L’Iran a denonce samedi 27 juin une violation flagrante du protocole d’accord conclu avec les Etats-Unis mi-juin, apres de nouvelles frappes americaines sur le sol iranien. C’est la premiere fois que Tehran invoque formellement ce texte depuis sa signature.
Le ministere iranien des Affaires etrangeres a publie un communique dans lequel il accuse Washington d’avoir viole les termes du protocole d’accord signe le 18 juin sous mediation pakistanaise, qui prevoit notamment la reouverture du detroit d’Ormuz et la levee du blocus americain. Selon le texte, les frappes americaines constituent une infraction directe aux engagements pris par les deux parties.
Les Etats-Unis ont mene dans la nuit de vendredi a samedi des frappes aeriennes contre des sites militaires iraniens, en riposte a des tirs de missiles contre des navires americains dans le golfe Persique. L’administration Trump a justifie ces frappes en invoquant le droit a l’autodefense, sans reconnaitre avoir viole l’accord.
Un protocole d’accord fragile
Le protocole d’accord signe le 18 juin a Islamabad avait permis une deescalade significative apres plusieurs semaines de tensions extremes dans la region. Il prevoit la reouverture du detroit d’Ormuz, la levee des sanctions americaines et l’arret des frappes reciproques. Sa signature avait ete saluee par la communaute internationale comme une avancee diplomatique majeure, bien que plusieurs experts aient exprime des doutes sur sa capacite a tenir dans la duree.
La nouvelle escalade remet en question ces garanties. L’Iran a prevenu que toute nouvelle frappe americaine entrainerait une riposte, sans preciser sa nature. Les forces iraniennes ont ete placees en etat d’alerte dans la region du golfe Persique, selon des sources militaires iraniennes.
Reactions internationales
Les Nations unies ont appele les deux parties a la retenue et au respect du protocole d’accord. Le Pakistan, mediateur de l’accord, a propose une nouvelle reunion d’urgence a Islamabad pour tenter de sauver le processus diplomatique. L’Union europeenne a egalement exprime sa profonde inquietude face a cette reprise des hostilites.
Du cote americain, le Congres a ete informe de la situation. Plusieurs elus democrates ont reclame un debat parlementaire sur la poursuite des operations militaires en Iran, tandis que les republicains soutiennent majoritairement la position de l’administration Trump.
Les echanges de tirs surviennent alors que la region du Moyen-Orient connait deja une instabilite chronique, avec la guerre en Ukraine qui mobilise une partie des ressources diplomatiques internationales.
Le protocole d’accord d’Islamabad, negocie sous l’egide du Pakistan, avait ete salue comme une percee historique apres des semaines de tensions qui avaient vu la fermeture du detroit d’Ormuz, le blocage de navires petroliers et des echanges de tires quotidiens entre les forces americaines et iraniennes. Sa signature, le 18 juin, avait entraine la reouverture immediate du detroit et la levee du blocus naval americain.
Cependant, les clauses de l’accord laissaient plusieurs points de contention en suspens, notamment le programme nucleaire iranien et le retrait des forces americaines deployeees dans la region. Les frappes de vendredi soir constituent la premiere violation directe des termes du protocole depuis sa signature, remettant en cause le fragile equilibre diplomatique obtenu a Islamabad.
Le ministere iranien des Affaires etrangeres a indique que Tehran consulterait ses allies avant de decider des prochaines etapes. La Russie et la Chine, proches partenaires de l’Iran, ont appele a une deescalade immediate. La Chine a propose une reunion d’urgence du Conseil de securite de l’ONU pour examiner la situation.
Washington n’a pas officiellement repondu aux accusations iraniennes. Le departement d’Etat americain a indique etudier le communique iranien sans confirmer ni infirmer les faits allegues par Tehran. Le porte-parole du Pentagone a pour sa part reaffirme le droit des Etats-Unis a repondre a toute attaque contre leurs forces.
Dans le golfe Persique, la situation reste tendue. Le detroit d’Ormuz, pour l’instant ouvert, pourrait etre de nouveau ferme si les hostilites s’intensifient, ce qui aurait des consequences immediates sur les cours du petrole mondiaux. Les prix du brut ont deja augmente de 3 % samedi matin sur les marches asiatiques.
