Fil info
11:02 hélas ne pourra pas lui rendre hommage

Les portes de la Dordogne

Elections départementales

Le futur canton de Terrasson-Lavilledieu s’étend de Terrasson à Veyrignac, ce qui lui fait longer deux départements, la Corrèze et le Lot. Il est encadré par deux autoroutes, l’A 89 et l’A 20, qui profitent surtout aux communes du nord de la circonscription, Terrasson et Condat-sur-Vézère. La logique comptable qui a voulu que les cantons comprennent au moins 15 000 habitants a obligé à des contorsions dans le redécoupage sur un département aussi étendu que la Dordogne. Le nouveau canton de Terrasson-Lavilledieu est un exemple des incongruités qu’elle a engendrées.
Ce canton s’étend de Terrasson à Veyrignac, et les habitants de cette petite commune, située au sud de Carlux, devront faire près de
50 km (temps estimé sans circulation par un site faisant référence à près d’une heure : 58 minutes exactement) pour se rendre dans ce qu’on appelle le « bureau centralisateur » (auparavant chef-lieu), qui sera Terrasson. Avant, ils avaient ce service à Carlux, à une dizaine de kilomètres. La « simplification » tant vantée par les gouvernements successifs n’est pas flagrante pour les citoyens...
Entre petites exploitations agricoles et activités saisonnières au sud, et bassin industriel du terrassonnais au nord, les problématiques de l’emploi pourraient sembler différentes, mais la précarité et la pauvreté s’y développent autant. Car les entreprises de Terrasson dégraissent ou ont recours au chômage partiel, quand elles ne « bloquent » pas à la moindre demande d’augmentation de salaire pour faire face à celle du coût de la vie lors des négociations annuelles obligatoires, comme aux Papeteries en ce début mars. On compte un peu moins de 500 entreprises artisanales sur ce nouveau canton, et environ 550 exploitations agricoles. La commune de Saint-Geniès qui compte un peu moins de
1 000 habitants en regroupe 50, presqu’autant que Terrasson et ses plus de  6 000 habitants. Mais beaucoup d’agriculteurs sont obligés de compenser les trop justes revenus de leur exploitation par une diversification de leurs activités, en particulier en direction des touristes qui sont 1,5 million à se rendre à Sarlat chaque année. Capter ce flux en proposant des gîtes ou produits à la ferme est une façon de pouvoir vivre sur le territoire. Les cantons de Terrasson et Salignac-Eyvigues avaient élus des conseillers généraux de gauche, Serge Eymard (Ps) pour le premier et Michel Lajugie (alors en alliance entre Ps et Pcf) à Salignac-Eyvigues. Celui de Carlux était représenté par André Allard (Ump). Serge Eymard a choisi d’être le remplaçant de Michel Lajugie qui a reçu l’investiture Ps avec Régine Anglard dont la suppléante est Huguette Villard. Marie-Laure Ferber et Frédéric Gauthier porteront les couleurs de l’Union des démocrates de droite (l’Udd, qui regroupe les différentes sensibilités de la droite à l’assemblée départementale), avec comme remplaçants   Sylvie Rochette et Fabien Jaubert. Le Fn est aussi dans la course avec Patricia Larnaudie, Roland Puccioni, Claudine Soudant-Albert et Bernard Codron.
Face à tous ces candidats, le Front-de-Gauche (Fdg) et Europe-écologie Les Verts (Eelv) ont décidé de présenter une candidature commune, représentée par Francis Valade (Pcf) et Martine Subil (Eelv), suppléés par Guy Bretout (Pcf) et Christime Eymet (Fdg). Plusieurs paramètres ont présidé à cette union. Eelv s’est nettement démarqué de la politique gouvernementale, « et une partie des Verts veut se rapprocher de l’opposition de gauche » indique Francis Valade. Autre raison, le redécoupage des cantons et la volonté de présenter des personnes issues des deux bouts du territoire. Mais ce qui a prédominé, c’est que l’opportunité de faire une liste de rassemblement était là, et que les sections locales de ces partis ont souhaité la mettre en oeuvre. Dans ce canton où les électeurs ne s’y reconnaissent plus, les candidats Fdg-Eelv craignent surtout que l’abstention soit massive.  Avec 19 475 habitants, c’est le plus peuplé des 25 cantons du département. Les candidats de cette « opposition de gauche » ont décidé de se lancer dans cette bataille électorale pour y porter une autre conception de la politique, un au-tre projet « que celui d’un capitalisme de plus en plus destructeur pour les hommes et la planète ». Leur programme tient en trois thèmes : l’inutilité de l’austérité qui enfonce le pays dans la crise et ne résout aucun problème, la démocratie de proximité « gravement menacée par les réformes territoriales successives et à venir », et la solidarité et la coopération plutôt que la  compétitivité et la concurrence entre les territoires.

Un climat morose
Les candidats de « l’opposition de gauche » sont au contact des réalités, et l’impact des politiques publiques sur le quotidien de la population, ils le constatent chaque jour. Sur le bassin industriel du Terrassonnais, les incertitudes et inquiétudes sont nombreuses. Des menaces de grève pesaient à nouveau hier sur les papeteries de Condat, suite aux négociations annuelles obligatoires. La stratégie de la Socat, l’entreprise dirigée par le maire (Ump) de Terrasson Pierre Delmon, a de quoi inquiéter puisqu’il impose du chômage partiel sur le site périgourdin, et achète en Espagne une entreprise fabriquant les mêmes produits. Enfin, le terrain pour accueillir les Fermiers du Périgord est fin prêt, mais la question de la date de leur déménagement est toujours en suspens. Pourtant, toutes ces entreprises ont bénéficié de fonds publics, et les candidats de la « vraie gauche » souhaiteraient un réel contrôle et suivi de l’attribution de ces fonds.

Les 28 communes du canton
Archignac, Borrèze, Calviac-en-Périgord, Carlux, Carsac-Aillac, La Cassagne, Cazoulès, Chavagnac, Coly, Condat-sur-Vézère, La Dornac, La Feuillade, Grèzes, Jayac, Nadaillac, Orliaguet, Paulin, Pazayac, Peyrillac-et-Millac, Prats-de-Carlux, Saint-Crépin-et-Carlucet, Saint-Geniès, Saint-Julien-de-Lampon, Sainte-Mondane, Salignac-Eyvigues, Simeyrols, Terrasson-Lavilledieu, Veyrignac.

Nike Zoom Flight Bonafide