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Le premier des derniers à jamais

Hommage

Les obsèques de Jean Viacroze, dernier survivant des 149 déportés de Tulle de juin 1944 ont eu lieu samedi à la cathédrale Notre-Dame. Une page de l’histoire de Tulle se tourne avec la disparition d’un homme marqué au fer rouge par la guerre et dont la vie fut exemplaire.
Jour de pluie et de soleil emmêlés. Jour de tristesse pour beaucoup et d’espérance pour certains. Jour de deuil et d’adieu. Jour de marché et jour de
vacances aussi. Samedi matin, les Tullistes et les Corréziens n’étaient pas très nombreux*   pour rendre un ultime hommage à un homme unique, Jean Viacroze, 104 ans, dernier témoin de la tragédie du 9 juin 1944 et incarnation du XXe siècle dans ce qu’il  a eu de pire et de meilleur.
Avant le début de l’office religieux, une quinzaine de personnes avait pris place dans la cathédrale alors qu’à l’extérieur le porche suffisait à contenir ceux et celles venus saluer sa mémoire. Parmi eux, l’ex  président de la République François Hollande, accompagné de Julie Gayet, le député LREM Christophe Jerretie,  le maire de Tulle et de nombreux élus du conseil municipal, des Tullistes, des proches, des représentants d’associations patriotiques, de l’ANACR de Tulle, le président du Comité des Martyrs de Tulle, le préfet de la Corrèze Frédéric Veau, tous ont tenu à lui rendre un dernier hommage.
Le cercueil a été transporté devant l’autel sur un air enlevé  de l’Ave Maria et la chanson  «Nuit et brouillard» interprétée par Jean Ferrat  a précédé le départ de la dépouille vers le cimetière de Naves, où Jean Viacroze repose désormais au côté de son épouse Germaine.
La présidente de l’association des Déportés et victimes de guerre de la Dordogne a ouvert la série  d’hommages avant l’office religieux du Père Zimermann. «Jean était un homme de convictions épris de liberté. Il l’a payé cher dans son corps et son esprit mais il n’a jamais perdu courage» a t-elle dit émue aux larmes.
En effet, Jean Viacroze fut meurtri dans sa chair. Déporté à Dachau dans ses terribles «wagons plombés», il servit de cobaye aux médecins nazis.
«Jean Viacroze était un miraculé, et toute se vie, il s’est comporté comme tel : non pas comme un survivant, mais comme un vivant par miracle. Vivant parce qu’il avait eu de la chance et s’en souvenait à chaque moment.
Faisant de chaque instant une fête de la vie» a rappelé Bernard Combes, maire de Tulle.
L’édile a fait le portrait de pied en cap d’un homme optimiste, élégant, d’un humaniste et d’un artiste peintre qui restera debout jusqu’au terme de sa grande traversée.
François Hollande  a souligné le parcours exceptionnel de Jean Viacroze : «Le dernier survivant de la tragédie du 9 juin, le dernier sans doute des déportés partis, le dernier a avoir connu des épreuves comme celles du XXe siècle. Il était né au début de la première guerre mondiale et il avait vécu les épouvantes de la seconde. Il était le dernier, il en avait conscience. C’est pourquoi, il voulait être le premier à parler, témoigner, à dire ce qu’il s’est
produit pour que rien ne fut comme avant et pour que les vivants puissent avoir de l’espoir». François Hollande a aussi dessiné les traits d’un homme amoureux de la vie, d’un citoyen au service de tous, «d’un homme indépendant et digne».
Le père Zimermann a évoqué des souvenirs personnels à propos de ce «grand personnage» concluant «On n’en a pas encore fini avec lui et c’est  tant mieux». Le devoir de mémoire ne fait que recommencer.

Serge Hulpusch
*Une petite centaine de personnes a assisté à la cérémonie religieuse dont une dizaine de porte- drapeaux. Il n’y avait aucun élu du Conseil départemental de la Corrèze issu de la majorité.

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