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Les Gilets Jaunes de la 23, entre détermination et solidarité

Manifestation

Sur le rond-point de la sortie 23 de l'A89, à l'entrée de St-Angel, une originale habitation se dresse. Grâce aux dons de nombreux soutiens, de la population comme d'artisans ou de commerces, le QG des Gilets jaunes de Haute-Corrèze est fait de palettes et de meubles récupérés.

«Actuellement, nous sommes 35 en permanence, une centaine au plus gros de la journée, et les samedis plus de 250» se réjouit Nicolas Jouve. Des débuts sur Facebook, des actions en continu depuis le 17 «On s'est rencontré sur un groupe Facebook, qui organisait le blocage du 17 novembre, on a discuté sur Messenger, mis nos idées en commun, puis nous avons décidé de créer le groupe Colère Corrézienne pour s'organiser. Nous étions alors une petite quarantaine» explique Stéphane Laujac. «Après la mobilisation du 17, on a fait des opérations «escargot» récurrentes, dans Ussel mais aussi entre Ussel et Meymac et entre Ussel et Egletons, par la nationale comme par l'autoroute» détaille Adèle Amathe. «La semaine dernière, on a aussi fait le péage gratuit tous les jours. Vendredi 23, on est allés à la mairie où on nous a exprimé de la compréhension. On a aussi enterré symboliquement les
propositions politiques, devant les impôts. Samedi 24, suite à un engagement de la mairie, le café nous a été offert, puis nous avons marché dans le centre-ville pendant le marché, pour s'approcher de la population, montrer qu'on n'est pas les casseurs décrits dans les grands médias» continue-t-elle. «Et puis, quand on a appris que le député et le sous-préfet étaient à Chaveroche et qu'ils ne sont pas venus à notre rencontre, on s'est dit qu'on allait y aller, nous» rigole Nicolas.

"Plainte pour racket"

Adèle continue à retracer les événements, avec la construction de la cabane, un dépôt de gerbe devant la mairie mercredi matin et un rendez-vous au commissariat pour déposer plainte pour racket contre le Président de la République : «ils ont refusé de prendre notre plainte, nous ont dit d'écrire au tribunal, de nous constituer en association pour déposer une plainte collective» expose Stéphane. «Jeudi, on a voulu faire à nouveau le péage gratuit, mais ils n'ont pas voulu, donc on a filtré au rond-point, en faisant signer une pétition. Les gendarmes sont arrivés, et on a pu ressentir une grosse tension. La mobile et des renforts sont venus aussi. Il y a moins d'échanges avec les forces de l'ordre qu'au début, parce que ce sont d'autres gendarmes, différents de ceux que nous avions rencontrés au début» reprend Nicolas.
Après des jonctions faites auprès des autres gilets jaunes, ceux d'Egletons et ceux de l'école forestière de Meymac, pour montrer le soutien et la solidarité, les gilets jaunes se sont rendus, jeudi 29, à la réunion du bureau communautaire. «Les élus présents (Pierre Chevalier, Philippe Brugère, Pascal Montigny, Christophe Arfeuillère, Jean Stohr, Philippe Roche et Jean-Pierre Guitard) ont accepté de venir nous voir sur le rond-point, nous ont écouté et ont affirmé nous comprendre. Ils ont signé notre pétition et se sont engagés à porter des gilets jaunes lors de leurs prochains conseils» explique Stéphane. Samedi 1er décembre, une dizaine d'entre eux se rendaient à Paris tandis que ceux restant sur place se répartissaient entre la foire aux fruits de mer et au vin de St-Angel et le marché d'Ussel.

Une solidarité exceptionnelle

«On voudrait mettre l'accent sur la solidarité qu'on vit, et qui est assez exceptionnelle : les entreprises et particuliers, restaurateurs, grandes surfaces, artisans, commerçants s'associent, nous soutiennent en nous donnant nourriture et matériel. En fait, ça nous montre que ce mouvement, populaire et apolitique, est très bien pris par la population. On sait, et on comprend que financièrement ou physiquement, ils sont nombreux à ne pas pouvoir venir mais qu'ils sont contents qu'on les représente, et qu'ils nous soutiennent». Un groupe a été créé sur facebook avec déjà plus de 1100 membres, sur lequel circule la pétition des manifestants.

N.G.

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