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Commune de Schiltigheim : un retour riche en émotions

À l’occasion du centenaire de la municipalité ouvrière et paysanne de Saint-Junien, une délégation de Schiltigheim, commune du département du Bas-Rhin, a été accueillie ce lundi par le maire et les élus locaux.

Cette invitation est en lien avec la longue histoire qui unit cette commune de la région du Grand Est (région historique d’Alsace) à Saint-Junien. Une histoire qui remonte au 1er septembre 1939, date à laquelle le gouvernement français ordonne d’évacuer les Alsaciens des villes et villages de l’Outre-Forêt, situés devant la ligne Maginot, et ceux qui habitaient la bande de terre le long du Rhin (frontière allemande). Ainsi donc, Strasbourg et sa région ; Schiltigheim, Bischeim et Hoenheim sont évacuées vers le Sud-ouest de la France : «En quelques jours, 430.000 personnes originaires de 181 communes, munies de 30 Kg de bagages et de vivres pour une durée de quatre jours, partent sur les routes ou les voies ferrées, et gagnent les régions d’Agen, de Périgueux et de Limoges» rappelle Pierre Allard, maire de Saint-Junien. Cette évacuation s’est faite en prévention d’un éventuel conflit avec l’Allemagne : «J’avais 6 ans à l’époque, nous sommes partis le 2 septembre 1939 et nous avons voyagé pendant trois jours dans un train à bestiaux avant d’arriver à Saint-Junien», lance avec émotion Marguerite Roth, habitante de Schiltigheim ayant été déplacée avec sa famille à Saint-Junien en 1939. Beaucoup de témoignages et de récits rendent compte de cette période difficile qui est restée gravée dans les mémoires. Aujourd’hui, anciens et jeunes travaillent pour la transmission de cette mémoire, à ce propos, Danielle Dambach, maire de la commune de Schiltigheim revient sur cet événement majeur de l’histoire de sa municipalité : «Je suis très touchée et très émue de revenir dans cette terre d’accueil qui porte en elle un bout d’Alsace grâce aux Schilikois arrivés en 1939», puis de réaffirmer : «C’est une période qui doit rester dans nos mémoires et dans les mémoires des génération futures pour que les erreurs du passé ne se reproduisent plus».

Un devoir de mémoire que les jeunes Schilikois présents dans la salle du conseil de la mairie de Saint-Junien comptent bien honorer, à l’image de Guillaume Weixler, collégien et membre de la maison du jeune citoyen de Schiltigheim qui mesure l’importance de cette initiative : «Je pense que c’est très important d’être ici pour la transmission de la mémoire... Un groupe de jeune travaille sur des ateliers mémoriels dédiés à cette période de l’histoire tandis qu’un autre a eu la chance de venir ici aujourd’hui pour visiter la ville où a vécu des membres de nos familles pendant une année entière.» Outre ce déplacement humain et administratif qui s’est fait dans la contrainte et la douleur, les habitants des deux communes, ont pendant cette année de cohabitation tissé des liens très forts. Des liens qui ont parfois débouché sur des mariages : «Avec des infrastructure insuffisantes et une inexistence des logements sociaux à l’époque, l’arrivée des Schilikois n’a pas forcément été bien accueillie par les habitants locaux, néanmoins, des amitiés, des amours, des mariages vont émailler cette période» souligne le maire de Saint-Junien, puis d’ajouter : «Une étude d’archive démontre que de septembre 1939 à octobre 1940, 118 enfants sont nés de parents originaires de Schiltigheim. 38 mariages ont été célébrés dont 14 mariage mixtes entre Schilikois et Saint-Juniauds». L’ensemble de la délégation s’est ensuite rendue place Guy-Môquet pour le dévoilement d’une plaque commémorative du déplacement. Le programme s’est ensuite poursuivi avec une visite de la commune d’Oradour-sur-Glane à l’occasion des commémorations du massacre qui a eu lieu le 10 juin 1944 dans cette commune et faisant 642 victimes, dont 207 enfants.