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Grégoire saigné à blanc

La nouvelle tant redoutée depuis des mois est tombée hier par la voix du tribunal de commerce de Paris : 157 licenciements vont être prononcés au sein du groupe Grégoire menuiseries. Acculé financièrement, il a en effet été repris par le fonds Prudentia capital, dont la Banque publique d’investissement (BPI) est actionnaire.

Grégoire saigné à blanc
C’est donc l’offre la moins pire des deux encore en lice qu’a choisi de retenir hier le tribunal de commerce de Paris, en désignant comme repreneur des menuiseries Grégoire le fonds Prudentia capital, dont le projet prévoit de ne conserver que 260 salariés sur les 417 que com-pte encore le groupe.
Comme le bruit sec d’une guillotine qui s’abat sur le cou de sa victime, la nouvelle est tombée hier après-midi à Saint-Martial-d’Artenset : le groupe Grégoire est sauvé, mais au prix d’un sacrifice humain aussi immense que désolant. Un sacrifice humain comme on en n’avait pas vécu en Dordogne depuis 2013 et les 150 licenciements effectués par les Papeteries de Condat.
Ce sont donc 157 licenciements qui devraient être prononcés d’ici la fin du mois, conformément à l’offre de reprise formulée par le fonds Prudentia capital, dont la Banque publique d’investissement est actionnaire. Elle ne prévoit de conserver que 260 salariés sur les 417. Son concurrent, lui, le groupe de menuiserie industrielle Lorillard de Chartres dans l’Eure-et-Loire, voulait s’en séparer de 50 de plus et n’en garder que 210.
Fallait-il voir le verre à moitié vide ou le verre à moitié plein ? Fallait-il rire ou pleurer ? Hier, deux sentiments opposés se mélangeaient dans le cœur des salariés des menuiseries Grégoire. Avec d’un côté la joie de voir leur outil sauvé et que la meilleure offre des deux formulées ait été préférée par le tribunal de commerce, mais en même temps, la déception et l’effroi que ce soit au prix d’une casse sociale sans précédent pour cette entreprise centenaire qui devrait prendre le nom de Nouvelle menuiserie Grégoire.
Navire en perdition
Fondée en 1907 par la famille Grégoire, l’entreprise avait connu plusieurs trous d’air. En 2007, la majorité de son capital avait été rachetée par Parquest capital, un fonds d’investissement adossé à la banque hollandaise ING, via une manœuvre de LBO qui consiste à endetter l’entreprise. Frappé par la crise, en janvier 2009, le groupe Grégoire avait procédé à 53 licenciements sec, et près de 112 en comptant les CDD. Huit autres licenciements avaient également eu lieu en décembre 2016 à quelques semaines d’une reprise en main du commandement par le cabinet Prosphères, spécialisé dans la restructuration d’entreprise et la chasse aux coûts. Reprise qui était concomitante avec le départ précipité du dernier membre de la famille Grégoire au sein de la direction du groupe. Ce cabinet était censé redresser la barre d’un navire déjà en perdition. Mais malgré 600 000 euros d’investissement engagés en 2016 puis 400 000 euros en 2017, rien n’y a fait, l’entreprise a continué à perdre de l’argent.
Selon un communiqué de la direction, le chiffre d’affaires de l’entreprise, qui s’élevait à 63 millions d’euros, était en recul, tandis que son excédent brut d’exploitation, en quelque sorte ses bénéfices, était négatif. Pour la première fois depuis très longtemps, les comptes de la filiale SAS Sotrap (spécialisée dans les fenêtres pour les constructions collectives) était dans le rouge, comme sa grande sœur des Menuiseries Grégoire (fenêtres pour les particuliers).
Pointé du doigt
Ces pertes cumulées avaient conduit l’entreprise a se faire placer en redressement judiciaire le 2 juillet dernier selon le dispositif de pré-pack qui permet de céder la société sous l’égide du tribunal de commerce en procédant à un plan de cession préparé à l’avance. Ce scénario catastrophe aurait-il pu être évité ? Peut-être répondent certaines voix au sein de l’entreprise, qui remettent en cause sa gestion et des guéguerres stériles au sein de la direction. « Il y avait un problème de stratégie, de développement des produits, mais aussi des problèmes de management. La famille Grégoire a beau avoir laissé ses parts, elle a sa part de responsabilité. C’est elle qui a donné les rênes de l’entreprise à certains cadres qui n’ont pas fait les bons choix ». Ce n’était pourtant pas faute d’avoir été prévenue par les salariés. « Il aurait fallu investir sur de nouvelles machines, de nouveaux produits, développer de nouvelles gammes. Au lieu de ça, on s’est laissé totalement dépasser par notre concurrence ». Une concurrence particulièrement sévère. Il était donc trop tard pour bloquer l’engrenage et le groupe Grégoire est parti droit dans le mur, avec les conséquences que l’on connaît désormais.
