Soumis par Rédaction régionale le dim, 12/03/2017 - 23:35

Parfois les choses arrivent - Eric Valade, Secrétaire du Comité Régional CGT Limousin

Parfois les choses arrivent insidieusement… On n’y prend pas garde, on n’y fait pas attention… Et puis, on s’aperçoit qu’elles sont là, installées, faisant partie du quotidien de la vie, terriblement présentes, étouffantes.
Quelques décisions prises, depuis trois ans maintenant, autour de la Maison du Peuple, à Limoges, peuvent relever de ces petites choses qui, sans en avoir l’air, perturbent, empêchent, gênent une vie citoyenne et syndicale pourtant reconnue depuis l’inauguration du bâtiment en 1936.
La CGT qui en est l’occupant principal reçoit, accueille, conseille et aide de nombreux-ses salarié-e-s dans leur vie quotidienne, au travail et en dehors. En ce sens, elle développe une forme de service à la population qui est reconnu par sa pertinence et son efficacité. Par exemple, au travers de son activité juridique autour du travail ou encore de son action autour des problèmes du consommateur, elle permet de résoudre des situations complexes et parfois conflictuelles. Elle est aussi, par son activité revendicative, un acteur de nos vies citoyennes. Elle développe et permet une expression différente et contradictoire sur les quotidiens de vie du-de la salarié-e, du-de la citoyen-ne.   
Les petites caméras de la rue Charles-Michels sont de ces petites choses… «Assurant la sécurité des passants» de cette belle rue, elles ont aussi ce travers d’être un excellent outil de surveillance de l’entrée de ce bâtiment…
Jusque là rien de bien important, nous direz-vous. Mais voilà une petite chose qui s’installe et qui tout doucement fait son chemin et perturbe, empêche, devient gênante, petit à petit…
Les activités qui se développent autour de l’action syndicale, quelle que soit l’organisation, ont un fondement essentiel : elles se font par et pour les salarié-e-s. Il arrive souvent que l’on soit isolé, ou peu nombreux-ses dans une petite entreprise. Il arrive souvent que l’on n’ait pas de syndicat en fonctionnement, que l’on n’ait pas de «droits syndicaux». Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas des questions qui se posent au travail. La CGT permet alors de se rencontrer, d’évoquer les problèmes, de trouver les solutions appropriées…
La fermeture entre midi et deux heures, puis en fin d’après midi à 17 heures, de la Maison du Peuple, permettant «une gestion fine» du personnel empêche, finalement, un possible accès, pour des salarié-e-s à l’aide nécessaire pour s’informer, connaître leurs droits, leurs devoirs et se rencontrer.
Décidément, ces petites choses ont la vie dure et elles sont tenaces… toujours mesurées, justifiées mais bien présentes… comme une petite musique qui nous serait fredonnée tous les jours, comme ça, l’air de rien…
Cette année, pour la deuxième fois, vous ne pourrez pas rencontrer l’Institut d’Histoire Sociale CGT du Limousin à «Lire à Limoges» du 31 mars au 2 avril. Présent depuis les débuts de cette belle manifestation autour du Livre et de la Lecture, nous ne sommes plus autorisés à tenir table. Pourtant notre invité, Bernard Thibault, auteur du livre «la 3e guerre mondiale est sociale», est disponible aux discussions, débats, rencontres et bien entendu dédicaces liées à ce type d’événement littéraire… Mais voilà que «cela ne rentre pas dans la programmation et la thématique prévue»… Et nous avons beau tourner et retourner dans tous les sens la plaquette annonçant cette initiative culturelle, la thématique ne nous «saute» pas aux yeux…
Tout ceci, finalement, colle bien à l’air du temps et à la petite pente douce qui nous mène tranquillement, sans nous brusquer… Mais il en est ainsi des petites choses qui arrivent, sans faire trop de bruit et qui s’installent tout doucement, sans trop se voir… Elles finissent toujours par gêner, par empêcher… Puis elles étouffent…
La libre organisation des salarié-e-s existe, en France, depuis 1884 par la loi Waldeck-Rousseau. Les syndicats CGT sont logés dans la Maison du Peuple depuis 1936, le syndicat est reconnu dans l’entreprise depuis 1968 et Bernard Thibault dédicacera son ouvrage à la Maison du Peuple – rue Charles-Michels – le vendredi 31 mars. La CGT y sera disponible aux débats et discussions dans la salle Marguerite-Saderne, une des présidentes de séance du Congrès constitutif de la CGT à Limoges en 1895.
La mélodie et la petite musique, que l’on nous joue, deviennent trop dérangeantes, assourdissantes et il devient vital d’en changer le tempo…

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