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" On nous a volé notre carrière "

AG de l'association de soutien aux ex-GM&S

Dominique, 54 ans, fait partie de ceux qui ont été licenciés de l’usine de sous-traitance automobile GM&S à La Souterraine quand cette dernière a été rachetée par le groupe GMD pour devenir LS Industrie. Présent à l’assemblée générale organisée par les représentants du personnel avant les fêtes, on lit le dépit et l’incompréhension sur son visage.
« C’est la continuité de tout ce qu’ils nous ont fait subir depuis un an, c’est impressionnant vu de dedans », soupire Dominique. Il dénonce le manque de suivi de ceux qui cherchent du travail, certains sont convoqués à des ateliers, d’autres n’ont encore reçu aucun appel, et quand il fait des démarches, « on me dit qu’à 54 ans, je suis trop vieux pour chercher du travail... Mais on porte une étiquette sur nous, on est les GM&S, ils ne le disent pas en face mais c’est ça. On nous a volé notre vie, notre carrière », déplore l’ancien salarié.
Dans la salle, même constat pour beaucoup des anciens salariés, beaucoup sont toujours sans nouvelles. Exceptionnelles, les mesures ? Oui, peut-être, mais alors exceptionnelles dans leur manque de coordination, exceptionnelles « dans le mauvais sens », dans l’absence de réponses claires...
« Il y a un vrai problème de communication, quand on envoie une question par mail à un conseiller Pôle Emploi, la boîte est pleine, la personne est en vacances, c’est un peu malvenu », raconte l’un de ceux qui pointent désormais au chômage. « La cellule de suivi est-elle en capacité de réellement nous suivre ? », s’interroge-t-on.
Les représentants du personnel ont rencontré le député Jean-Baptiste Moreau lundi dernier, «lui aussi a constaté des problématiques dans le suivi des dossiers, surtout pour les licenciés, annonce Vincent Labrousse, délégué CGT. Il nous a dit qu’un délégué interministériel viendra en janvier remettre de l’ordre dans tout ça...». Dans la salle, personne n’y croit vraiment.
Suite à la réunion du 8 décembre, il y a pourtant quelques débuts de réponse. En ce qui concerne la formation, d’abord, visiblement, les frais d’inscriptions aux concours devraient être pris en charge par la Maison de l’emploi et de la formation, mais les modalités de mises en œuvres restent floues.
Le problème de la portabilité de la mutuelle est de nouveau souligné, ceux qui obtiennent un contrat de plus d’un mois pourront-ils la conserver ? Et l’allocation temporaire dégressive, qui compense à hauteur de 300 € maximum la perte de revenu, ne pourrait-elle pas être conservée au-delà du premier contrat ? Vincent Labrousse attend des nouvelles du député, qui devait avoir des réponses cette semaine, avant d’envoyer une let-tre à Bruno Le Maire pour lui dire «qu’on va être contraints d’expliquer qu’il valait mieux ne pas retrouver de travail car cela va nous faire perdre de l’argent».
Le combat n’est pas fini, les représentants du personnel viennent de terminer avec leur avocat l’écriture du mémoire pour contester le PSE, ça sera un levier important pour les démarches prudhommales», et pour déterminer les licenciements abusifs. Notamment ceux des neuf salariés protégés, licenciés « après que Martineau ait mangé avec le préfet et le directeur de la Direccte, on n’en conclut rien, mais on se pose des questions ».
L’audience au tribunal administratif de Limoges se tiendra le jeudi 11 janvier à 9h, « il faudra être le plus nombreux possible pour montrer notre détermination ». D’ici là, l’association de soutien tiendra un stand sur le marché de Noël de La Souterraine demain samedi avec un petit diaporama sur la lutte menée depuis un an. L’assemblée générale de l’association se tiendra le 26 janvier.
Un car sera également affrété le week-end du 10 février pour se rendre à un festival de cinéma à Saint-Denis, où sera projeté le film de Lech Kowalski. Une mise en scène du débat qui n’a pu avoir lieu avoir les différents acteurs sera donnée, « pour démontrer qu’ils veulent nous éjecter depuis longtemps, et dénoncer la responsabilité des donneurs d’ordre sur notre territoire ».

 

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