Coup de tonnerre
L’annonce de la suppression de 157 postes a fait l’effet d’un coup de tonnerre hier dans le Landerneau local. De son côté, la fédération départementale du Parti communiste n’hésite pas à parler de
« coup de massue du libéralisme sur les salariés de Grégoire ». C’est d’ailleurs avec colère qu’elle a appris la nouvelle de la reprise du groupe et surtout des quelques 157 licenciements qui vont intervenir à la rentrée. « Depuis maintenant des mois, nous savions que cela pouvait arriver. Ce que nous dénoncions alors est toujours d’actualité : comment peut-on permettre à une entreprise qui a bénéficié d’aides de collectivités (dont le CICE) de prendre une telle décision ? Comment peut-on laisser autant de gens sur le carreau dans une région qui en plus, ne bénéficie pas du dynamisme économique qui permettrait à ceux-là de retrouver du travail ? La question nouvelle, c’est celle du financement du PSE. Avec la fameuse loi travail XXL de Macron contre laquelle nous nous sommes battus, c’est avec rien, ou presque que partiront les salariés ». Le Parti communiste de la Dordogne, qui exprime son soutien aux salariés de Grégoire, indique qu’il se tient à leurs cotés pour l’avenir.
désindustrialisation annoncée
Son de cloche similaire pour le président de l’ADECR Dordogne, Vianney Le Vacon, qui voit dans cette reprise de Grégoire et les nombreux licenciements qui vont l’accompagner « la chronique d’un désastre annoncé, significatif du drame plus global que vit notre industrie aujourd’hui.  De fait, cette annonce percute de plein fouet l’actualité nationale qui met en lumière la désindustrialisation de la France et ses conséquences pour l’emploi et le développement de nos régions ».
Pour Vianney Le Vacon, au-delà du Montponnais, de la Vallée de l’Isle, « c’est toute la Dordogne qui est fragilisée avec la mise à mal de l’un de ses plus beaux fleurons. Des fleurons qui comme les ateliers SNCF de Périgueux ont un avenir en pointillé. Notre industrie va mal, à force de voir les financiers, pour ne pas dire des prédateurs supplanter les ingénieurs et les ouvriers dans les choix stratégiques des entreprises où seul compte désormais la ligne bleue des profits au détriment des salariés et des investissements ».
Pour le président de l’ADECR Dordogne, il ne fait aucun doute que « la responsabilité du gouvernement et de ses soutiens, dont le député Chassaing, est pleinement engagée. Voilà plus d’un an que l’on connaît le problème. Or c’est toujours la même politique que depuis des années et des années : toujours plus de subventions en direction des entreprises, plus de 100 milliards par an, CICE, crédit emploi recherche et compagnie sans aucune efficacité avérée avec toujours le même résultat : les grandes entreprises explosent leurs dividendes, avec du chômage à la pelle et un tissu de PME-PMI qui est à bout ». Et Vianney Le Vacon de réclamer que « tout cet argent aille au développement, à l’investissement, à l’emploi réellement ».
L’accompagnement de la Région
Pour sa part, le président de la Région Nouvelle-Aquitaine, qui prend acte du choix du tribunal de commerce de Paris, souhaite qu’un plan de sauvegarde pour l’emploi (PSE) digne de ce nom accompagne cette restructuration «dont l’impact s’annonce lourd sur le plan social et humain pour 157 salariés et leurs familles. La Région les accompagnera, aux côtés de ses partenaires, dans leur reclassement à travers ses dispositifs de formation ». Elle est d’ores et déjà au travail pour aider le repreneur dans son projet industriel et de diversification. « Nous soutiendrons demain Grégoire comme nous l’avons soutenu hier, parce que nous croyons à son avenir industriel », indique Alain Rousset, qui demande aussi à l’actuel actionnaire de l’entreprise, le fonds Parquest Capital, qui a fortement fait remonter les dividendes ces dernières années, de contribuer au financement du PSE. Ce que réclament également à corps et à cri les salariés qui se sont pour l’instant vu signifier une fin de non recevoir. Autant de Parquest capital que de la famille Grégoire. Mais ils n’ont pas dit leur dernier mot et prévoient de les relancer à la rentrée.
En attendant, les modalités du PSE sont en train d’être affinées. Les lettres d’entretien préalable aux licenciements devraient partir à compter du 20 août avec des premiers licenciements à la fin du mois. Un coup dur supplémentaire pour la Vallée de l’Isle, déjà touchée à de très nombreuses reprises par des fermetures d’entreprises, en particulier dans l’industrie de la chaussure, comme avec Aster ou encore Marbot-Bata.