quatre vers d’un poème de Maxime Becque, ancien soldat d’Algérie :
«Une guerre sans front
La vraie guerre quand même
Par des héros sans nom
A l’âge des je «t’aime».

Ces deux belles plaques ont  été réalisées par l’artiste Bertrand Cholet. Emotion a rimé avec génération également lors de leur dévoilement  par  Hugo, un bébé de 7 mois, le cadet de la commune d’un côté, et de l’autre Germaine Aumont, 87 ans, la doyenne d’un village de trente-neuf âmes.
«Trente-neuf cœurs qui battent toute l’année. Ils sont heureux de vivre sur ce territoire et ils souhaitaient, par cette célébration, se rappeler de cette guerre, de cette drôle de guerre qui nous réunit aujourd’hui. Il fut un temps, les enfants de notre village sont partis loin d’ici pour aller se battre pour un idéal, se battre à la demande de la République» a souligné en préambule le maire de Saint-Bonnet-les-Tours Jean-Michel Teulière.   
La commune, en association avec celles de Saint-Julien-le-Pèlerin et de Goulles, avait voulu faire de cette traditionnelle cérémonie un événement en soi où la culture, la paix, la culture de la paix en seraient le moteur fraternel.
«Jusqu’alors nous ne parlions qu’aux morts, il nous importait de dire des choses aux vivants» a expliqué  Jean-Michel Teulière.
Ils étaient ainsi plus de deux-cents, trente-cinq porte-drapeaux, élus, parlementaires, autorités civiles et militaires, habitants de la Xaintrie, réunis pour entendre, partager ce message sur cette Place de la Paix riche en symbole. La cérémonie a débuté par la chanson des «Mille colombes»  entonnée par les membres de la chorale de Soursac Harmonie. Des enfants du village ont lu un poème  «Hier la guerre, aujourd’hui la paix» se terminant par «Non à la guerre, oui à la paix». Une colombe pouvait s’envoler des mains d’une enfant.
L’autre temps fort  aura été le dévoilement de l’œuvre de Marc Petit, un artiste limousin reconnu. Une sculpture en bronze baptisée «L’insoumise» -dont il a fait don à la commune- se dresse au milieu de la place. Cette femme décharnée, au corps nu, entravée par des bandelettes, rend hommage à toutes les victimes de guerre. Son nom «L’insoumise» est l’anagramme de limousine. Le regard triste de la femme se porte vers le soleil levant. Au sol, la sculpture est entourée d’un pavement qui sera lui-même intégré à un massif floral.
La cérémonie a pris ensuite un tour plus classique avec le dépôt des gerbes par les autorités au pied du monument aux morts.
Dans son discours, Joseph Lalo, le président de l’association intercommunale des Anciens combattants de Saint-Bonnet-les-Tours,  Goulles et Saint-Julien-le-Pèlerin  a exprimé sa profonde reconnaissance pour cette cérémonie.
Il est revenu sur une «guerre coloniale» menée par des hommes de «20 ans la fleur de l’âge» et a évoqué «cette paix si fragile, éphémère, volage qui nous échappe malgré nous. La paix ne peut être qu’un visage humain».
Parmi l’assistance, des appelés qui ont participé à cette guerre «impudiquement et improprement nommée les événements» dixit Jean-Michel Teulière.
Il a vécu et travaillé à Versailles. Il est  parti en 1957 pendant plus d’un an «dans une putain de guerre de merde» lâche t-il. Les souvenirs reviennent et des larmes silencieuses quand  la mémoire se fixe sur un camarade tué en pleine nuit par un «tir posté» alors que cet instituteur écrivait une lettre à sa femme. Aux vivants et aux morts.

Exposition sur la guerre d’Algérie
Une exposition sur la guerre d’Algérie est toujours  proposée  jusqu’au 26 mars, dans la salle des fêtes de Saint-Bonnet-les-Tours. Elle est  composée de 36 panneaux sur la guerre d’Algérie. Entrée libre et gratuite de 9h à 19h.

Serge Hulpusch

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