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Religions et vivre ensemble

Laïcité

La ville de Sarlat a organisé au Rex mardi soir une rencontre publique sur le thème « Regards sur notre laïcité » en présence de Tareq Oubrou, imam de Bordeaux, Philippe Mousset, évêque de Périgueux-Sarlat et Emmanuel Valency, rabbin de Bordeaux, animée par Jean Luc Aubarbier, historien des religions. L’idée de ce débat public avait été suggérée peu de temps après les événements des 7 et 9 janvier derniers, en conseil municipal par l’élu socialiste Romain Bondonneau qui a regretté par ailleurs dans le débat qu’un philosophe agnostique n’ait pas été convié à cette rencon-tre publique. La présence seule pour parler de laïcité de ces trois hauts représentants des religions monothéistes a semble-t-il été mal perçue par de nombreux Sarladais qui n’ont pas, pour ces raisons, participé à cette rencontre pourtant très instructive.
Il n’y avait d’ailleurs qu’une centaine de personnes dans la grande salle du Rex, ce qui pour une rencontre sur ce thème qui nous concerne tous est quelque peu dommage. Jean-Luc Aubarbier en se  référant fréquemment à  la pensée  du sociologue français François Dubet a interrogé les trois religieux sur « le rôle de la religion dans la cité », « la pertinence de la loi de 1905 aujourd’hui», sur la question de savoir « comment concilier l’approche dogmatique et la liberté de conscience », sur
« l’apostasie, est-il facile de quitter une religion », sur « les dangers du prosélytisme » et sur l’idée « d’enseigner les religions à
l’école ». Pour Tareq Oubrou
« la laïcité est le fruit d’une longue histoire, elle permet de s’exprimer, le citoyen peut être agnostique, croyant, athée... C’est à l’islam de s’adapter à la République laïque, notre religion est née avec l’empire, c’est le système du califat, sortir de la foi c’est sortir du politique, l’apostasie entraîne des conséquences, il n’y a aucun mal à quitter l’islam mais il ne faut pas troubler l’ordre public ». L’Imam de Bordeaux a aussi précisé avec force que « le prosélytisme est antinomique par rapport à l’islam, Daesh veut reproduire l’histoire seul un prophète missionné a le droit de transmettre ».  Il s’en est pris à ceux qui vont faire le djihad « il y a une règle commune à toutes les religions c’est de ne pas tuer. Le Coran dit si l’homme tue, il tue l’humanité et c’est en s’appuyant sur ces textes que les extrémistes musulmans cherchent le martyr, on est dans le degré zéro de l’intelligence, nos textes sont  très denses il faut être outillé intellectuellement pour rentrer dans le corpus du Coran ». « La laïcité » pour Philippe Mousset « est un cadre favorable pour que croyants et non croyants coexistent. Il nous a fallu du temps pour intégrer ce cadre là, on ne subit pas la laïcité on vit avec. On ne peut pas nous réduire aux périodes troubles de notre histoire, l’important s’est d’apprendre à se connaître ». Il a souligné que la Constitution était bien faite et rappelé ce qui était inscrit dans la déclaration des Doits de l’Homme de 1789 : « nul ne doit être inquiété pour ses opinions religieuses, philosophiques pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi ». Comme pour l’Imam ou le Rabbin, l’évêque considère que « le prosélytisme est incompatible avec sa religion ». Ces trois dignitaires sont également favorables à un enseignement des religions à l’école, « ça peut être une piste pour enrayer la violence, l’école c’est l’endroit où doit s’exprimer la différence » a d’ailleurs dit Emmanuel Valency. Le Rabbin de Bordeaux a ajouté : « beaucoup de jeunes sont ancrés dans l’ignorance, l’école est là pour leur ouvrir l’esprit, l’échec scolaire favorise l’intégrisme ». Pour lui « les religions font partie du patrimoine français, ce serait dommageable de les effacer ». Pour l’Imam « il faut que les gamins apprennent la théorie de l’évolution, elle apparaît dans le monde musulman dès le 9e siècle, Allah n’interdit pas le savoir, on apprend ça partout… sauf dans nos banlieues. Le commun des mortels a besoin d’un cadre c’est grâce à la laïcité que nous avons cette liberté d’expression ». Quant à la transmission du judaïsme « il se fait uniquement par la mère » , ce qui a fait dire non sans humour à Tareq Oubrou « qu’en est-il alors pour les mères porteuses ? » . Les religions sont bien obligées de s’adapter à notre époque. Les représentants religieux ont répondu en fin de soirée aux questions du public qui ont essentiellement été adressées à Tareq Oubro.

Riches échanges
Par rapport au communautarisme et à l’image que véhicule l’Islam le propos de Tareq Oubro est sans ambiguïté : « On ne peut pas juger les religions à travers ses fidèles… les Républiques ont aussi produit des périodes sombres, l’Islam est une religion très souple mais certains croyants sont très rigides, la violence est l’échec de la pensée ». Il a abordé également la théologie de l’altérité, la reconnaissance de l’autre dans sa différence, et à la question de la salle sur l’attitude à avoir face à la « critique de vos croyances », il s’est référé la conception scolastique « la foi ne doit pas liquider la raison, les musulmans n’ont fait que réexaminer les textes , mais quand la critique devient insulte, offense, c’est autre chose ». Philippe Mousset préfère affirmer que « la foi et la raison doivent se rencontrer, mais la raison qui s’enferme peut aussi dériver ». Et les critiques « nous n’avons aucun problème avec ça » ajoute Emmanuel Valency.

Et le blasphème ?
On aurait aimé cependant que ces religieux disent leur sentiment sur la question du blasphème, des caricatures qui ont engendré les événements de janvier dernier, mais cette rencontre publique et ces différents regards portés sur la laïcité ont démontré que le « vivre ensemble » était possible, qu’il restait cependant « du chemin à faire » et que la laïcité - valeur  assimilée dans certains pays à de l’anti religieux – « était véritablement le ciment de notre démocratie »

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