L’administration Trump a ordonné la suspension de la plupart des contrôles routiers effectués par la police de l’immigration (ICE) après la mort de deux migrants en moins d’une semaine. Le dernier incident, survenu lundi 13 juillet dans l’Etat du Maine, a coûté la vie à Joan Sebastian Guerrero, un Colombien de 26 ans abattu lors d’un contrôle de routine.
La victime se trouvait à bord de sa voiture lorsqu’elle a été interceptée par un agent de l’ICE, ont rapporté des médias locaux. Selon des associations de défense des droits des migrants, Joan Sebastian Guerrero travaillait régulièrement comme livreur et vivait avec sa femme et sa jeune fille de trois ans dans le Maine. Un porte-parole de l’ICE a expliqué que le véhicule avait tenté de fuir les lieux et que l’agent avait fait usage de son arme, craignant pour la sécurité du public.
Deux morts en moins d’une semaine
Ce drame survient moins d’une semaine après la mort d’un migrant mexicain au Texas, tué dans des conditions similaires lors d’un contrôle routier de l’ICE. Les deux affaires ont suscité l’indignation des organisations de défense des droits humains. Plusieurs groupes de la société civile ont dénoncé des méthodes qu’ils jugent disproportionnées, les contrôles routiers étant devenus l’un des principaux vecteurs d’interpellation des sans-papiers dans les États frontaliers et au-delà.
La suspension ordonnée par Washington
Face à la multiplication des incidents en l’espace de quelques jours, l’administration Trump a ordonné la suspension de la plupart des contrôles routiers effectués par les agents de l’ICE. La directive, rapportée par plusieurs médias dont Le Monde, France 24 et TF1 Info, concerne les opérations de recherche et d’interpellation des migrants sans-papiers lors de contrôles routiers. Les activités liées à la sécurité nationale et aux enquêtes criminelles restent toutefois autorisées.
L’ICE, une agence sous tension
L’Immigration and Customs Enforcement (ICE) est une agence fédérale américaine placée sous la tutelle du Department of Homeland Security. Ses agents sont habilités à procéder à des interpellations et à des contrôles dans le cadre de la lutte contre l’immigration illégale. Depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche en janvier 2025, l’agence a considérablement intensifié ses opérations sur l’ensemble du territoire américain, y compris dans des États éloignés de la frontière sud, comme le Maine. Cette stratégie a provoqué des tensions croissantes avec les autorités locales et les organisations de défense des droits civiques, qui dénoncent des pratiques d’interpellation disproportionnées depuis l’arrivée de l’administration Trump.
Un recul pour la politique migratoire
Selon des groupes de défense des droits des migrants interrogés par la presse américaine, les méthodes de l’ICE étaient devenues incontrôlables, les contrôles routiers se multipliant dans les États frontaliers comme le Texas et l’Arizona, mais également dans le nord-est du pays, où le drame du Maine est survenu. La mort de Joan Sebastian Guerrero, abattu malgré l’absence de tout antécédent judiciaire connu, a particulièrement ému l’opinion publique américaine. L’ordre de suspension, bien que présenté comme temporaire par la Maison-Blanche, constitue un recul pour l’administration Trump, qui a fait de la lutte contre l’immigration illégale l’un de ses chevaux de bataille depuis son retour au pouvoir en janvier 2025.
Les autorités locales du Maine ont ouvert une enquête administrative sur les circonstances de la mort de Joan Sebastian Guerrero. Aucune information complémentaire n’a été communiquée par l’ICE à ce stade. La suspension des contrôles routiers reste en vigueur jusqu’à nouvel ordre, en attendant les résultats des investigations internes. Plusieurs élus démocrates ont salué cette décision tout en réclamant une réforme plus large des prérogatives de l’ICE, tandis que des voix conservatrices ont dénoncé un affaiblissement de la lutte contre l’immigration illégale.
