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Propos injurieux contre Jean Viacroze : le collectif anti-fasciste veut que l'Etat prenne ses responsabilités

Société

Après la publication de propos haineux sur le site «Démocratie participative», salissant la mémoire de Jean Viacroze, le «Collectif anti-fasciste de Tulle» qui regroupe seize membres, demande une entrevue en urgence avec le Préfet.

On aurait pu croire que la page était tournée. Que 75 ans après l’horreur absolue, certaines idéologies seraient éteintes ou moribondes. Il n’en est rien. Au contraire, la peste brune a de nouveaux foyers et se répand en utilisant Internet. C’est ainsi que l’an dernier un groupuscule néonazi, la DNR, a failli avoir pignon sur rue à Tulle, ville martyrisée par la Division Das Reich en juin 1944. Son plan a échoué grâce à une mobilisation citoyenne à travers le «Collectif s’opposant à l’implantation de groupes fascistes à Tulle».

"Flot d’ignominies"

Ce dernier a été réactivé ces jours-ci après la publication d’un article ordurier sur le site «Démocratie Participative», le 28 février, souillant la mémoire de Jean Viacroze, dernier survivant du Drame de Tulle et décédé la veille. Le «flot d’ignominies» frappe également les 99 pendus et les déportés du 9 Juin, la Résistance, les juifs, les communistes... Un second article le 12 mars puis un troisième le 18 mars paraissent sur ce blog d’actualité censé être bloqué à la suite d’une décision de justice, rajoutant un lot d’insanités. Le collectif se nomme désormais «Collectif anti fasciste de Tulle» et s’est élargi à 16 membres : Cap à Gauche 19, Génération.S, NPA, PCF, FI, Sud/Solidaires, FSU, CGT, ADECR, AFMD (Amis de la Fondation pour la mémoire de la déportation), Peuple et Culture, le collectif des 7 Collines, la LDH, l’ANACR (comité de Tulle), la Mairie de Tulle et Pierrette Arnal-Barrat, 97 ans, ancienne résistante, infirmière à la Manufacture d’Armes de Tulle en 1944 et témoin des événements du 9 Juin. Il reste ouvert à tous ceux qui souhaiteraient le rejoindre.

"Des mesures drastiques"

Ces citoyens, associations, syndicats, partis politiques veulent s’adresser au Préfet de la Corrèze. Ils demandent «en urgence» un rendez-vous avec Frédéric Veau afin de demander à l’Etat de prendre «des mesures drastiques qui s’imposent, plutôt qu’à intervalles réguliers s’étonner que de tels actes ou de tels propos puissent encore voir le jour, alors qu’au final ce sont les politiques mises en oeuvre qui en favorisent l’émergence», indique le collectif dans un texte commun. Il pense «probable» que Démocratie Participative ait «un ou des correspondants sur Tulle ou la Corrèze que la Police pourrait trouver rapidement».
Le collectif veut également revenir sur une altercation qui s’est déroulée l’an dernier (17 février 2018) entre des membres du DPS, le service d’ordre du RN (ex Front National), et des jeunes, en marge de la manifestation contre l’ouverture d’un local par la DNR. Ce jour-là, le parti d’extrême droite organisait une réunion publique à la salle Latreille. «Des questions se posent encore un an après et cette fois-ci nous voulons des réponses», commente Michel Trésallet, président de l’ANACR de Tulle. «Comment-se fait-il qu’une milice privée ait pu barrer librement l’accès à l’impasse Latreille, bloquant ainsi le passage vers la Résidence de Nacre ? De quel droit a-t-elle pu faire sa loi sur l’espace public ? Que sont devenues les plaintes déposées auprès de la Police contre le FN et sa milice pour agression [Les hommes du DPS avaient fait usage de lacrymos et de tonfas NDLR] ? Moi-même j’ai dû me rendre quatre fois au commissariat pour, au final, ne laisser qu’une main courante». Michel Trésallet a finalement saisi directement le Procureur de la République, mais les poursuites pénales n’ont pas été engagées. «Le collectif des 7 Collines avait attiré l’attention de la Préfecture l’année dernière sur les liens entre le Fight Club 19, implanté à Meymac, et la DNR. Où en est-on aujourd’hui ?», ajoute le fils de déporté. 

"Nous sommes dans un état de droit"

«On veut rappeler à l’Etat que nous sommes dans un état de droit et que la loi doit s’appliquer. L’Etat est capable d’être ferme, y compris si les faits ne sont pas avérés comme cela fut le cas sur le Plateau*. Pourquoi ne fait-il pas preuve du même zèle [avec l’extrême droite] ?», s’interroge Jean-Marc Vareille de la France Insoumise, estimant qu’il y a «deux poids deux mesures». Pour Alain Guilbert du PCF, «l’Etat a une responsabilité gravissime ! La tendance générale au niveau de l’Europe est de laisser se propager cette idéologie malsaine. On agit aussi en citoyen mais au-delà, avec nos organisations nous devons donner un coup de semonce ! J’accuse ceux qui nous gouvernent de se satisfaire du RN (ex FN). ça leur sert pour rester au pouvoir», analyse le secrétaire départemental du PCF qui voit le collectif comme «une vigie». «On va rappeler au Préfet sa responsabilité et lui poser cette question : «Avez-vous la volonté politique oui ou non de régler le problème et de laver Jean Viacroze (et tous les autres) des propos dégueulasses qui ont été proférés contre lui ?».
Le collectif saisira éventuellement le député de Tulle-Ussel pour s’adresser au Ministre de l’Intérieur. «Pierre Laurent, en tant que sénateur (PCF) l’avait fait l’an dernier, il n’avait pas obtenu de réponse». Pour Michel Trésallet, il faut «dépasser le plan local. La lutte doit prendre une dimension nationale voire internationale».

La Ville veut "aller le plus loin possible"

Pour rappel, le 12 mars dernier, le Préfet a saisi le Procureur de la République en vertu de l’article 40 du code de procédure pénale. De son côté la Ville de Tulle va déposer plainte auprès du commissariat ce jeudi à 11 heures. «Nous ne l’avons pas fait plus tôt car nous avons demandé à nos avocats de faire un travail sur l’argumentation juridique afin d’aller le plus loin possible dans la démarche», justifie Thomas Jacquelin, le directeur de cabinet du maire de Tulle. L’intitulé de la plainte devrait se baser sur les propos «diffamatoires et injurieux». A suivre...

Karène Bellina

(*) Jean-Marc Vareille fait allusion à l’affaire de Tarnac.


Repères
Le site «Démocratie Participative» est hébergé aux USA et profite ainsi de la protection du Premier Amendement de la Constitution américaine sur la liberté d’expression. Certaines de ses extensions (.biz; .host) sont bloquées par des moteurs de recherche dont Google.Inc qui précise avoir agit «en réponse à une demande légale de la France».  Toutefois il reste visible sous l'extension ".club" et en se cachant derrière l'intitulé "Le premier site bouddhiste francophone".
Son administrateur, Boris Le Lay, originaire du Finistère, vit actuellement au Japon sans être inquiété. Fiché S, condamné à de multiples reprises, il déverse librement sa haine sur le web via son compte Twitter ou sa chaîne Youtube comptant plus de 30.600 abonnés.

 

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