Le maire de New York Zohran Mamdani a vu trois de ses candidats remporter les primaires démocrates mardi 23 juin, renforçant son emprise sur la vie politique locale lors du premier test électoral depuis son entrée en fonction en janvier 2026.
Les trois candidats soutenus par Mamdani ont été élus lors des primaires pour le conseil municipal, la mairie et divers postes locaux, consolidant la position du maire socialiste à la tête du mouvement progressiste de New York, selon plusieurs médias américains. Le Monde, Le Parisien et MediaPart rapportent que cette victoire transforme Mamdani en faiseur de rois au sein du Parti démocrate new-yorkais.
Un premier test réussi pour le maire
Ces résultats confirment l’influence croissante de Mamdani, élu en novembre 2025 sur un programme de gauche progressiste. Agé de 34 ans, le maire s’est imposé comme l’une des figures montantes du Parti démocrate, capable de mobiliser l’aile gauche du parti sur le terrain électoral. Il avait activement fait campagne pour ces candidats au cours des dernières semaines, participant à des meetings et des actions de porte-à-porte dans les arrondissements de la ville.
Les primaires de mardi étaient considérées comme le premier test électoral majeur pour Mamdani depuis son investiture. La victoire de ses protégés lui permet de disposer d’une majorité plus favorable au sein du conseil municipal pour faire adopter son programme de réformes. Selon les analystes, cette consolidation de son pouvoir dans la ville pourrait également peser sur les élections nationales à venir, notamment les primaires présidentielles de 2028 où l’aile gauche du Parti démocrate espère peser.
Boursorama relève que la stratégie de Mamdani, qui consiste à soutenir des candidats de l’aile gauche dans les circonscriptions clés, a porté ses fruits au-delà des attentes. Les candidats soutenus par le maire l’ont emporté dans des bastions démocrates traditionnels où l’establishment du parti avait pourtant présenté des candidats modérés bénéficiant de financements importants.
Un agenda économique contesté
Mamdani a promis une hausse de la fiscalité sur les plus hauts revenus, un renforcement du contrôle des loyers et un réinvestissement massif dans les transports publics et le logement social. Sa popularité reste élevée dans les quartiers populaires, malgré l’opposition farouche des milieux d’affaires de Wall Street, qui ont investi des millions de dollars pour tenter de faire élire des candidats modérés.
L’opposition républicaine new-yorkaise a dénoncé une mainmise du maire sur les institutions locales. Le Parti républicain de l’Etat de New York a qualifié ces résultats de « menace pour la démocratie locale », accusant Mamdani de vouloir transformer la ville en laboratoire du socialisme. De son côté, le gouverneur de l’Etat, Kathy Hochul, membre modérée du Parti démocrate, a pris ses distances avec ces résultats sans les condamner ouvertement.
Le maire s’est également illustré sur la scène nationale en s’opposant régulièrement à Donald Trump. Il a notamment appelé à une réforme du système de santé américain et critiqué la politique étrangère de l’administration républicaine, en particulier sur le dossier iranien et la gestion du conflit au Moyen-Orient. Sa proximité avec les mouvements progressistes et son positionnement sur les questions sociales en font l’une des voix les plus écoutées de l’aile gauche démocrate.
La Bourse de New York a réagi avec prudence à ces résultats, les investisseurs redoutant une accélération des réformes fiscales portées par le maire et ses alliés au conseil municipal. Plusieurs analystes estiment que Mamdani pourrait désormais tenter de faire adopter une taxe sur les transactions financières, une mesure qu’il avait promise pendant sa campagne mais qui était restée bloquée par l’opposition des élus modérés au conseil municipal. Les prochaines semaines devraient permettre de mesurer l’ampleur réelle de la majorité dont disposera le maire pour mettre en œuvre son programme.
