La députée Clémentine Autain a annoncé samedi 11 juillet qu’elle renonce à être candidate à l’élection présidentielle de 2027, après l’échec de la « primaire unitaire » de la gauche.
Un rejet socialiste qui enterre la primaire
La députée écologiste, ancienne membre de La France insoumise, a pris acte de la décision des militants socialistes. Ces derniers ont voté en faveur d’une primaire réservée aux seuls adhérents du Parti socialiste et des formations qui lui sont proches, comme Place publique de Raphaël Glucksmann. « Le Parti socialiste, par son vote interne, a mis le clou au cercueil de la primaire, il n’y aura pas de primaire », a-t-elle déclaré sur France 2.
Candidate déclarée à cette primaire unitaire de la gauche non mélenchoniste, aux côtés de François Ruffin et de la cheffe des Écologistes Marine Tondelier, Clémentine Autain a jugé « ridicule, pour ne pas dire irresponsable, l’empilement des candidatures que l’on voit aujourd’hui à gauche ». Le Parti socialiste a choisi d’organiser sa propre primaire, sans s’ouvrir aux autres formations.
Le vote des militants socialistes pour réserver leur primaire à leurs seuls adhérents correspond à la position des opposants internes au premier secrétaire Olivier Faure. Ces derniers sont favorables, en large part, à une candidature de Raphaël Glucksmann, en tête des sondages dans le camp social-démocrate.
Un rassemblement sans candidature supplémentaire
« Est-ce que je vais ajouter une candidature de plus ? La réponse est non », a-t-elle précisé, assurant que son « combat est le rassemblement de la gauche et des écologistes ». Elle a appelé à « une solution politique qui nous permette de prétendre à être au second tour et à gagner face à l’extrême droite ».
Pour Clémentine Autain, le Parti socialiste a fait « un choix de clarification, celui de tourner le dos à la gauche et de se tourner vers le centre et vers la droite ». Marine Tondelier avait déjà pris acte vendredi que la primaire unitaire était « enterrée », en raison du refus des socialistes d’élargir le périmètre de leur scrutin interne.
Un possible ralliement à Mélenchon
L’ancienne députée LFI n’a pas exclu de soutenir Jean-Luc Mélenchon. « À l’automne, si Jean-Luc Mélenchon s’avère être toujours à la première place à gauche, sa responsabilité sera de créer les conditions du rassemblement », a-t-elle expliqué. Elle a appelé à dépasser « les haines cuites et recuites personnelles, nos histoires, les désaccords qu’on peut avoir. Et j’en ai, avec Jean-Luc Mélenchon, que je n’ai jamais cachés. »
La décision de Clémentine Autain intervient alors que plusieurs candidatures se sont déjà déclarées à gauche pour la présidentielle de 2027. Outre Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise) et Marine Tondelier (Les Écologistes), Raphaël Glucksmann (Place publique) et Olivier Faure (Parti socialiste) sont également pressentis, sans qu’aucune procédure de désignation commune n’ait abouti à ce stade. La multiplication des candidatures, dénoncée par Autain, fragilise selon plusieurs observateurs les chances de la gauche d’accéder au second tour.
L’ancienne députée LFI s’était déclarée candidate en début d’année, dans le cadre d’une tentative d’organisation d’une primaire réunissant les forces de gauche non mélenchonistes. Cette initiative portée par plusieurs élus, dont François Ruffin, alors également député LFI, avait pour objectif de désigner un candidat commun capable de rassembler au-delà des clivages partisans.
Les divisions à gauche interviennent dans un contexte où plusieurs sondages placent le Rassemblement national et la coalition présidentielle en tête des intentions de vote pour le premier tour. La dispersion des candidatures à gauche est régulièrement pointée par les analystes comme un facteur défavorable pour l’accès au second tour. La question d’une candidature unique reste ouverte à ce stade, sans calendrier ni procédure arrêtée.
