Les militants du Parti socialiste ont rejeté à 55,5 % la proposition de primaire ouverte défendue par Olivier Faure. Le premier secrétaire du PS voit son projet de désignation du candidat socialiste pour la présidentielle de 2027 mis en échec.
Organisé dans la soirée du jeudi 9 juillet, le vote interne portait sur le mode de désignation du candidat que le Parti socialiste soutiendra à l’élection présidentielle de 2027. Olivier Faure défendait une primaire ouverte, permettant aux sympathisants socialistes de voter moyennant une participation de deux euros. Ses opposants, menés par Boris Vallaud et Nicolas Mayer-Rossignol, proposaient une primaire fermée, réservée aux adhérents du PS et aux organisations politiques du pôle socialiste, dont Place publique.
Les militants ont tranché en faveur de la primaire fermée, à 55,5 % des suffrages exprimés, selon les résultats communiqués par le parti. Une option qui restreint le corps electoral au cercle des militants et des partis alliés, sans ouverture vers les sympathisants, et qui complique les perspectives d’une candidature unique de la gauche.
Un vote qui enterre la primaire unitaire
Ce scrutin constituait une étape clé dans la perspective d’une candidature unique de la gauche hors La France insoumise. Olivier Faure espérait que le vainqueur de la primaire socialiste participerait ensuite à une primaire unitaire avec d’autres formations de gauche, afin de ne pas reproduire le score de 1,75 % d’Anne Hidalgo en 2022. Le rejet de la primaire ouverte compromet sérieusement cette ambition.
« Le premier secrétaire doit l’entendre et changer de méthode. Il faut maintenant mettre le cap vers la présidentielle », a déclaré Boris Vallaud, président du groupe PS à l’Assemblée nationale, cité par l’AFP. Les opposants à Olivier Faure ont proposé de rencontrer « dès les prochains jours l’ensemble des organisations du pôle socialiste ».
Faure écarte une démission
Interrogé sur Franceinfo vendredi matin, Olivier Faure a exclu de quitter son poste de premier secrétaire. « La question hier n’était pas de savoir si je démissionne ou je démissionne pas. Le devoir d’un premier secrétaire, c’est évidemment de faire appliquer les decisions qui sont prises », a-t-il déclaré. Il avait assuré en amont du vote qu’il ne s’agissait pas d’un référendum pour ou contre sa personne, mais d’un choix stratégique entre ouverture et huis clos militant.
La désignation du candidat socialiste est prévue en octobre 2026. Le PS a indiqué que le candidat désigné proposerait le rassemblement à tous les partis de la gauche démocratique, écologique et républicaine. Un comité inter-partis doit régler les modalités de vote et de candidature.
Ce vote intervient dans un contexte de recomposition à gauche en vue de la présidentielle de 2027. Les Ecologistes organisent leur propre primaire, dont Marine Tondelier est donnée favorite. La France insoumise mène un processus distinct. Le Parti socialiste doit désormais clarifier sa stratégie d’alliance, alors que les sondages placent le Rassemblement national et la droite en tête des intentions de vote. Reste à savoir si cette procédure interne pourra déboucher sur une candidature unique de la gauche.
