Dix ans apres le referendum du 23 juin 2016, le Royaume-Uni a amorce un rapprochement pragmatique avec l’Union europeenne sous l’impulsion du Premier ministre travailliste Keir Starmer, tout en maintenant des lignes rouges sur le marche unique et l’union douaniere.
Selon un sondage public par Touteleurope.eu debut juin 2026, une majorite de Britanniques se declare desormais favorable a un retour dans l’UE, dix ans apres le vote qui a vu 51,9 % des suffrages se porter sur la sortie. Dans le meme temps, le parti anti-europeen Reform UK arrive en tete des intentions de vote, illustrant les contradictions persistantes de l’opinion britannique.
Un changement de cap apres des annees de tensions
Depuis l’arrivee de Keir Starmer au 10 Downing Street en juillet 2024, le gouvernement britannique a multiplie les signes de detente a l’egard de l’UE, apres des annees de relations tendues sous les precedents gouvernements conservateurs. Le 23 juin 2016, les Britanniques avaient vote a 51,9 % en faveur de la sortie de l’Union europeenne. Le Royaume-Uni a formellement quitte l’UE le 31 janvier 2020, apres 47 ans d’appartenance, suivi d’une periode de transition achevee le 31 decembre 2020.
Le point d’orgue des tensions a ete la crise du protocole nord-irlandais, resolue en partie avec l’entree en vigueur du Cadre de Windsor en octobre 2023, qui a stabilise la frontiere en mer d’Irlande via un systeme de voies vertes et rouges.
Le rapprochement sous Starmer
En mai 2025, a l’occasion d’un sommet inedit depuis le Brexit, les dirigeants britanniques et europeens ont conclu un partenariat de defense et de securite, acte un accord politique sur la peche et ouvert la voie a de nouvelles cooperations, notamment sur la mobilite des jeunes. Le 15 avril 2026, Londres et Bruxelles ont officiellement signe le texte actant le retour du Royaume-Uni dans le programme Erasmus+ a partir de 2027. Des la premiere annee, plus de 100 000 participants beneficieront du programme.
Sur le plan de la recherche, le Royaume-Uni a acte son retour comme Etat associe au sein d’Horizon Europe et du programme d’observation de la Terre Copernicus le 1er janvier 2024.
Des lignes rouges maintenues
Keir Starmer maintient ses lignes rouges sur un retour dans l’union douaniere ou le marche unique, malgre les pressions d’une partie des milieux economiques et politiques en faveur d’une relation plus etroite. L’acces britannique a SAFE, l’instrument europeen de 150 milliards d’euros de prets pour les achats communs d’armements, reste limite. Les entreprises britanniques ne peuvent y participer que comme acteurs de pays tiers.
Le retour du Royaume-Uni dans l’UE se ferait sans rabais budgetaire et sans les exemptions dont il beneficiait avant 2020 (euro, politique d’asile, espace Schengen). Selon l’ancien commissaire europeen Julian King, un retour aux regles communes couterait au bas mot 5 milliards de livres supplementaires par an aux Britanniques.
Des incertitudes politiques persistantes
La recomposition du paysage electoral britannique constitue une incertitude majeure. Le parti Reform UK de Nigel Farage a realise une percee historique aux recentes elections locales et arrive en tete des sondages nationaux. Chaque signe d’ouverture de Starmer envers l’UE est qualifie de trahison par l’opposition et les tabloids.
Fragilise par un revers lors des elections locales, Starmer voit son statut discute. La figure montante Wes Streeting a qualifie le Brexit d’erreur catastrophique, et Andy Burnham, vainqueur d’une legislative partielle le 18 juin, est considere comme un favori pour la succession selon The Observer du 21 juin. Dix ans apres le vote, le debat sur le Brexit reste au coeur de la vie politique britannique.
Des consequences economiques contrastees
Sur le plan economique, les consequences du Brexit restent debattues. Plusieurs etudes, relayees par les medias britanniques et europeens, font etat d’une baisse des investissements, d’une chute de la productivite et d’une hausse des couts du commerce avec l’UE. Selon les chiffres compiles par plusieurs sources, les exportations britanniques vers l’UE n’ont pas retrouve leur niveau d’avant le retrait, tandis que l’immigration en provenance des pays tiers a fortement augmente, compensant en partie le depart des travailleurs europeens.