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11:02 hélas ne pourra pas lui rendre hommage

La convergence des différences !

Social

L’appel à la grève lancé par la CGT, Solidaires, FO, des collectifs de gilets jaunes, soutenu par le PCF, FI, NPA et Génération.s Gaillarde.s  en Corrèze a rassemblé hier plus de 650 personnes à Tulle. Le cortège s’est scindé en deux, gilets jaunes d’un côté, syndicats de l’autre. La mobilisation d’hier suite à l’appel national lancé par la CGT, suivi en Corrèze par d’autres organisations syndicales, partis politiques et divers  collectifs de gilets jaunes a rassemblé plus de 650 personnes.

La convergence des luttes tant espérée n’est pas pour tout de suite !
Un rond-point divergent !
L’unité syndicale, sociale, politique aura duré jusqu’au rond-point  du pont de la Barrière où le cortège s’est finalement scindé en deux parties  distinctes. A droite plus de 150 gilets jaunes, accompagnés d’une poignée de militants syndicaux, ont décidé de poursuivre leur marche jusque  devant l’entrée de la préfecture de la Corrèze. Le gros des troupes, cégétistes en tête, a hésité quelques minutes sur la stratégie à adopter. Suivre les gilets jaunes ou faire comme prévu, rallier la salle de l’Université populaire (ex Marie-Laurent) pour un grand débat public ?
Après diverses tergiversations, Sylvain Roch, le secrétaire départemental de l’UD-CGT de la Corrèze a pris la décision de suivre le programme prévu. Il était aux environs de 15h15 quand les syndicalistes ont pris sur leur gauche le long du quai de Rigny direction salle de l’UP.
Un gilet jaune venu du Lot, du collectif de Gignac ne comprenait pas cette division du mouvement : «On n’était pas au courant de ce débat. On est en grève. On a du temps devant nous. On aurait pu tous aller devant  la préfecture puis ensuite participer au débat». Les gilets jaunes ont donc rejoint la préfecture où une délégation de 5 personnes issues de différents collectifs a été reçue par le préfet de la Corrèze Frédéric Veau. Au pied du  bâtiment,  quelques gilets jaunes d’extrême gauche et d’extrême droite avaient eux convergé dans la lutte au delà des différences...
Les échanges avec le  représentant de l’Etat ont porté essentiellement sur les modalités de manifester, la règle de la déclaration en préfecture au préalable,  le tractage ou l’occupation des ronds-points. Des sujets qui font écho à la manifestation des gilets jaunes de ce week-end à Brive au rond-point de Cana. L’opération de tractage prévue a été avortée dans l’œuf au nom de la sécurité des manifestants et des usagers de la route.
Salle de l’UP, les interventions ont mis en avant la convergence des luttes mais dans la différence des organisations syndicales.
La défense des services publics que ce soit la santé, l’éducation nationale, l’organisation de la lutte dans les entreprises, la grève, la redistribution via les services publics, le dépassement du système capitaliste, etc ont été abordés tour à tour.
«Comment on fait pour s’organiser pour être plus nombreux dans la rue à la prochaine manifestation que ce soient les gilets jaunes, les partis et les syndicats tous ensemble ?» s’interrogeait une militante CGT Energie.
Un cégétiste s’inquiétait de la perspective de la mise en place d’un référendum par Emmanuel Macron, rappelant le sort funeste du référendum de 2005 sur l’Europe  : «Ce n’est pas ça que l’on veut. Les questions, c’est à nous de les écrire».
Avant le début de la manifestation, l’union locale des syndicats CGT de Brive avait lancé un appel au rassemblement au rond-point de la ZAC du Moulin à Malemort pour dire  les revendications en matière de pouvoir d’achat et de lutte contre les inégalités sociales.  La grande interrogation  portait sur la convergence  des lutte entre syndicats et gilets jaunes. Ces derniers ayant également appelé à se rassembler sur ce même rond-point.  «Sur le fond des revendications nous pouvons trouver un accord notamment sur la TVA des produits de première nécessité qui est une bonne idée. Nous, nous sommes pour améliorer le pouvoir d’achat mais par la hausse des salaires pas par la baisse des cotisations sociales. Ce n’est pas  une baisse des impôts que nous réclamons mais un impôt plus juste. Jusqu’à présent les gilets jaunes ont gagné une rustine sur un pneu qui a  éclaté !» estime le secrétaire de l’UL CGT de Brive. «Pour gagner ensemble, il faut bloquer l’économie. Lorsque les patronat ira frapper à la porte de l’Elysée, là on pourra avancer. Mais ce n’est pas en bloquant l’accès des supermarchés qu’on va y parvenir mais bien en bloquant les outils de  production» ajoute Thierry Rousseau. Entre syndicats et gilets jaunes, la mobilisation, elle, n’est pas encore passée à l’orange !

Serge Hulpusch et Mathieu Andreau

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