150 personnes pour demander la libération de Bobo

Manifestation

Hier soir, à l’appel du RESF19, du Secours Populaire, de la Ligue des Droits de l’Homme, du Sporting Club Tulliste et de Peuple et Culture, 150 personnes se sont réunies à Tulle pour demander la libération et la régularisation du jeune Bobo Matondo, originaire de RDC.

La pétition lancée sur le site internet du Réseau d’Education Sans Frontières de la Corrèze a récolté quasiment 1.700 signatures. Elle demande la libération et la régularisation de la situation de Bobo Matondo, placé depuis quelques jours au centre de rétention administrative à Mesnil-Amelot en région parisienne et sous le coup d’une Obligation de Quitter le Territoire Français. Le jeune homme originaire de République Démocratique du  Congo est en France depuis six ans. A Tulle, où il résidait, il était particulièrement bien intégré, donnant du temps au Secours Populaire, jouant dans l’équipe de réserve du Sporting Club Tulliste. Il avait une promesse d’emploi au sein de l’association d’insertion F.O.R.E.T.  Débouté en 2016 de sa  demande de titre de séjour, Bobo était depuis quelques semaines assigné à résidence et pointait chaque jour à la gendarmerie. La semaine  dernière, c’est avec les menottes aux poignets qu’il a été conduit au centre de Mesnil.

"On a bobo au coeur"

Le juge de la Cour d’appel de Paris a confirmé la décision du juge des libertés de le maintenir en rétention. Il peut être reconduit en RDC dans un délai de 28 jours. Bobo Matondo s’est réfugié en France pour des raisons politiques et familiales. «Il n’a plus de nouvelles de sa famille depuis des années ni de ses amis proches au pays. Une fois de retour à Kinshasa où va-t-il aller ? Où va-t-il loger ?», s’interroge Thomas Jacquelin, directeur de cabinet du maire de Tulle, Bernard Combes, en lien avec le jeune africain. «Bobo garde le moral malgré tout».
Au Secours Populaire, l’humeur est plutôt à l’indignation. «On a bobo au cœur ! Il n’y a plus d’humanité», déplore Aysé Tari, la présidente du SPF de la Corrèze. «Les gens sont considérés comme des numéros, des quotas. L’immigration est devenue un délit alors que cela ne devrait pas l’être !». Au sein du club de rugby de Tulle, c’est «le choc. Licencié pendant trois ans, Bobo est arrivé sur la pointe des pieds et il s’est très bien intégré au   groupe», signale Philippe Combes le président du Sporting. «On n’a pas pu renouveler sa licence car il manquait des papiers mais il continuait à  venir nous voir régulièrement. Il était devenu notre mascotte. C’est quelqu’un de gentil qui ne mérite pas ce qui lui arrive».

Cortège vers la Préfecture

Le rassemblement organisé par RESF, le Secours Populaire, la LDH, PEC 19 et le Sporting, avait lieu place de la cathédrale. Après une prise de parole des associations, de Bernard Combes et de Mumine Ozsoy, conseillère régionale, un cortège s’est formé pour se rendre à la Préfecture et remettre la pétition au représentant de l’Etat. Dans un premier temps, l’audience demandée par les associations avait été refusée. Finalement une délégation a été reçue par le directeur de cabinet du Préfet. Il est à préciser que la Préfecture de la Corrèze n’a plus la capacité de prendre une décision sur le devenir du jeune réfugié. C'est ce qu'a indiqué Bernard Combes lors des discours.

K.B.

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