Le Hamas a annoncé lundi 6 juillet la dissolution de son administration qui gouverne la bande de Gaza depuis près de vingt ans, ont indiqué des responsables du mouvement islamiste palestinien.
Une décision annoncée par les responsables du Hamas
Plusieurs responsables du Hamas ont confirmé à l’AFP que le mouvement avait pris la décision de dissoudre le comité gouvernemental de Gaza. « Le mouvement a décidé de dissoudre le comité gouvernemental de Gaza et de nommer une personnalité faisant l’objet d’un consensus national pour superviser les travaux du comité jusqu’à ce que le Comité national pour l’administration de Gaza assume officiellement ses responsabilités », a déclaré un responsable du Hamas, sous couvert d’anonymat, n’étant pas autorisé à s’exprimer publiquement. Les services de presse du gouvernement du Hamas à Gaza ont annoncé une conférence de presse pour plus tard dans la journée de lundi.
Vingt ans de pouvoir dans la bande de Gaza
Le Hamas a pris le contrôle de la bande de Gaza en 2007, à l’issue d’affrontements avec le Fatah, la formation du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, basé à Ramallah, en Cisjordanie occupée. Depuis cette prise de pouvoir, le territoire est soumis à un blocus israélien terrestre, maritime et aérien, et a connu plusieurs conflits armés avec Israël. Le plus meurtrier a été déclenché par l’attaque du Hamas sur le sol israélien le 7 octobre 2023, qui a fait environ 1 200 morts côté israélien, selon les autorités du pays. La campagne militaire israélienne qui a suivi a causé la mort de plusieurs dizaines de milliers de Palestiniens dans la bande de Gaza, selon le ministère de la Santé local.
Quelques mois après le début de cette guerre, le Hamas avait fait savoir qu’il était prêt à se retirer du pouvoir dans la bande de Gaza au profit d’une autre direction palestinienne. Depuis, de nombreux scénarios ont été évoqués sans aboutir sur le terrain. L’un des principaux points d’achoppement reste le désarmement du Hamas, le mouvement affirmant qu’il ne le concédera que dans le cadre d’une initiative politique palestinienne, ce qu’Israël rejette.
Vers une transition technocratique
La dissolution de l’administration du Hamas ouvre la voie au Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG), dirigé par Ali Shaath. Ce comité a été créé par le Conseil de Paix, mis en place par le président américain Donald Trump. Il est toutefois resté bloqué hors de Gaza pendant plusieurs mois, sans pouvoir exercer ses fonctions sur le territoire. La nouvelle donne pourrait permettre au NCAG de prendre en charge la gestion quotidienne du territoire, une évolution saluée par les factions palestiniennes réunies au Caire.
Le Hamas, classé organisation terroriste par Israël, les États-Unis et l’Union européenne, a gouverné Gaza avec une administration civile comprenant des ministères, des forces de sécurité et un système judiciaire. Cette structure était distincte de sa branche armée, les brigades Ezzedine al-Qassam, qui continuent d’opérer militairement. La séparation entre l’appareil administratif et l’aile militaire est l’une des conditions posées par les médiateurs internationaux dans les discussions sur l’avenir du territoire.
Réactions palestiniennes et internationales
Les mouvements palestiniens réunis au Caire ont salué la décision du Hamas, la qualifiant de « mesure sérieuse » permettant au Comité national d’assumer son rôle dans la gouvernance, a déclaré un autre responsable du mouvement islamiste. La décision du Hamas marque un tournant important dans l’organisation politique du territoire, sans que ses conséquences concrètes sur le terrain soient encore connues à ce stade. Le Fatah, qui contrôle l’Autorité palestinienne en Cisjordanie, n’avait pas encore réagi officiellement à cette annonce dans la matinée. Les médiateurs égyptiens et qataris, impliqués dans les négociations depuis des mois, n’ont pas non plus commenté publiquement la décision du Hamas.
