Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, 90 ans, a annoncé lundi 15 juin la tenue d’une élection présidentielle début 2027, par décret publié par l’agence de presse officielle Wafa. Le dirigeant, au pouvoir depuis son élection en janvier 2005, n’a pas précisé s’il serait candidat à sa succession.
Cette annonce intervient après plus de vingt et un ans de mandat sans scrutin présidentiel. Élu en 2005 après le décès de Yasser Arafat, premier président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas n’a depuis jamais organisé de nouvelle élection. Son mandat initial de quatre ans est théoriquement expiré depuis 2009, et l’absence de processus électoral est régulièrement dénoncée par les organisations internationales et une partie de la société civile palestinienne.
Un décret publié par l’agence Wafa
Le décret présidentiel diffusé le 15 juin par Wafa, l’agence de presse officielle palestinienne, fixe la présidentielle au début de l’année 2027, sans préciser de date ni de calendrier électoral détaillé. Aucune information n’a été communiquée sur les modalités d’organisation du scrutin ni sur les conditions de participation des formations politiques.
Le même décret prévoit la tenue d’élections législatives. Selon plusieurs médias internationaux, ce scrutin serait programmé pour novembre 2026. Les dernières élections législatives en Palestine remontent à janvier 2006, scrutin marqué par la victoire du Hamas, qui avait obtenu 74 des 132 sièges du Conseil législatif palestinien.
Un contexte politique divisé
L’Autorité palestinienne reste profondément divisée depuis 2007, année où le Hamas a pris le contrôle de la bande de Gaza après des affrontements armés avec le Fatah, le parti de Mahmoud Abbas. Le Conseil législatif palestinien est largement inactif depuis cette rupture. Les multiples tentatives de réconciliation entre les deux principales factions palestiniennes, notamment sous l’égide de l’Égypte et du Qatar, n’ont pas abouti à un accord durable.
Sur le plan international, les États-Unis et l’Union européenne appellent régulièrement à la tenue d’élections libres et transparentes dans les Territoires palestiniens. L’annonce de lundi intervient dans un contexte de pressions diplomatiques renouvelées pour un renouvellement démocratique des institutions, alors que la légitimité de l’Autorité palestinienne est questionnée par une partie de la population.
Un scepticisme persistant
Plusieurs responsables et observateurs palestiniens expriment leur doute quant à la tenue effective du scrutin. En 2021, Mahmoud Abbas avait déjà annoncé des élections présidentielle et législatives, avant de les reporter sine die en invoquant le refus d’Israël d’autoriser le vote à Jérusalem-Est. Aucune garantie n’a été fournie cette fois-ci sur la résolution de cet obstacle, qui avait été déterminant dans l’annulation du précédent processus électoral.
Âgé de 90 ans, Mahmoud Abbas dirige l’Autorité palestinienne depuis deux décennies. Le décret du 15 juin ne mentionne aucun successeur potentiel et laisse ouverte la question de sa propre candidature. Le scrutin de 2027, s’il a lieu, serait le premier depuis l’élection qui l’a porté au pouvoir il y a plus de vingt et un ans.
