Séquence réflexion en scène

Théâtre

La pièce de théâtre «Berlin Sequenz» montée par le Bottom Théâtre effectue une tournée des lycées. Hier, elle a été jouée en version courte à deux reprises devant des élèves d’Edmond-Perrier. Le moment privilégié pour parler de la jeunesse et d’utopies politiques.

La pièce «Berlin Sequenz» écrite par le dramaturge Manuel Antonio Pereira et  montée par la Cie corrézienne le Bottom Théâtre avait ouvert en octobre dernier à Brive la saison de l’Empreinte nouvelle Scène nationale Brive-Tulle. Elle est présentée en diptyque avec une autre pièce à venir   «Le vent nous portera». La metteuse en scène Marie-Pierre Bésanger en 2014 avait créé  «Permafrost»  un autre texte de cet auteur d’origine portugaise de 45 ans installé en Belgique. Après plusieurs représentations en Limousin et en région, «Berlin Sequenz» fait l’objet d’une tournée des lycées originale. Elle a été présentée au Lycée Limosin à Limoges, à l’EMB de Felletin, à Saint-Junien et hier à Tulle salle Latreille sous une forme réduite. La pièce de plus de deux heures a été remodelée en un «digest» brut de décoffrage d’une heure : «C’est pour présenter l’essentiel de ce  que raconte la pièce et l’envie qu’on veut transmettre. C’est pouvoir créer un dialogue et une discussion avec les lycéens parce que la pièce parle de
générations qui ont entre 18 et 25 ans» explique Pierre Dumond, assistant à la mise en scène.
La pièce ancrée dans un Berlin contemporain suit la vie d’un groupe de jeunes engagés au sein de la société allemande dans des modes   alternatifs de résistance au modèle capitaliste triomphant. D’un côté, il y a ceux qui s'accommodent du monde consumériste et veulent leur dose  quotidienne d’ocytocine, ceux qui désirent être «compatibles avec l’avenir» que la pub leur tend dans le miroir aux alouettes du marché. De l’autre ceux qui choisissent la révolte, la voie de la guerre (le djihad), ou qui militent à leur petite échelle pour changer le monde. Ian, 20 ans, est un exalté. Ses désirs de changer la société sont grands, immenses. Mais sa rage révolutionnaire s’oppose aux idéaux plus  constructifs de son collectif...
«La pièce les questionne sur le fait d’être d’accord ou pas sur la société. D’avoir la sensation d’être un simple figurant du monde, ou bien que cette envie de révolte, c’est quelque chose que vous avez aussi. Selon les endroits où on joue, les réponses des élèves sont différentes» souligne Pierre Dumond de la réception de la pièce.
Les lycéens d’Edmond-Perrier des classes de seconde et de Première ont pour quelques uns trouvé des échos avec le personnage de Ian qui  pense qu’un «affrontement est inévitable». De la discussion engagée entre élèves et les gens de la troupe, des paroles bien à propos ont alimenté  les débats. «On ne veut pas être compatible avec le futur. On veut le créer le futur» assure un lycéen applaudi par ses camarades. «Tout est fait pour que l’affrontement n’ait pas lieu» assure une élève alors qu’une autre croit que «La société est plutôt pacifiste. Tant qu’il n’y a pas d'élément  déclencheur, il n’y a pas de révolte». «C’est l’accumulation de petites choses, de petits problèmes qui sera à l’origine de l’affrontement» avance Nolwen.
Toute ressemblance avec notre monde est totalement fortuite comme il est assuré dans toute bonne fiction...

Serge Hulpush

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