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Le forcené, ancien militaire, voulait se «faire» suicider par la police !

Fait divers

On en sait un peu plus sur les motivations de l’individu de 48 ans, enfermé dans le sas du commissariat de Tulle dans la nuit de mercredi. Cet ancien légionnaire qui a mis la ville-préfecture de la Corrèze sans dessus-dessous avait élaboré  tout un scénario et un attirail  dans l’objectif de se faire tuer par la police... Le phénomène nous viendrait des Etats-Unis. Il porte le nom de «suicide by cop» comme l’a expliqué hier après-midi dans la langue de Shakespeare, Agnès Auboin procureur de la République  au TGI de Tulle.
En France, ce phénomène est qualifié de «suicide assisté par police interposée». Il a été  conceptualisé au début des années 1980 par Karl Harris. Ce médecin, ancien officier de police, avait constaté que des personnes suicidaires cherchaient à mourir par l’entremise d’un tiers, en l’occurrence des policiers. Celui qui menaçait de se «faire sauter» à l’intérieur du commissariat voulait en fait qu’on le tue. Les policiers du RAID n’auront pas exhaussé ses voeux en le blessant légèrement, seulement, d’une balle au niveau d’une jambe alors qu’il sortait du bâtiment par l’arrière. Le procureur a également confirmé  que la ceinture d’explosifs et l’arme de poing en possession de notre individu au moment des faits, étaient bel et bien factices. Chez lui à Tulle dans la nuit, il avait fabriqué son petit arsenal de bric et de broc avec assez de savoir-faire de la part de cet ancien légionnaire pour que l’on croit que c’était du vrai matériel. Quand il avait exhibé la ceinture puis l’arme devant les policiers lors de sa venue vers 4h du matin, ces derniers n’ont pas pu constater la différence.

Nature factice

Jérémie Bosse Platière, Directeur adjoint du Service Régional de Police Judiciaire de Limoges a précisé que l’arme de poing ressemblait à une arme «en dotation courante dans les services de police un pistolet mitrailleur Beretta L12, une arme classique». La nature factice des armes a entraîné une évolution dans la qualification pénale passant de tentative d’assassinat à «violences volontaires» aggravées par trois circonstances : la qualité des victimes, fonctionnaires de police dépositaires de l’autorité de l’Etat, le lieu (le commissariat) et la menace d’usage d’armes. Car dans le feu de l’action, «il était difficile de savoir qu’elles étaient fausses» constate le procureur. Ce délit en correctionnel est passible d’une peine de dix ans de prison.
La garde à vue du suspect a été prolongée jusqu’à ce matin 8h30, soit 48 heures au total. Il devrait être déféré et placé sous écrou, voire interné vu son état psychologique. L’individu a expliqué aux enquêteurs que toute son action avait pour seul objectif de se faire tuer, se suicider. Il semble ne pas avoir conscience des conséquences de ses actes, évoquant seulement sa volonté de mourir. Les raisons de son geste sont d’ordre conjugal, sa compagne lui ayant annoncé une rupture. L’individu pour l’heure n’aurait pas d’antécédents psychiatriques, a tenu à préciser le procureur. Le seul regret qui le taraude est de ne pas avoir été tué, «by cop».

Serge Hulpusch

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