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La nouvelle mairie du Trech inaugurée en grande pompe

Commune libre

Samedi, la famille des Escunlous était réunie aux Portes Chanac pour l’inauguration de la nouvelle et historique Mairie du Trech de la commune libre éponyme ! François Hollande était de la fête, marquée par le vernissage de l’exposition de Jean Viacroze et Léa Carrat. L’année 2018 ne sera pas une année blanche pour la bande de joyeux lurons qui font vivre depuis des décennies la belle devise «Boire, aimer, dormir» !
La cour intérieure de la Mairie du Trech était trop petite samedi matin pour accueillir les Escunlous  revêtus de leur cape verte et rouge, chapeautés d’un béret basque et les dizaines de Tullistes, de personnalités, venus participer à une inauguration placée sous la présidence de François Hollande.

L’art de bien vivre et rire des Escunlous

Jacques Marthon, le nouveau Maire de la commune libre du Trech qui succède à Bernard Pérégnaud, s’est adonné au sport préféré des Escunlous, l’humour corrosif et bienveillant : «Bienvenue dans le Trech et bienvenue en territoire inconnu. Je dis inconnu parce que ici personne ne sait ce qui va se passer. Nous sommes capables de tout. ça veut dire aussi que nous sommes capables de rien ! Nous ne sommes pas non plus en terre inconnue avec des peuplades que l’on voit à la télévision : des Pintupi d’Australie, ni des Jarawa d’Inde, ni des Carabayo de Colombie, pas plus que des Navaros coupeurs de tête. Ce n’est pas les Navaros les coupeurs de  tête, ce sont les Jivaros. Les Navaros, j’avais invité le député, c’est pas des coupeurs de tête mais quand même faut se méfier»...
Le ton était donné, railleur, grinçant juste ce qu’il faut pour des Escunlous retrouvant leur âme «d’étudiant redoublant. Chez nous c’est une obligation de redoubler d’humour, d’attention vis-à-vis de tout le monde» ajoutait leur Maire.
Sous le coup de l’émotion sûrement, Jacques Marthon  a fait un lapsus typiquement tréchois : la phrase «les jeunes nous incitent» s’est transformée en «les jeunes nous excitent»... Ambiance ! Bref, le moment idoine pour annoncer des surprises le jour du 1er avril 2018 et le retour du cabaret du Trech en 2019. «On aura une année de plus pour réfléchir et alors là aucune pitié» prévenait-il à l’adresse d’un François Hollande tout sourire.
Les gnorles qui font de Brive la Gaillarde et de Tulle la Paillarde ne sont pas mortes et enterrées !
Il était possible de découvrir dans une salle, objets, photos, articles, fascicules etc. retraçant la vie du quartier, ses fêtes et des éditions mémorables du cabaret. Le slip de Tarzan, la robe de Blanche Neige, le Totem de François Hollande, un don de Marcel Pagnol, «le chapeau de ma mère et le magloire de mon père» s’amusait le Maire de ces petits vestiges d’une histoire qui a traversé et porté des générations de Tullistes.
François Hollande a évoqué ses souvenirs du cabaret qui ne l’a jamais épargné : «J’ai le souvenir de moqueries qui était souvent fréquentes quand j’étais maire, qui ont redoublé quand j’étais président du Conseil général et qui ont atteint un point paroxystique quand j’étais président. J’ai même eu ma représentation en totem. On dit  en la promenant, la pluie peut venir...  Dans cette ville, il est important que le rire ait sa place. J’aime beaucoup le rire moqueur quand il n’est jamais vulgaire. Avoir la dérision du cabaret du Trech, c’est accéder à la notoriété».
Avec l’humour qu’on lui connaît, il a expliqué que cette culture tréchoise l’avait forgé : «Comment vous faites pour résister aussi bien aux coups, aux attaques, aux critiques? Je dis : j’ai passé vingt ans au cabaret du Trech, j’ai maintenant une résistance à toute épreuve. Merci le cabaret du Trech !».
Jean Viacroze, 104 ans cette année,  n’a pas pu assister à la cérémonie et au vernissage de l’exposition qu’il partage avec la jeune Léa Carrat, à cause d’une mauvaise chute à son domicile.
Toutes les pensées étaient tournées vers le survivant du 9 juin 1944, rescapé du  camp  de la mort de Dachau. Tout au long de sa vie, il a trouvé et trouve encore dans la peinture une forme d’apaisement. En 1949, Jean Viacroze est  de la création de l’Amicale des peintres tullistes. Il a exposé ses tableaux à Tulle une trentaine de fois et à la galerie du Trech en 1990.  «Il fallait marquer cet événement en lançant la nouvelle saison artistique de manière inédite, peu commune» a expliqué l’Escunlous Jean-Pierre Corrèze. Comme il l’a toujours fait, Jean Viacroze «artiste au grand cœur» selon la belle expression de Guy Valéry, a offert quatre de ses tableaux exposés à François Hollande, au préfet de la Corrèze, au maire de Tulle et à l’association Les Restos du Cœur.
Chapeau bas l’artiste.

Serge Hulpusch