L’armée américaine a mené une série de « frappes puissantes » contre plus de 80 cibles iraniennes dans le détroit d’Ormuz, en riposte à des attaques contre trois navires commerciaux. Téhéran a promis une riposte et dénoncé une violation du cessez-le-feu.
Des sirènes d’alerte à Bahreïn
Les forces américaines ont lancé mardi 7 juillet une « série de frappes puissantes » contre l’Iran, « en riposte aux attaques iraniennes contre trois navires commerciaux qui transitaient par le détroit d’Ormuz », a annoncé le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X. « L’agression iranienne était injustifiée, dangereuse et constituait une violation flagrante du cessez-le-feu », a ajouté le Centcom. Dans la foulée, les médias iraniens ont fait état d’explosions dans la région. Selon la chaîne d’information IRIB, six explosions ont été entendues sur l’île de Qeshm, sept dans la ville de Sirik et d’autres encore à Bandar Abbas. Les sirènes d’alerte aérienne ont ensuite retenti à Bahreïn, a indiqué le ministère de l’Intérieur local.
Plus de 80 cibles visées par les frappes
L’armée américaine a détaillé les cibles touchées : des systèmes de défense antiaérienne, des réseaux de commandement et de surveillance, des sites de radars côtiers, des capacités de missiles antinavires « et plus de 60 petites embarcations du Corps des Gardiens de la Révolution islamique » dans le détroit et à proximité. Le ministère iranien des Affaires étrangères a affirmé que les États-Unis avaient violé le protocole d’accord signé le 17 juin entre les deux pays et annoncé une riposte. « L’Iran adresse un sérieux avertissement quant aux conséquences de la violation du traité par les États-Unis et prendra des mesures décisives pour protéger ses intérêts et sa sécurité nationale », a déclaré le ministère dans un communiqué publié sur Telegram.
Le Qatar et l’Arabie saoudite montent au créneau
Trois navires ont été frappés en 24 heures dans le détroit d’Ormuz, a rapporté l’agence de sécurité maritime britannique UKMTO. Le Qatar et l’Arabie saoudite ont imputé deux de ces attaques à l’Iran. Riyad a condamné « le ciblage par la République islamique d’Iran du pétrolier saoudien Wedyan » ainsi que celui « du méthanier qatari Al-Rakayyat », dénonçant une atteinte à la sécurité de la navigation internationale et à l’approvisionnement énergétique mondial. De son côté, Doha a convoqué le chargé d’affaires iranien pour protester contre l’attaque visant son méthanier et exiger des explications.
Une trêve de quelques semaines
L’Iran et les États-Unis avaient signé le 17 juin un protocole d’accord pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l’offensive américano-israélienne contre Téhéran. Ce texte prévoit notamment la réouverture du détroit d’Ormuz, par où transitent en temps normal 20 % du brut et du GNL mondial, ainsi que la levée des sanctions américaines sur le pétrole iranien. Mais la trêve n’aura tenu que quelques semaines. Fin juin, après avoir accusé l’Iran d’avoir ciblé deux navires, les États-Unis avaient déjà bombardé le pays, déclenchant une riposte iranienne contre le Koweït et Bahreïn. Washington et Téhéran s’étaient ensuite mis d’accord pour cesser ces hostilités. Cette nouvelle escalade intervient alors que l’Iran organise depuis samedi les funérailles nationales de son guide suprême Ali Khamenei, tué au premier jour de la guerre. Par ailleurs, le site américain Axios a rapporté que l’Iran avait « tiré au moins deux missiles sur des navires commerciaux », citant deux responsables américains, dont un indique qu’un deuxième bateau présente des dégâts importants.
Washington révoque la levée des sanctions
Parallèlement aux frappes, le gouvernement américain a révoqué la levée des sanctions sur le pétrole iranien, a rapporté Le Figaro. Un document publié par le ministère des Finances interdit les « nouvelles transactions » d’hydrocarbures iraniens à compter de mardi. Les États-Unis dénoncent des actions « totalement inacceptables » de Téhéran dans le détroit d’Ormuz. L’Iran exclut pour sa part tout retour à la situation d’avant-guerre, quand le passage du détroit était libre, et menace les navires tentés de contourner le seul itinéraire autorisé le long de ses côtes. Selon l’agence de sécurité maritime britannique UKMTO, les trois navires ciblés n’ont fait ni blessé ni dégât environnemental.
