Le lanceur américain Rocket Lab acquiert l’opérateur de satellites Iridium dans le cadre d’une transaction en actions valorisée à 8 milliards de dollars, soit 54 dollars par action. L’opération rapproche un constructeur de fusées d’une constellation en orbite.
Rocket Lab a annoncé lundi l’acquisition d’Iridium Communications, opérateur de satellites en orbite basse, dans le cadre d’un échange d’actions valorisant la cible à 8 milliards de dollars. La transaction, qui n’a pas encore été finalisée, prévoit un prix de 54 dollars par action Iridium.
L’opération permet à Rocket Lab de combiner son activité de lanceur avec une constellation de satellites opérationnelle et un portefeuille de fréquences. Iridium exploite actuellement plusieurs dizaines de satellites et détient une licence d’utilisation du spectre en bande L, une ressource rare pour les communications mobiles par satellite.
Dans un communiqué, Rocket Lab indique vouloir « s’appuyer sur » le réseau existant d’Iridium pour « se développer sur des marchés non exploités et créer de nouveaux services spatiaux » à destination de clients internationaux. L’entreprise vise notamment les marchés de la connectivité gouvernementale, du suivi logistique mondial et des communications d’urgence.
Cette acquisition s’inscrit dans une série d’opérations de croissance externe pour l’entreprise fondée par Peter Beck. Rocket Lab a racheté la société de robotique spatiale Motiv en mai 2026, le fournisseur de communications laser Mynaric en avril, et un fabricant de composants de précision en février. L’entreprise avait également acquis Geost, un sous-traitant de capteurs optiques pour la défense, en 2025.
Le secteur spatial connaît une consolidation accélérée depuis plusieurs années. Viasat a racheté Inmarsat, un fonds d’investissement a acquis Maxar en 2023, Lockheed Martin a acheté le fabricant de satellites Terran Orbital en 2024, et Amazon a acquis Globalstar pour 11,6 milliards de dollars en avril 2026 afin de développer son projet de constellation internet Kuiper.
Rocket Lab, fondé en 2006 en Nouvelle-Zélande, opère le lanceur léger Electron et développe le lanceur réutilisable Neutron. L’entreprise dispose d’une base de lancement sur la péninsule de Mahia en Nouvelle-Zélande et au Wallops Flight Facility en Virginie. L’acquisition d’Iridium lui donne accès à une flotte de 66 satellites en orbite basse, renforçant sa position face aux principaux concurrents du secteur.
L’action Rocket Lab progressait à Wall Street après cette annonce, les investisseurs saluant la constitution d’un acteur intégré capable de proposer à la fois des lanceurs, des satellites et des services de connectivité. Le rapprochement doit encore recevoir l’approbation des autorités de régulation américaines avant sa finalisation.
Iridium emploie environ 500 personnes et a généré un chiffre d’affaires de 830 millions de dollars en 2025. La société dessert des clients dans les secteurs du transport maritime, de l’aviation, de la défense et des secours d’urgence. Ses terminaux sont utilisés par les garde-côtes, les armées et les compagnies aériennes pour des communications vocales et de données depuis les régions les plus isolées de la planète. L’intégration des actifs d’Iridium dans Rocket Lab pourrait permettre de proposer des offres combinées associant lancement, satellite et connectivité à des clients gouvernementaux, notamment au sein du programme spatial américain.
