Le livre ancien dans les mains d'un artiste

Restauration

La reliure de livre, ce n’est pas de la restauration, c’est une des parties du travail de l’artisan d’art restaurateur de li-vres anciens. Cette précision est importante pour Julien Jacques, titulaire d’une licence d'Histoire de l'art et d'une maîtrise en Archéologie. Car la reliure est un geste professionnel qui n’intègre pas cependant la complexité de la restauration depuis les premiers ouvrages du Moyen Âge aux bandes dessinées des années 50 à 70. Sans doute en raison de sa formation d’historien, mais aussi d’une passion pour le livre ancien, « les vieux bouquins du grand-père… des ouvrages remarquables dans les bibliothèques » l’ont décidé à choisir cette activité.
Pour se former, Julien décide de suivre un enseignement professionnel discontinu sur quatre ans tout d'abord avec Brigitte Ruelle puis Olivier Maupin aux Ateliers d'Arts Appliqués du Vésinet, une référence. Ici, il apprend les bases, la reliure, reste un détail, la restauration, un monde. La rencontre avec le professeur Olivier Maupin le réconcilie avec sa formation originelle d’archéologue : «C’est l’approche archéologique du livre ancien, notre travail doit s’effacer devant celui de nos aïeux. Certains relieurs s’improvisent restaurateurs sans connaître l’histoire unique de l’ouvrage et prennent certaines libertés pour réparer des ouvrages anciens. Or, il faut reconstituer et restaurer la structure du livre en respectant les techniques d'origines, différentes selon les époques… »
Le voilà qui effleure un feuillet de parchemin, parle de coutures, de motifs de chevron, de la tranche, du fil… Pendant quatre ans, Julien partage son temps entre les cours théoriques (un à deux par mois), les chantiers de fouilles archéologiques et la restauration de livres anciens dans son appartement bordelais. Il sort diplômé de la formation du Vésinet et du Centre de formation du Patrimoine écrit de Tours en tant que restaurateur de livres et papiers anciens. Il s’équipe peu à peu du minimum de matériel. À Bordeaux, il travaille pour une clientèle de collectionneurs, tous passionnés. Avec la réforme concernant les fouilles archéologiques préventives, l’ouverture à la concurrence, il décroche alors des contrats réguliers de fouilles et alterne ainsi son activité de restauration avec celle d'archéologue de terrain, jusqu’à son installation ici à La Souterraine.
Pourquoi La Souterraine ?
Il connaît bien la Cité de l’Ouest Creuse où exerçait son beau-père, Bernard Guillot, photographe. Lui et sa compagne Elodie ont racheté la maison et le magasin situés rue Hyacinthe-Montaudon. C’est une opportunité qui s'est présentée au bon moment ; après avoir travaillé dans le Sud-Ouest, le Limousin était une terre à conquérir. L’emplacement du pas de porte, en plein cœur de ville, est idéal ; l’espace de travail plus grand que son ancien atelier bordelais… Il s’installe ici courant 2016 et reprend officiellement son activité de restaurateur de livres anciens début 2018 après plusieurs chantiers archéologiques.
L'agencement de son atelier raconte sa passion, celle du bel objet, de l’outil d’hier indémodable, inaltérable. Son savoir-faire respecte les principes déontologiques édictés dans le cahier des charges de la Bibliothèque Nationale de France et de la Direction des archives : intégrité de l’objet, compatibilité des matériaux, stabilité chimique, réversibilité, esthétisme et lisibilité de la restauration.
Attentif aux désirs de ses clients, Julien Jacques restaure les cuirs, parchemins, papiers, cartons, percalines, toile… et reconstitue tout type de corps d’ouvrage selon les règles de l'art et en concordance avec le cahier des charges de la profession. Passent entre ses mains des livres datant du XVe au milieu du XXe siècle : reliures anciennes en cuir et en parchemin, livres brochés, reliures romantiques, cartonnages d'éditeur, bandes dessinées, livres pour enfants... ainsi que les estampes.
Contact : sur RDV à l'atelier situé 25, rue Hyacinthe Montaudon
La Souterraine  06 09 26 07 35

Prime Hype DF 2016 EP