Les Pénitents Blancs renaissent

Rénovation

Après des années de sommeil et quelques mois de travaux, la chapelle des Pénitents Blancs entame une nouvelle vie. Samedi matin pour fêter cette renaissance, beaucoup de Sarladais se sont déplacés.
Ils ont découvert avec plaisir une belle rénovation de la chapelle mais également le travail « collectif » du service du Patrimoine de la ville à travers une exposition « Sarlat se souvient » en place jusqu’au 18 août. D’après les journaux, archives, cartes postales et photographies de l’époque, sont retracés les principaux aspects de la vie quotidienne (marché, boutiques, éducation, agriculture, fêtes, industries…) sur une période allant de 1875 à 1975. Des œuvres d’artistes tels que Maurice Albe, Véronique Filozoff, Alain Carrier ou encore Eric Aupol et Julien Lombardi, deux artistes qui avaient été en résidence à Sarlat complètent cette riche exposition. « Cette rétrospective sur la Cité de la Boétie n’aurait pas été possible », comme l’a souligné Karine Fernandez la directrice du service Patrimoine, « sans la mémoire recueillie il y a 20 ans par la conservatrice du musée, Mireille Bénéjean et sans l’éclairage du groupe mémoire, composé de Sarladais ». L’exposition est ouverte tous les jours de 11 h à 13 h et de 15 h à 19 h. Entrée libre.
Quant aux travaux débutés en septembre, d’un montant total de 320 000 HT, ils ont consisté en une réhabilitation intérieure complète afin de transformer cet ancien lieu de culte en espace culturel à l’acoustique remarquable (des concerts de musique classique fin des années 80 avaient  déjà été donnés). Un accès pour les personnes à mobilité réduite, un espace avec des sanitaires, une loge, un accueil, un doublage des murs, permettant d’exposer des œuvres, ont été créés. « La DRAC nous a accompagnés à hauteur de 15 000 euros » s’est félicité le maire, le conseil départemental représenté par Jean-Fred Droin a mis dans l’opération 27 382 euros.  
Un peu d’histoire
Bâtie entre 1618 et 1626 dans le quartier ouest de Sarlat par l’ordre des Récollets, la chapelle jouxte l’actuelle école Jules Ferry qui n’est autre que l’ancien couvent des Récollets.
Son entrée au décor architectural baroque, donnant sur l’actuelle rue Jean-Jacques Rousseau, représente le seul élément décoratif d’un bâtiment d’une rare sobriété. Sa nef principale de plan rectangulaire (237 m2) est couverte d’une voûte en berceau de châtaignier à 12 mètres de hauteur. Elle est éclairée à l’est par quatre grandes baies en plein cintre et s’ouvre à l’ouest sur un bas-côté partiel de plan rectangulaire. Les Récollets quittent Sarlat après la Révolution et la chapelle est rachetée par les Pénitents Blancs qui y aménagent une tribune. Elle est désaffectée en 1920, inscrite à l’inventaire
supplémentaire des monuments historiques en 1937, puis classée en 1944. Après diverses utilisations et des restaurations menées entre 1951 et 1962 (charpente, couverture et voûte en châtaignier refaite), la chapelle est prêtée en 1972 par la municipalité à l’association des Amis de Sarlat pour la création d’un musée. A partir des années 2000, la restauration du portail a été effectuée. Enfin, en 2013, des travaux de préservation ont été entrepris sur la toiture et les ouvertures.
Un nouveau lieu culturel
Du jeudi 22 au dimanche 25 août, la ville de Sarlat organise un festival de musique classique. Nicolas Stavy, pianiste de renommée internationale en assure la direction artistique.Grâce à son expérience et sa connaissance du monde de la musique classique, il va offrir au plus grand nombre une programmation et des interprètes de premier plan. Le mélange des arts sera la signature de cet événement. Il s’illustrera à l’occasion de la soirée d’ouverture avec la présence d’Eric-Emmanuel Schmitt.
On pourra également venir à la rencontre de Ludmila Berlinskaïa, pianiste émérite de Russie, Lydia Shelley, violoncelliste, qui joue sur les scènes du monde entier ou encore Jean-Marc Luisada, l’un des plus grands interprètes de Frédéric Chopin dans le monde.
Réservations des places, centre culturel. Des « Musicales » mais également des expositions puisque du samedi 31 août au dimanche
29 septembre, Guy Lenoir, passionné d’art africain présentera au public sa collection personnelle, offrant un regard neuf et curieux sur ce continent et sa culture. A l’occasion de cette exposition, intitulée « Afrique, voyage dans l’art contemporain », il nous fera partager ses souvenirs au travers de nombreux objets et œuvres d’art traditionnels acquis sur les marchés d’Afrique et d’Europe mais aussi de cartes, livres, photos, musiques d’ambiance
ou ethniques, films et vidéos scientifiques ou de fictions. Ensuite du samedi 12 octobre au lundi 18 novembre, une exposition/restitution clôturera la résidence de l’art de Simon Nicaise.
P. Pautiers

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