L'âne Grelot fait tinter la nature en ville

Environnement

L’équipe des espaces verts de la ville compte depuis quelques semaines un nouveau collègue. Agé de deux ans, l’âne Grelot paisse paisiblement dans le parc du centre de loisirs du Chambon. Un nouveau venu qui marque une étape dans la gestion différenciée des espaces verts de la ville.
«Réhabiliter la nature a été dès le début un axe du projet de ville de ma mandature» souligne le maire Bernard Combes.
L’apparition de l’âne Grelot et de quatre agnelles, sur les terrains du centre de loisirs du Chambon n’est en rien «un gadget environnemental» selon l’édile mais bien «une étape dans une réflexion plus large et transversale» souligne son adjointe Jeanne Wachtel.
L’adoption de Grelot et de ses compagnes résonne déjà comme une évidence pour la municipalité. Une «tonte naturelle» sans machines et donc  sans carburant marque indéniablement des points dans la lutte contre la pollution. Mieux, l’apparition de ces agents municipaux d’un genre nouveau joue un rôle non négligeable sur la biodiversité du site. «Si on devait faire un inventaire du parc aujourd’hui et un autre dans un an on verrait qu’il y aurait un réinvestissement de la faune et de la flore incomparable» souligne Magalie Mas, chargée de mission environnement et santé pour la ville.
Tranversal, ce projet l’est à plus d’un titre puisque au delà de la «gestion différenciée des espaces verts» c’est aussi tout un volet pédagogique qui est mis en avant. «Depuis plusieurs semaines déjà nous travaillons pour mettre en place des activités autour de l’âne pour les enfants, du soin des animaux, de la tonte des moutons et plus largement en lien avec l’agriculture, l’environnement et l’alimentation. C’est un support pédagogique  exceptionnel» indique la directrice du centre de loisirs, Corinne Goutte.  
Encore en phase d’acclimatation à son nouvel environnement Grelot ne sera pas pourtant livré à lui-même ni aux seuls enfants. Trois agents de la  ville ont été formés pendant deux jours chez l’éleveur à Condat-sur-Ganaveix puis pendant trois autres jours au lycée agricole des Vaseix à Limoges. Un autre cycle de formation est prévu à l’automne.
De nature sociable l’âne normand ne devrait par tarder à étendre ses relations sur le site du Chambon puisque six moutons de Ouessan vont le  rejoindre sur ce site au mois de juillet.  
Bernard Combes a souligné «l’enjeu politique fort» du projet. «Cela s’inscrit dans une démarche environnementale globale dans la lignée du zéro pesticide, de l’extinction des lumières la nuit ou encore de la renaturation de la Corrèze. Nous avons un devoir absolu d’être en avance sur ces  sujets-là» a-t-il fait savoir.
Aussi Bourbacoup ou les Fages sont des sites où la ville envisage  de poursuivre cette expérimentation. «Pour l’instant on se rode ici au Chambon et peut-être que l’année prochaine on se rapprochera un peu plus de l’habitant, mais pas sans concertation» a précisé François Bourdarias.