Superhuman, société issue du rachat de l’éditeur de messagerie Superhuman par Grammarly, a annoncé mardi l’acquisition de GPTZero, startup spécialisée dans la détection de textes générés par intelligence artificielle. Le montant de la transaction n’a pas été divulgué.
GPTZero a été fondée par Edward Tian, diplômé de Princeton, qui avait développé le premier prototype dans le cadre de son projet de fin d’études il y a trois ans. Lancée en janvier 2023, la plateforme avait rapidement gagné en notoriété alors que l’usage de ChatGPT et d’autres modèles de langage se répandait dans les établissements d’enseignement. La startup revendique plus de 19 millions d’utilisateurs enregistrés et 30 millions de dollars de revenus annuels récurrents, selon des informations transmises par Tian à Business Insider. En 2024, Tian avait indiqué à TechCrunch que l’entreprise était rentable.
Aux côtés d’Edward Tian, Alex Cui assurait le poste de directeur technique. Les deux co-fondateurs se connaissaient depuis le lycée. GPTZero avait levé 13,5 millions de dollars au total auprès d’investisseurs. La startup avait bouclé un tour de table seed de 3,5 millions de dollars mené par Uncork Capital, suivi d’une série A de 10 millions de dollars en juin 2024. Ce second tour était mené par Footwork, avec la participation de Reach Capital, Alt Capital et Neo, le fonds de Jack Altman.
Grammarly, société d’édition de logiciels fondée en 2009 par Max Lytvyn, Alex Shevchenko et Dmytro Lider, est devenue une référence dans l’assistance à l’écriture en langue anglaise. L’entreprise a racheté Superhuman, l’éditeur de messagerie prisé des professionnels, l’année dernière avant de rebaptiser l’ensemble de ses activités sous ce nom. La société disposait déjà d’un outil de détection de contenus IA intégré à sa plateforme, conçu pour aider les utilisateurs à vérifier si leur texte semble généré par une intelligence artificielle et à le reformuler le cas échéant.
GPTZero avait pour mission d’aider les internautes à identifier les textes générés par IA, un enjeu croissant pour les enseignants, les recruteurs et les éditeurs. « Deux détecteurs valent mieux qu’un », a commenté Superhuman pour justifier l’acquisition de l’un de ses concurrents sur ce segment. La société a indiqué travailler sur une version enrichie de son outil, combinant les technologies des deux entités.
L’acquisition intervient dans un contexte de demande croissante pour les outils capables d’identifier les contenus générés par IA, en particulier dans les secteurs de l’éducation, du journalisme et de l’édition académique. Le marché de la détection de contenus IA suscite un intérêt soutenu alors que les modèles de langage produisent des textes de plus en plus difficiles à distinguer d’une écriture humaine. Plusieurs startups et grandes entreprises technologiques ont développé des solutions concurrentes, mais aucune norme industrielle ne s’est encore imposée pour certifier l’origine d’un texte. La fiabilité des détecteurs existants fait par ailleurs débat, certains outils produisant des taux d’erreur non négligeables, en particulier pour les textes rédigés par des locuteurs non natifs ou dans des contextes multilingues.
L’opération illustre la consolidation en cours dans le secteur des technologies éducatives et de la productivité, où les acteurs cherchent à intégrer des capacités de détection IA à leurs offres existantes plutôt que de les développer en interne.
