La motion de censure deposee par les ecologistes contre le gouvernement de Sebastien Lecornu, sur le theme de « l’inaction climatique » et de la gestion de la canicule, a ete rejetee lundi 6 juillet par l’Assemblee nationale. Seuls 132 deputes ont vote en sa faveur, tres loin de la majorite absolue de 289 voix requise pour faire tomber le gouvernement.
Le texte, porte par le parti Les Ecologistes, denoncait l’absence de mesures structurelles face aux episodes de chaleur extreme qui touchent la France. Alors que 16 departements sont places en vigilance orange canicule et que les temperatures doivent s’accentuer en milieu de semaine, la motion visait a engager la responsabilite du gouvernement sur sa politique climatique et sanitaire. Les episodes caniculaires successifs de juin et juillet 2026, avec des temperatures depassant les 40 degres dans le Sud, ont ravive les critiques sur le rythme des investissements dans l’adaptation des infrastructures et du logement. Meteo-France prevoit une aggravation de la situation en milieu de semaine, avec un elargissement de la vigilance orange vers le nord du pays et des pointes a plus de 40 degres attendues dans les regions meridionales, du Roussillon a la Provence et jusqu’au Languedoc.
Vingt deputes socialistes bravent la ligne du groupe
Dans le detail, tous les deputes du groupe La France insoumise (LFI) ont soutenu la motion, ainsi qu’une tres large majorite des deputes ecologistes, sept deputes du groupe GDR (Gauche democrate et republicaine) et deux du groupe Liot (Libertes, independants, outre-mer et territoires). Le principal enseignement du scrutin concerne le Parti socialiste : vingt deputes PS ont vote la censure, bravant ainsi la position fixee par leur groupe, qui avait decide de ne pas soutenir le texte. Le premier secretaire du PS, Olivier Faure, avait lui-meme appele a voter la motion, en contradiction avec la ligne majoritaire du groupe, illustrant les tensions internes au parti sur la strategie d’opposition au gouvernement.
Lecornu denonce une « instrumentalisation » des victimes
Le premier ministre, Sebastien Lecornu, a reagi en accusant les signataires de la motion de censure d' »instrumentaliser les victimes de la canicule ». Il a defendu le bilan de son gouvernement en matiere de prevention des risques climatiques et sanitaires, rappelant le declenchement du plan canicule et la mobilisation des services d’urgence dans les departements concernes. Le chef du gouvernement a egalement mis en avant la mise en place du fonds d’adaptation au changement climatique destine aux collectivites territoriales, ainsi que le renforcement des dispositifs de veille sanitaire estivale et des campagnes d’information aupres des populations vulnerables.
Une motion minoritaire, un gouvernement conforte
Avec seulement 132 voix sur les 289 necessaires, le vote conforte le gouvernement Lecornu a un moment ou la canicule suscite des interrogations sur la preparation du pays. Les ecologistes, par la voix de leur cheffe Marine Tondelier, ont denonce « un rendez-vous manque avec l’histoire climatique » et promis de deposer de nouvelles propositions de loi sur le sujet. Le Parti socialiste sort divise de ce scrutin, une trentaine de ses deputes ayant suivi la ligne officielle du groupe tandis que vingt autres faisaient secession. La question climatique s’annonce comme un terrain de fracture durable au sein de la majorite relative qui soutient le gouvernement. Selon des sources parlementaires, d’autres motions sur le meme theme pourraient etre deposees dans les semaines a venir si les temperatures continuent d’augmenter. Le vote intervient alors que la France connait son deuxieme episode caniculaire en un mois, apres un mois de juin deja marque par des temperatures records et plusieurs records de chaleur nocturne battus dans le Sud-Est, notamment dans le Var et les Alpes-Maritimes ou des records centenaires ont ete enregistres.
