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Tant de souvenirs des couturières de Vet Sout

A l’heure où le Pays Sostranien se préoccupe toujours de l’avenir de l’usine métallurgique, le passé de l’industrie textile s’invite à l’occasion d’une résidence d’artistes pour une création théâtrale «Les Petites Mains» en octobre 2015.

L’usine textile Vet  Sout Mr de Fursac a été créée au milieu des années 70 par Bertrand Laufer avec le concours de M. Jouannet, tailleur de métier.
L’activité fut d’abord située dans un petit local route de Paris, puis dans un second à Fursac, atelier spécialisé dans la fabrication des gilets pour les costumes, les fameux «petits gilets».

Le local route de Paris devient trop petit, la confection des pantalons s’installe au Cheix où est installée aujourd’hui la pépinière d’entreprise, l’actuelle Pep’s 23, avant que ne soit construite «la grande usine» zone Mermoz. La griffe Monsieur de Fursac acquiert une renommée nationale, l’entreprise se développe rapidement, et aux riches heures de l’industrie textile, les trois unités, Fursac, le Cheix et Mermoz emploient jusqu’à 400 salariés.  

Lorqu’Edmond Cohen rachète la marque en 1990, il fait des choix de production - délocalisation de la fabrication en Pologne notamment - qui vont entraîner la fermeture de l’usine (320 licenciements) début 1992. Le bâtiment abrite aujourd’hui un dépôt où travaille une dizaine de personnes.
Cette histoire ouvrière essentiellement féminine a marqué toute une génération et pour beaucoup elle demeure une blessure dont la cicatrice a dû mal à se refermer. La démarche engagée par les deux artistes du Théâtre Aloual - Ensemble Persona vient-elle rouvrir la paie ou au contraire passer du baume dessus ?

Sans nul doute, c’est du baume au cœur que Nelly Amar et Thierry Morel viennent passer sur cette histoire douloureuse. En allant d’abord à la rencontre des anciennes, celles qui ont partagé près de 30 ans de leur vie professionnelle, derrière les machines qui ronflaient dans l’usine, grillant une cigarette à la sortie de la journée, papotant entre deux coutures. Leur demander de se raconter, c’est déjà une belle reconnaissance, c’est refuser l’oubli, c’est rappeler la part qu’elles ont données à l’économie locale et à la réussite de leur entreprise. La griffe M. de Fursac est toujours là pour le rappeler. Beaucoup on bien voulu ouvrir la porte de leur maison et celle de la mémoire par la même occasion. Sortir les photos, inviter des collègues. Ce fut le cas chez Jeanine Bouroux, appartement des Fushias, au Puycharraud. Elle a travaillé 20 ans à l’usine, et sa collègue Joelle Tabiteau, qui a fait le déplacement, quelques années aussi. Assez pour échanger.

Mais la démarche de Nelly et de Thierry ne s’arrête pas là. Certes la qualité de l’écoute est une première marche, mais elle ne serait rien sans la collecte. Afin d’être au plus près de la vérité, aux prises de notes, ils ont ajouté l’enregistrement, la parole, un regard, une histoire qui se raconte en évitant que le cinéaste ou le reporter ne prennent trop de place. On devine que ces enregistrements bruts de décoffrage seront travaillés, sélectionnés, montés pour ne jamais trahir le fil de la mémoire et de son esprit.

Car la collecte n’a d’intérêt que si elle témoigne. C’est le troisième volet de cette résidence d’artiste qui a débuté voilà un an à la MJC : ces rencontres amendées des recherches aux archives départementales ou au près de l’Institut d’Histoire sociale de la CGT à Limoges donneront lieu à deux restitutions : la première au printemps, un showroom au CCYF et la seconde, à l’automne, une création théâtrale.

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