Les plateformes Uber Eats et Deliveroo ont annoncé mercredi 8 juillet qu’elles suspendraient les livraisons dans les départements placés en vigilance rouge canicule par Météo-France. La suspension s’appliquera sur la plage horaire 14h-18h, et non sur l’ensemble de la journée.
Cette décision intervient après une demande formulée vendredi 4 juillet par le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, qui avait appelé les plateformes de livraison à prendre des « mesures » pour protéger leurs livreurs face aux fortes chaleurs. Le ministre avait également annoncé la convocation des responsables et des syndicats des plateformes pour le jeudi 10 juillet.
La France connaît depuis le début de la semaine un épisode de chaleur intense. Mardi 7 juillet, 61 départements avaient été placés en vigilance orange par Météo-France, avec des températures maximales attendues jusqu’à 41 degrés Celsius localement. Le passage en vigilance rouge, qui déclenche la suspension automatique des livraisons, correspond à un niveau de risque plus élevé associé à des températures exceptionnelles sur une durée prolongée. Le plan national canicule, activé chaque année du 1er juin au 15 septembre, prévoit quatre niveaux d’alerte : vert (veille saisonnière), jaune (avertissement chaleur), orange (alerte canicule) et rouge (canicule extrême).
Une suspension limitée aux heures les plus chaudes
Le dispositif ne couvre pas l’intégralité de la journée. Les livraisons reprendront à partir de 18h, y compris si les températures dépassent encore les 40 degrés Celsius. Uber Eats a indiqué que « les créneaux ont été délibérément choisis pour trouver un point d’équilibre entre l’enjeu prioritaire de la sécurité des livreurs tout en limitant l’impact sur les revenus ». Deliveroo n’a pas souhaité faire de commentaire.
Aucun département n’était placé en vigilance rouge mercredi 8 juillet au bulletin de 6h, selon le site de Météo-France. Une nouvelle carte de vigilance actualisée devait être publiée à 16 heures, ce qui pourrait modifier la situation pour la journée du lendemain. Les autorités recommandent aux habitants des zones concernées de limiter les déplacements et les activités physiques aux heures les plus chaudes de la journée. Les personnes fragiles et les jeunes enfants sont particulièrement exposés aux risques liés aux fortes chaleurs.
Aucune compensation financière pour les livreurs
Les livreurs à vélo et à scooter opèrent sous le statut d’autoentrepreneur. Ils ne sont pas considérés comme des salariés, ce qui exclut toute indemnisation au titre du chômage technique. Le ministère du Travail n’a pas annoncé de dispositif de compensation pour les créneaux non travaillés pendant la suspension.
La Fédération nationale des autoentrepreneurs et microentrepreneurs (FNAE) n’avait pas réagi dans l’immédiat à cette annonce. Les syndicats de livreurs, qui dénoncent régulièrement la précarité du statut d’autoentrepreneur dans le secteur de la livraison, seront reçus jeudi par le ministre. En France, plus de 100 000 livreurs exercent pour le compte des plateformes de livraison de repas, selon les données de l’Urssaf pour l’année 2025. La grande majorité d’entre eux utilise un deux-roues motorisé ou un vélo.
La question des conditions de travail des livreurs par forte chaleur n’est pas nouvelle. En juillet 2025, plusieurs plateformes avaient déjà été interpellées après des épisodes caniculaires ayant entraîné des malaises parmi les coursiers dans le Sud-Est. À l’époque, aucune suspension généralisée n’avait été mise en place, les plateformes s’étant contentées de recommandations individuelles envoyées aux livreurs via leur application.
Les autres plateformes de livraison présentes en France, notamment Stuart et Just Eat, n’avaient pas communiqué sur une éventuelle suspension au moment de l’annonce d’Uber Eats et Deliveroo. Le ministère du Travail a précisé que la réunion de jeudi concernerait l’ensemble des acteurs du secteur. Selon la DGCCRF, le non-respect des obligations de sécurité peut entraîner des sanctions administratives à l’encontre des plateformes.
