En leur mémoire et pour demain

Mémoire

Hier en Corrèze plusieurs cérémonies ont marqué la Journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la déportation comme à Tulle en matinée au Haut-lieu de Cueille, Champ des Martyrs.

La cérémonie s’est déroulée en présence de nombreuses personnalités civiles et militaires dont le préfet de la Corrèze Frédéric Veau, le député  Christophe Jerretie, Jean-Jacques Lauga conseiller départemental du canton Seilhac-Monédières, les responsables de nombreuses associations patriotiques : Michel Drelon, président du Comité des Martyrs, Jean-Pierre Valéry, président du Comité du Mémorial corrézien de la Résistance et  de la Déportation, Michel Defaye, président de l’Union départementale de l’Union française des associations de combattants et victimes de guerre  (UFAC) et Michel Trésallet, président de l’ANACR de Tulle entre autres.
L’Harmonie Les Enfants de Tulle et une quinzaine de porte- drapeaux ont également participé au bon déroulement de cette cérémonie.
Xavier Kompa, directeur du service départemental de l’ONAC de la Corrèze a lu un extrait de texte de Simone Veil, évoquant l’après déportation à Auschwitz : «Nous avions le sentiment d’avoir perdu toute humanité et toute envie de vivre. Nous les rares rescapés, nous n’avions plus de familles, plus de parents, plus de foyer. Seul, nous l’étions d’autant plus que ce que nous avions vécu, personne ne voulait le savoir. Ce que nous avions vu,  personne ne voulait l’entendre. Ce que nous avions à raconter, personne ne voulait en partager le fardeau. Nous ne devions pas vivre. La suprématie nazie était tellement écrasante que nous avions intériorisé jusqu’à l’inéluctabilité de notre condamnation à mort. (...) Qu’ils vivent soit, mais qu’ils se taisent semblait nous dire le monde hors du camp»...
Michel Defaye a ensuite fait lecture du message du Comité des fédérations d’anciens déportés :  «Nous renouvelons notre hommage au courage dont ont fait preuve les déportés, en particulier ceux qui face aux souffrances, à l’épuisement physique, auxquels ils étaient confrontés et à la menace permanente de la torture et de la mort, n’ont pas renoncé à l’espoir et ont su rester des êtres humains». Le  message du Comité a aussi fait écho avec le temps présent :  «Les déportés, derniers rescapés de l’horreur absolue des camps de la barbarie nazie expriment leur légitime inquiétude à l’égard d’une Europe aujourd’hui divisée, traversée et habitée par la résurgence de mouvements nationalistes alors que sa vocation doit être de  garantir la paix et la prospérité des pays qui la composent. L’Europe n’a plus le choix. Elle est celle de la mémoire de millions d’êtres humains  sacrifiés par une idéologie perverse. Cette mémoire où la souffrance se mêle à l’espérance doit faire prendre conscience avant qu’il ne soit trop tard de l’indispensable solidarité entre les peuples épris de liberté».

SH

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