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Les usagers de la Poste exaspérés

Social

Au 27e jour de grève des facteurs hier, le centre courrier de la rue Maurice-Caquot à Tulle était bloqué par la direction et les soutiens des facteurs. L’exaspération monte du côté des usagers. Le collectif veut faire pression pour trouver une solution.

Hier les blocages se sont recentrés sur Tulle. Le centre de tri postal d’Ussac a repris une activité normale permettant la distribution sur les secteurs d’Ussac, Brive, Malemort, Beynat, Objat, Ayen et Juillac. L’accès au site de secours situé à Brive Est-Malemort n’a pas non plus été empêché. Les soutiens des facteurs tullistes en grève pour la 27e journée, se sont rendus sur l’autre centre parallèle, zone de la Solane, pour effectuer un point de blocage. Celui-ci a duré une partie de la matinée. Une habitante du quartier a tenté de récupérer un courrier important, «un recommandé du juge», précise-t-elle à un cadre présent à l’entrepôt loué par sa direction. «Je suis désolé, il n’y a pas de courrier ici», lui répond-il, la laissant repartir bredouille. «J’ai un mois pour donner une réponse à la justice. Si jamais je suis pénalisée, je me retournerai contre la Poste», lance-t-elle en repartant.

"Des pions que l'on déplace"

«A la mairie, tout ce qui concerne l’état civil est une problématique : la distribution des cartes d’identité et des passeports», signale Dominique Grador, adjointe au maire de Tulle, présente sur les lieux. L’élue est «exaspérée par le jeu du chat et de la souris entre la direction et les grévistes». Elle trouve «choquant d’utiliser les facteurs en service comme des pions que l’on déplace d’un endroit à un autre au détriment de leur sécurité et de leur santé». Selon la CGT-FAPT, une partie des postiers a eu la consigne de prendre le service à Eyrein, sur la zone de la Montane, hier matin. «Une factrice a refusé et s’est rendue à Souilhac, sur son lieu de travail habituel», indique Jean-François Chaudières.  

Pneus et palettes

Rue Maurice Caquot, le blocage était double : la direction avait une nouvelle fois cadenassé le portail du centre courrier, obligeant les usagers à faire demi-tour. L’intersyndicale CGT-Sud, avait, quant à elle, bloqué l’entrée avec pneus, palettes et une voiture. Ce dispositif a stoppé le camion (loué à un transporteur NDLR) «acheminant le courrier et la presse du jour pour être triés et distribués à nos clients», précise la direction de la Poste. «Il est reparti sans avoir pu décharger son contenu». Le départ du courrier ne pouvant pas être assuré à partir de Tulle, La Poste «invite ses clients à effectuer leur dépôt de courrier à Ussac ou Egletons», ajoute-t-elle dans le communiqué.
L’exaspération des usagers monte.  Le balai de voitures est quotidien dans la rue Caquot, chacun cherchant à récupérer ce qui lui appartient. «Il faut patienter», indique un cadre, stressé lui aussi par la situation. «On nous a jetés des clous dans la cour, on a affiché nos numéros de téléphone personnels sur la grille», confiait-il à deux dames, refusant de s’exprimer directement à la presse : «je ne suis pas habilité à répondre».

"Cela pourrait tourner à la violence"

En fin de matinée, un homme en colère a balancé les pneus et les palettes du piquet de grève de l’autre côté du portail, vers le centre. «Je reviendrai demain !», a-t-il crié en repartant. Cette tension qui s’accroît chaque jour un peu plus inquiète le collectif indépendant des usagers de la Poste. «Cela pourrait tourner à la violence», analyse Jean-Pierre Fraysse, le porte-parole. «Nous craignons fortement un accident, voire un drame». Représentant plus de 1.600 signataires et soutenu par une grande majorité de maires de communes impactées, le collectif a adressé hier un courrier à la Préfecture. Il demande au représentant de l’Etat d’intervenir pour «aider les usagers à préserver leurs intérêts». «Ce n’est pas qu’un conflit entre deux parties. Il y a trois entités avec les usagers», commente Jean-Pierre Fraysse.  Le collectif considère que la Préfecture a une «obligation d’action sur un point : imposer la reprise immédiate des négociations». La Direccte et l’Inspection du travail, saisies par la Préfecture, sont à l’oeuvre.

De l'entier et du partiel

Malgré tout hier, des tournées ainsi que les services aux entreprises (courrier cedex en boites postales, remises) ont été effectués. Selon la Poste, les communes majoritairement desservies sont Chameyrat, Saint-Mexant, Favars, saint-Germain les Vergnes, Saint-Bonnet Avalouze, Saint-Martial de Gimel, Pandrignes. Espagnac, Naves, Saint-Paul, Tulle, sont partiellement desservies.
La Poste indique «mettre en œuvre de nouvelles solutions dans les prochains jours pour distribuer le courrier et les colis à ses clients en complément des tournées assurées».
Aux usagers qui s’inquiètent des délais concernant les courriers à caractère administratif, bancaire, juridique etc., la Poste leur assure que, du fait de leur importance, ils sont suivis (ou en recommandé). Leur traçabilité est donc «garantie» à l’expéditeur comme au destinataire. «Pas besoin de justificatif».
La grève se poursuit ce jour. L’intersyndicale se dit prête à aller négocier pour faire avancer la situation. A suivre...

Karène Bellina


Le PCF interpelle la Préfecture
«Les salariés ont vu à plusieurs reprises la direction de la poste ouvrir puis fermer autoritairement les négociations sans répondre positivement à celles-ci. Cette situation a des conséquences importantes tant pour les salariés, que pour les usagers et l’économie locale».La fédération Corrézienne du parti communiste Français «au côté des salariés depuis le début du conflit ne souhaite pas son enlisement». Elle demande au Préfet, «en tant que représentant de l’Etat», de tout mettre en œuvre pour «que s’ouvre immédiatement de réelles négociations, y compris en nommant un médiateur».