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Un militant écologiste poursuivi pour injure envers le préfet

Le militant citoyen et responsable retraité de la FSU Claude Hélion était convoqué hier par le délégué du procureur au tribunal d’instance de Sarlat pour avoir lancé une injure à l’encontre du préfet le 29 novembre dernier au cours d’une tentative de rassemblement pour le climat en dépit de son interdiction.
Injure publique envers un corps constitué, dépositaire de l’autorité ». C’est ce qui valait au militant écologiste Claude Hélion d’être convoqué hier après-midi devant le tribunal d’instance de Sarlat par le délégué du procureur de la République Jean-Marc Calès. Avec derrière lui, un comité de soutien venu en nombre.
Souvenez-vous. Le 29 novembre dernier, un peu partout en France devaient s’organiser des marches pour la défense du climat alors que la COP 21 était réunie à Paris. Seulement voilà, état d’urgence instauré suite aux attentats meurtriers de Paris oblige, ces dernières étaient tout simplement interdites. La veille, à Périgueux, 70 personnes avaient bravé l’interdiction préfectorale de manifester en organisant une chaîne humaine.
En toute logique, le lendemain, le dimanche 29 novembre, le collectif Transitions Périgord avait donc prévu d’organiser lui aussi sa marche verte à Sarlat. Seulement voilà, état d’urgence d’urgence toujours, préfet avait interdit la manifestation et l’avait signifié aux organisateurs. Qu’à cela ne tienne, ces derniers avaient alors décidé de transformer la marche en visite de la ville, de petits groupes de deux ou trois personnes parcourant les rues de la cité.
L’état d’urgence visé
Hélas, tout ne s’est pas passé comme prévu. Car, alors que se déroulait cette visite impromptue, quelques militants arrivés en retard, dont Claude Hélion, sont restés sur la place du XIV juillet pour discuter entre eux. Les gendarmes « plus nombreux que les manifestants », selon un témoin leur ont logiquement intimé l’ordre de se disperser, ce qui n’ pas manqué de provoquer un certain énervement de la part de Claude Hélion qui venait juste d’arriver.
Il a eu des propos peu amènes vis-à-vis du préfet, tout en indiquant, « on n’est pas des terroristes, on est là pacifiquement ». Pour l’intéressé, il s’agissait là de « la colère d’un citoyen ordinaire. Une semaine avant j’avais été confronté à la même situation lors du salon de la mémoire, de la résistance et de la déportation à Périgueux, interdit au dernier moment par le préfet alors que les stands étaient montés ». Sans oublier « ce qui s’est passé avec la perquisition administrative chez le couple de maraîchers bio à Lusignac... Franchement, tout cela n’a rien à voir avec la lutte contre Daesh », peste le militant écologiste et responsable retraité de la FSU.
Deux heures d’interrogatoire
Seulement voilà, les propos malheureux prononcés ce jour-là à l’encontre du préfet ont valu à Claude Hélion une interpellation avant d’être conduit sous bonne escorte à la gendarmerie où il a été interrogé pendant deux heures avec prise de ses empreintes. Agacés, des militants sont venus l’attendre à sa sortie du poste. Les gendarmes ont alors  demandé l’identité d’une quinzaine de personnes et le responsable du collectif organisateur a été lui-même convoqué à la gendarmerie le lendemain matin.
Une cinquantaine de soutiens
Bien évidemment ces événements ont alimenté le débat lors de la projection du film de Naomie Klein « Tout peut changer » au Rex qui avait été programmé en fin d’après-midi le dimanche .
Car après son interrogatoire, Claude Hélion est sorti de la gendarmerie avec une convocation en bonne et due forme devant le tribunal d’instance de Sarlat pour un rappel à la loi au motif d’« injure publique envers un corps constitué, dépositaire de l’autorité », tombant sous le coup de la loi de 1881 réactualisée en 1982.
Convoqué hier après-midi à 14 h 30, Claude Hélion ne s’est pas retrouvé seul au tribunal d’instance car, malgré la pluie et la grêle orageuse qui se sont abattues sur Sarlat, plus de cinquante personnes l’attendaient dans l’entrée pour le saluer et l’accompagner à cette convocation. Des militants, des citoyens  dont certains arboraient des affiches mentionnant la phrase attribuée à Benjamin Franklin « un peuple qui sacrifie un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l’une, ni l’autre et finira par perdre les deux ».
L’affaire transmise au parquet de bergerac
Claude Hélion a donné son point de vue de façon très claire. « Sous prétexte de l’état d’urgence, on criminalise les actions citoyennes, je ne suis pas dupe ce sont des manœuvres de politique politicienne. On en arrive à des dérives ridicules et si j’avais eu en face de moi des gendarmes comme l’a préconisé Manuel Valls,  qui avaient fait preuve de discernement je n’en serai pas là ».  Le militant va même plus loin, car il réclame « un vrai débat politique sur la question de l’état d’urgence et sur la révision de la constitution…on doit tous rentrer en résistance ».
Sa convocation devant le délégué du procureur a tourné court puisque face à ce dernier, Claude Hélion a produit un discours très simple : « je ne veux pas cette procédure de rappel de la loi, je veux être jugé par un magistrat du siège et pouvoir m’exprimer sur cette politisation de l’état d’urgence ». Claude Hélion semble avoir été entendu sur cette demande puisque le délégué du procureur va envoyer sa requête à Frédérique Dubost, le procureur de Bergerac. Charge ensuite à elle de prendre la décision de poursuivre, ou non, l’intéressé. Sachant qu’en cas de poursuites, il risque une amende qui peut aller jusqu’à 12 000 euros.
Cette histoire aura forcément des répercutions dans l’avenir. Et, pas plus tard que demain soir à 20 h 30 à la maison des associations de Périgueux où, à l’invitation de la Ligue des droits de l’homme (LDH), est programmée la réunion constitutive d’un comité de vigilance en Dordogne sur l’état d’urgence.

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