Soumis par Rédaction régionale le mer, 07/08/2019 - 23:21

Le Tour de France 2019 vient de s’achever et il restera sans aucun doute dans les mémoires.
Bien sûr dans le calendrier des faits divers de l’été 2019, l’épisode de l’averse de grêle et de coulées de boue qui ont interrompu la course, restera dans les annales.
Grâce à la mémoire télévisée resteront ainsi les souvenirs (festifs) des milliers de spectateurs massés le long des routes ou le souvenirs négatifs des inconscients qui en haut des cols se bousculent pour galoper à côté des coureurs ou celui de journalistes (voire des directeurs sportifs) hurlant leurs admirations sur les forçats de la route ou les férus de vélo. Ni forçats, ni héros, les Allaphilippe ou Pinot, mais des sportifs qui font un métier difficile en ne trouvant des alliés que dans la victoire. C’est une pauvre illustration de journalisme qu’ils auront illustrés – dans les médias – télévisés. Portés au pinacle jusqu’au pied de l’Iseran, ils seront vite effacés par les médias pour la célébration d’une nouvelle gloire : le jeune champion colombien Egan Bernal ? Avant la grêle de l’Iseran on s’interrogeait « quel Français allait succéder aux Anquetil ou au Hinault ? Le populaire « Alaf » ou au dauphin provisoire Hinault, Antenne 2 avait même prévu une émission spéciale sur Hinault et qu’importe les Champs-Elysées, les spectateurs auront droit à l’époque télévisé Hinault comme un écrivain avait pu écrire s’il avait été vainqueur mais foi de journalistes d’Antenne 2 ce sera pour l’année prochaine ? Appuyez sur vos pédales d’ordinateur en attendant, pour retrouver un peu de pathétique. Célébrons le jeune vainqueur (22 ans) mais aussi son père, sa mère, sa dulcinée et son petit frère et pourquoi pas son pays la Colombie en rappelant insidieusement que ce pays était plus connu pour ses trafiquants de drogues que pour ses champions.
Grâce à la télévision nous avons vécu dans ce Tour 2019 les deux visages de l’information.
Celui qui informe, renseigne, s’adresse à la connaissance, bravo aux caméras qui nous font faire le tour de France, La beauté de ses paysages et de ses monuments. Bravo aux invités qui transmettent 4 messages mais encore une fois faudrait-il s’interroger sur le rôle de journaliste ?
Est-il celui qui informe ou celui qui déforme, qui rapporte des faits ou les transforment, est-il reporter ou supporter. Julian Allaphilippe a perdu son maillot jaune et n’a pas gagné le Tour, mais il a gagné le cœur des spectateurs. Ses commentaires, pleins de sagesse, même après la défaite étaient une leçon de vrai journalisme, et si il a pu se consoler avec le maillot de super combatif du Tour, j’aimerai ajouter un maillot supplémentaire celui de vrai journaliste et de vrai sportif.
Merci monsieur Alaphilippe de ne pas avoir répondu aux questions quelquefois saugrenues, mais d’avoir démontré qu’il faut aussi un cerveau pour appuyer sur les pédales... et merci pour le sport !

JM Chalifour