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Des histoires d’engagements

Mémoire

A Tarnac en Haute-Corrèze, lundi en fin de journée s’est déroulée l’inauguration officielle de la médiathèque Armand-Gatti. L’occasion de rappeler en mots et en musique le parcours exceptionnel de cet homme d’arts et d’engagements attaché à ce haut-lieu de Résistance.

Le nom d’Armand Gatti est désormais scellé à la médiathèque de Tarnac. Une commune de Haute-Corrèze  qu’il a rejoint  en 1943 pour s’engager dans les rangs de la Résistance face au Nazisme. La «Parole Errante»  d’Armand Gatti a trouvé un lieu idoine pour se propager : une maison en  pierre située au cœur du bourg de Tarnac qui a abrité pendant de nombreuses années La Poste.
Le fil rouge de la résistance
Le jeune résistant caché dans la forêt de la Berbeyrolle implantée sur la commune de Tarnac ne pouvait pas avoir meilleur endroit pour faire à   nouveau  corps  et âme avec son temps. «Donner le nom d’Armand Gatti à cette médiathèque a été une évidence tant Tarnac et Armand Gatti sont liés. Armand Gatti est un immense créateur : poète, dramaturge, cinéaste. Mais il y  a aussi le lien indissociable entre lui et  Tarnac.  Il a pris le  maquis, en 1943, avec trois autres jeunes hommes dans le trou de la Forêt de la Berbeyrolle.  Il a considéré ce moment, celui du Maquis et de la Résistance, comme une deuxième naissance, une des sources de son œuvre. Il n’a d’ailleurs jamais cessé de s’y rendre» soulignait Marie-Rose Bourneil, le maire de Tarnac.
Le trou  de la Berbeyrolle résonne ici sur le plateau de Millevaches  avec deux autres noms illustres : ceux du Colonel Georges Guingouin,  Compagnon de la Libération et celui  du peintre haut-viennois Paul Rebeyrolle. Le peintre lui rendra hommage avec l’œuvre magistrale «Le Cyclope – Hommage à Georges Guingouin» que l’on peut voir au musée Rebeyrolle d’Eymoutiers.
En 2006, Armand Gatti signera un de ses plus beaux textes  : «Les Cinq noms de Résistance de Georges Guingouin».
«C’est formidable de voir qu’après sa montée au maquis en 1943 dans les réseaux des Brigades internationales, les liens qu’il a tissés année  après année, ont fait que cette question de la Résistance est toujours visible dans le paysage de la Corrèze. Cela se matérialise par cette médiathèque» se réjouissait Stéphane Gatti, son fils.
Dans le droit fil de cette histoire en écho, l’ancienne boulangerie de Tarnac qui avait accueilli le jeune résistant Gatti est aujourd’hui le lieu de  réception des migrants...
En 1996, Armand Gatti et Jean Plazanet, alors maire de Tarnac, évoqueront ensemble l’installation d’une  plaque dans le trou qui servit d’abri aux maquisards  de la Berbeyrolle. Après de nombreuses années de démarches, en mars dernier la   municipalité de Tarnac a pu se rendre acquéreur d’un hectare de terrain nécessaire pour protéger et valoriser ce lieu de mémoire.
«Ce sera un lieu de mémoire vivante» a insisté l’élue.
La médiathèque, qui abrite aussi un Tiers lieu, a reçu en don un riche  fonds de dotation de la part de  Jean-Jacques Hocquart au nom de «La Parole Errante». Il rassemble des documents de et  sur Armand Gatti : «La mise en place du centre de ressources sur l’œuvre d’Armand Gatti, intégré au Tiers lieu, va en effet permettre de mettre à disposition de nombreux documents audiovisuels : théâtre, cinéma, lectures, interventions, qui  permettront aux visiteurs de mieux connaître Armand Gatti et son œuvre» projetait Marie-Rose Bourneil.
Lundi, l’inauguration a débuté par la lecture de Poème à Min par Olivier Orus, un texte d’Armand Gatti en hommage à sa femme. Cette lecture a été suivie par un concert donné par Tony Hymas (claviers) et Catherine Delaunay (clarinette) avec des compositions «Pour Don Qui ?» autres œuvres de Tony Hymas.
Dans le cadre du Festival Kind of Belou de Treignac, ce musicien anglais bien connu des Corréziens amateurs de jazz  avait enregistré en 2014 à la maison Nato l’album «Chroniques de la Résistance» inspiré de textes et chansons d’écrivains dont ceux d’Armand Gatti.  
Grâce  à la volonté tenace des élus de la commune dont le Premier adjoint Pierre Marsaleix, le soutien de la Communauté de communes Vézère Monédières Millesources, du Département de la Corrèze, de la Région, de l’Etat et de l’Union Européenne,  cette médiathèque d’un coût global de 429.628e HT  a pu voir le jour.
Philippe Jenty Président de la com’com rappelait qu’à l’origine,  un appel à projet de la Région  sur les usages du numérique avait été retenu pour Tarnac. Ouverte au mois d’avril, la médiathèque compte déjà  120 adhérents.

Serge Hulpusch