Le supertyphon Bavi, qualifié de « très dangereux » par les services météorologiques, se dirige vers les territoires américains de Guam et des îles Mariannes du Nord. Des rafales dépassant 280 km/h ont été enregistrées, plaçant l’archipel en état d’alerte maximale.
Le Centre conjoint d’alerte aux typhons (JTWC) a confirmé que Bavi a atteint le statut de « super typhon », catégorie réservée aux cyclones tropicaux dont les vents soutenus dépassent 240 km/h. Selon les dernières observations relayées par plusieurs médias français et internationaux, les rafales les plus violentes ont été mesurées à plus de 310 km/h au cœur du phénomène.
Guam, territoire non incorporé des États-Unis peuplé d’environ 170 000 habitants, et les îles Mariannes du Nord, qui comptent quelque 50 000 résidents, font l’objet d’ordres d’évacuation dans les zones côtières les plus exposées. Les autorités locales ont ouvert des abris d’urgence et demandé à la population de stocker eau et provisions pour plusieurs jours.
Les services météorologiques américains anticipent une montée des eaux potentiellement dévastatrice. Des vagues-submersion de 4 à 6 mètres sont attendues sur les côtes orientales des îles, accompagnées de précipitations torrentielles pouvant atteindre 300 à 500 millimètres en moins de vingt-quatre heures.
La gouverneure de Guam a déclaré l’état d’urgence samedi 4 juillet, mobilisant la Garde nationale et suspendant les liaisons aériennes civiles à destination et au départ de l’aéroport international Antonio-B.-Won-Pat. Les écoles et les administrations resteront fermées jusqu’à nouvel ordre.
Le typhon Bavi s’inscrit dans une saison cyclonique 2026 qualifiée d’« active » par l’Organisation météorologique mondiale (OMM). Les eaux anormalement chaudes du Pacifique occidental, supérieures de 1,5 °C aux normales saisonnières, favorisent l’intensification rapide de ces phénomènes. Ce schéma est cohérent avec les projections du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), qui anticipe une augmentation de la proportion de cyclones de catégorie 4 et 5 dans le Pacifique occidental.
Selon MétéoMédia, la trajectoire du supertyphon pourrait également influencer les régimes météorologiques jusqu’au Québec dans les jours suivants. L’intensité du phénomène devrait toutefois diminuer significativement après son passage sur les terres.
La base navale de Guam, l’une des plus importantes installations militaires américaines du Pacifique, a placé ses effectifs en alerte renforcée. Les navires de guerre ont reçu l’ordre de prendre la mer pour éviter les dommages portuaires, une procédure standard lors des épisodes cycloniques majeurs dans la région.
Les précédents cyclones ayant frappé l’archipel, notamment Pongsona en 2002 et Mawar en 2023, avaient causé des centaines de millions de dollars de dégâts et privé d’électricité l’ensemble de Guam pendant plusieurs semaines. Les infrastructures électriques, en grande partie aériennes, restent le point faible identifié par l’Agence fédérale de gestion des urgences (FEMA), qui a prépositionné des générateurs et du matériel de secours sur l’île de Saipan.
L’Organisation météorologique mondiale suit l’évolution de Bavi en coordination avec les services météorologiques des nations insulaires du Pacifique. Des alertes cycloniques ont également été émises pour les États fédérés de Micronésie et la République des Palaos, situés sur la trajectoire potentielle du typhon avant son arrivée sur Guam.
Le Bureau de la gestion des urgences du Pacifique (PDEM) a activé son centre de coordination régionale à Hawaï, tandis que l’Agence américaine pour le développement international (USAID) a débloqué une première enveloppe d’aide humanitaire d’urgence pour les territoires menacés.
Le centre du typhon devrait passer à proximité immédiate de Guam dans la journée du dimanche 5 juillet, heure locale. Les habitants sont invités à suivre les consignes des autorités et à ne pas sortir pendant le passage du mur de l’œil, moment dangereux où une accalmie trompeuse précède la reprise soudaine des vents les plus violents.
