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Se réfugier en Creuse, oui mais...

Société

Ils risquent la persécution, voire la mort en retournant chez eux : dans la grande famille des migrants, ceux qui obtiennent le statut de réfugiés bénéficient de fait d’une protection internationale. Les plus vulnérables sont accueillis dans des Centres Provisoires d’Hébergement (CPH) : en Creuse, il est situé à Saint-Vaury.
C’est la «deuxième vague» de réfugiés qui intègrent le CPH, et Saint-Vaury par la même occasion. Hébergés dans quelques appartements sociaux de la commune en accord avec Creusalis, ils vivent au milieu de la population, participent aux activités associatives, bref, s'intègrent comme n’importe quel nouvel habitant saint-valérien.
Et l’objectif non caché de la commune et des services de l’Etat, c’est bien de leur donner envie de rester en Creuse par la suite. Pour cela, ils donnent aux réfugiés qui en ont besoin les armes pour rester en France: logement, santé, apprentissage de la langue et intégration professionnelle en sont les maîtres-mots. Pour Philippe Bayol, maire de Saint-Vaury, le CPH s’intègre parfaitement dans la politique d’accueil lancée par l’agglomération du Grand Guéret. Sandrine Micard, directrice adjointe du pôle migrant du comité d’accueil creusois, est ravie de l’accueil réservé par la commune : «On sent une bienveillance, un très bon accueil, il y a de la communication et de la compréhension».
La plupart des acteurs présents considèrent en effet que le CPH est «une chance» pour la Creuse. Bernard Andrieu, référent intégration globale à la DDCSPP (Direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations), a pour mission d’animer ses équipes pour l’intégration de ces réfugiés. «Nous nous appuyons sur les élus des communes, et sur un réseau associatif, sans oublier les acteurs publics tels que l’OFII, la Mission locale, Pôle emploi, et des acteurs de la formation tels que le lycée agricole d’Ahun».
Seuls les réfugiés dirigés par l’OFII peuvent intégrer les CPH, ils jouent le rôle de «filtre» en quelque sorte. Ils signent avec les réfugiés un contrat d’intégration républicaine (CIR) qui garantit un accès à la langue française et un accès à la compréhension du système français dans son ensemble.
En Creuse, la gestion du CPH est confiée au Comité d’accueil Creusois et son pôle migrant, qui garantit un dispositif d’accueil adéquat aux besoins spécifiques de cette population. La première «difficulté» d’intégration est l’absence de maîtrise de la langue française, ce qui rend toutes les démarches difficiles, que ce soit pour l’accès aux soins, au logement, à l’emploi ou pour toute démarche administrative. Deux personnes y travaillent, un second travailleur social est en cours de recrutement.
Le premier pas d’accompagnement en CPH se fait donc sous forme de cours de FLE (français langue étrangère). «Avant, la prise en charge était de 200 heures de français, mais ce n’était pas assez, alors la loi du 10 septembre 2018 a augmenté le nombre à 400 heures, voire 600 heures pour les non-lecteurs», note le directeur adjoint de l’OFII ex Limousin, Yann Delmon-Plantadis..
«L’objectif, une fois le français appris, est l’intégration professionnelle», explique Bernard Andrieu. Certaines entreprises creusoises, qui peinent à recruter, répondent favorablement à l’emploi de réfugiés, comme l’entreprise Chavegrand de Maison-Feyne. Pour Jean-Claude Chavegrand, P-DG de l’entreprise, «ce n’est pas toujours facile d’avoir des gens qui correspondent à nos besoins, mais avec les réfugiés (1), l’intégration est plus facile que pour d’autres personnes. Ils ont la volonté de travailler et de le faire bien, c’est la première qualité qui est demandée».
Farid y travaille depuis quelques mois. Cet Afghan, autrefois interprète dans l’armée, est arrivé en 2016 en France, est assez satisfait de son travail de transporteur au sein de la fromagerie, même s’il souhaiterait pouvoir évoluer. Il attend actuellement que sa famille puisse le rejoindre. Si lui a le permis et peut emmener certains de ses collègues travailler, ce n’est pas le cas de tous les réfugiés...
Et c’est le principal souci de nom-bre d’entre eux, à l’instar de nom-breux autres creusois : la mobilité. Si elle est compensée à Saint-Vaury par une proximité des différents acteurs,  l’absence de moyens de locomotion adéquats pèse sur les jeunes hommes... comme sur tous les jeunes creusois, somme toute...

(1) La fromagerie emploie 130 salariés, dont 10% de réfugiés, soit 12 Afghans.

En chiffres

70 millions de réfugiés dans le monde, dont la moitié d’enfants, et environ 40.000 bénéficiaires de la protection internationale accueillis en France.
40 places sont disponibles au CPH de Saint-Vaury.Il s’agit de 12 places pour les familles et 28 places pour les personnes isolées, en cohabitation par quatre par logement.
24 personnes sont actuellement au CPH de Saint-Vaury : 13 sous protection subsidiaire et 11 réfugiés, dont une famille de 4 personnes.
9 mois : c’est la durée moyenne de présence d’un réfugié dans un CPH, période qui peut être prolongée de quelques mois au besoin.
65%de sorties avec un emploi ou une formation qualifiante en juin 2018. Sur les 20 sorties enregistrés, 15 se sont réalisées en Creuse, dont 8 en FJT, 6 en logements sociaux et 3 en logement ALT à Guéret.

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