Un coup de hache au domicile ?

Santé

Les médecins et le personnel de soins du service HAD (hospitalisation à domicile) du Centre hospitalier de Tulle Coeur de Corrèze soutenus par le syndicat CGT de l’hôpital tirent la sonnette d’alarme sur le projet de l’ARS d’un éventuel redécoupage de ce service sur le département, la Basse-Corrèze allant au privé. Ce projet de refonte du service HAD en Corrèze ne passe pas du tout auprès des personnels de santé et de Corréziens fortement mobilisés via deux pétitions en ligne.
Parmi les deux pétitions lancées,  on trouve celle d’Alexandre Soleilhavoup, âgé de 36 ans, tétraplégique depuis l’âge de 18 ans, à la suite d’un grave accident de la circulation.
En deux jours, sa pétition a recueilli 1.635 signatures. Il y explique sa situation de patient : «Bien que vivant à Malemort, je suis pris en charge depuis maintenant deux ans par le service HAD (hospitalisation à domicile) de l’hôpital de Tulle, m’étant heurté à un refus de soins (au motif de la lourdeur de la prise en charge) de la part de tous les cabinets d’infirmiers libéraux sur un rayon de 15 kms alentour de mon domicile»...
Il serait donc personnellement  concerné par le projet  étudié par  l’ARS (Agence Régionale de Santé) Nouvelle Aquitaine d’un redécoupage de l’hospitalisation à domicile en Corrèze.
«La Corrèze serait divisée en deux  avec tout ce qui est Basse-Corrèze une HAD uniquement privée pour chaque patient et en Moyenne et Haute-Corrèze, les patients n’auraient plus le choix qu’à la HAD publique du centre hospitalier de Tulle. Aujourd’hui l’HAD hospitalière publique intervient aussi bien sur Tulle, Brive, Ussel, tous les secteurs. Si demain, cette HAD venait à être modifiée par l’ARS,  -c’est-à-dire donner une part ouverte au privé-, ça veut dire qu’on diminuerait notre équipe en personnel»  précise Laetitia Bourdet, secrétaire générale du syndicat CGT Santé et Action sociale de l’hôpital de Tulle.
Concrètement, la Basse-Corrèze serait couverte par Relais-Santé, un établissement privé.
«De facto, je serai ainsi privé de la liberté fondamentale de choix entre un établissement public qui a fait ses preuves et un établissement privé, et devrai dépendre de la structure Relais Santé qui implique un partenariat avec des infirmiers libéraux qui ont tous, sans exception, refusé de me prendre en charge» s’inquiète Alexandre Soleilhavoup dans sa pétition.
«C’est tout simplement la destruction d’un service public» s’insurge le docteur Philippe Maddaleno à propos d’un projet sur lequel le conseil de surveillance de l’hôpital de Tulle n’a toujours pas réagi auprès de son personnel.
Mercredi, une délégation a été reçue par le préfet de la Corrèze.
«On nous a dit d’un côté que rien n’est ficelé et de l’autre on nous dit qu’une période de test de deux ans va débuter dès le 1er septembre» constate Laetitia Bourdet du processus en cours.
L’ARS explique que ce projet permettrait  une optimisation des services et l’élargissement de l’offre de services auprès des patients.
«Tous les arguments de l’ARS ne tiennent pas la route. Ce sont des slogans tout faits : visibilité, efficacité...C’est creux» dénonce Philippe Maddaleno.
L’ARS a fixé comme critère de non viabilité  d’une HAD à moins de 9.000 journées effectuées par an : «Nous sommes à 10.500 journées par an et l’HAD privée à 8.000 journées» pointe Philippe Maddaleno.
Les infirmières du service HAD ont pour mission une prise en charge des patients à leur domicile avec des compétences
spécifiques. Les professionnels libéraux font souvent appel à l’HAD dans la prise en charge globale du patient.
Selon le personnel soignant, le redécoupage aurait pour effet de renvoyer des patients au sein de la structure hospitalière car l’HAD privée n’aurait pas les compétences requises, voir le cas d’Alexandre Soleilhavoup : «Ce sont les missions du service public qu’on est en train de casser : accueillir, soigner tous les patients où ils habitent, quel que soit le poids de leur porte-feuille, la couleur de leur peau» s’indigne Jean-Claude Bassaler du syndicat CGT.

Commentaires

Ces têtes pensantes devraient aller sur la terrain pour se rendre compte de leurs prestations

les malades attendent leurs soins et leur réconforts choses que l'on aura pas avec ce découpage

Arrêtez de penser à l'argent mais plutôt aux malades.

Ajouter un commentaire

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et de courriels sont transformées en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.
CAPTCHA
Cette question permet de vérifier que le formulaire n'est pas soumis par un robot (spam)
Fill in the blank.