L’armee colombienne a annonce la liberation de 39 personnes enlevees par la guerilla de l’Armee de liberation nationale (ELN) dans le departement du Choco, dans l’ouest du pays, selon plusieurs medias.
Les otages, enleves par des hommes armes de l’ELN, ont ete liberes par les forces armees colombiennes au terme d’une operation menee dans cette region forestiere et miniere du Pacifique colombien. Parmi les personnes enlevees figurait un bebe de 2 ans, selon les informations communiquees par l’armee et rapportees par les medias locaux.
L’ELN (Ejercito de Liberacion Nacional) est la derniere guerilla reconnue comme telle en Colombie, comptant plusieurs milliers de combattants. Le groupe est implique dans des negociations de paix avec le gouvernement colombien, qui ont connu des avancees et des ruptures ces dernieres annees.
Une operation militaire dans le Choco
Le departement du Choco, situe sur la cote Pacifique, est une zone historiquement touchee par le conflit arme colombien en raison de sa position strategique pour les groupes armes, qui y exploitent des routes de trafic de drogue et d’armes. La region est egalement l’une des plus pauvres du pays.
Les enlevements de masse par l’ELN etaient devenus plus rares ces dernieres annees, le groupe ayant ete affaibli par les offensives militaires et les divisions internes. L’enlevement de 39 personnes, dont des enfants, a suscite l’indignation en Colombie et relance les interrogations sur la capacite du groupe a respecter les engagements d’un processus de paix.
Le gouvernement du president Gustavo Petro, qui a fait de la paix totale avec les groupes armes l’une de ses priorites, n’a pas encore communique officiellement sur les circonstances exactes de l’enlevement et de la liberation, selon les sources disponibles.
L’ELN, une guerilla historique
Fonde en 1964, l’ELN est l’un des plus anciens mouvements de guerilla d’Amerique latine. Inspire du marxisme-leninisme et de la theologie de la liberation, le groupe compte aujourd’hui environ 5 800 membres, selon les estimations du renseignement colombien.
Apres l’accord de paix avec les Forces armees revolutionnaires de Colombie (FARC) en 2016, l’ELN est devenue la principale guerilla encore active dans le pays. Les negociations de paix ouvertes par le gouvernement Petro en 2022 ont ete suspendues a plusieurs reprises en raison de la poursuite des actions armees du groupe.
L’enlevement de masse du Choco intervient dans un contexte de tensions entre le gouvernement et l’ELN, les pourparlers etant actuellement dans une phase delicate. Le groupe conteste notamment les conditions imposees par le gouvernement pour un cessez-le-feu et une reprise des negociations.
Les groupes de defense des droits de l’homme en Colombie ont condamne cet enlevement collectif, rappelant que les prises d’otages constituent une violation du droit international humanitaire. Le Comite international de la Croix-Rouge (CICR), present dans la region, n’a pas encore communique sur l’operation de liberation.
L’enlevement de 39 personnes dans le Choco est l’un des plus massifs perpetres par l’ELN depuis plusieurs annees. En 2024, le groupe avait deja ete accuse d’avoir enleve plusieurs personnes dans la meme region, sans que leur sort ne soit toujours connu. Les habitants de la region vivent dans la crainte de ces enlevements. Le processus de paix, bien que fragile, reste une priorite affichee du gouvernement Petro, qui a appele a plusieurs reprises l’ELN a abandonner les prises d’otages et les extorsions comme methodes de financement.
Les negociations de paix avec l’ELN, suspendues en 2025 apres une attaque du groupe contre une base militaire, ont repris en debut d’annee 2026 sous la mediation de plusieurs pays, dont le Cuba, la Norvege et le Venezuela. Le gouvernement colombien a conditionne la poursuite des discussions a la liberation de tous les otages encore detenus par le groupe.
