Les controles aux frontieres dans les aeroports europeens provoquent des files d’attente pouvant atteindre cinq heures aux heures de pointe, selon les professionnels du transport aerien. La Commission europeenne a reconnu l’existence de problemes et assure que des solutions seront trouvees.
Lancé a l’automne 2025, le systeme EES (Entry/Exit System) remplace le tampon manuel sur le passeport par un enregistrement numerique des donnees biometriques et des dates d’entree et de sortie des voyageurs non europeens. En pratique, le dispositif vise a renforcer le controle des frontieres exterieures de l’Union europeenne.
Dans une lettre adressee a Bruxelles cette semaine, les transporteurs aeriens et les gestionnaires d’aeroports europeens denoncent des conditions devenues intenables. « Les files d’attente aux frontieres peuvent desormais atteindre jusqu’a cinq heures aux heures de pointe », ecrivent-ils dans un courrier transmis a la commissaire europeenne aux Affaires interieures. « Les passagers ont deja ete contraints de faire la queue de longues heures a l’exterieur des terminaux et sur les tarmacs », ajoutent-ils, citant egalement des avions ayant decolle avec des sieges vides faute de passagers ayant pu passer les controles a temps.
Un systeme critique pour Bruxelles
Interrogee sur ces difficultes, la Commission europeenne a reconnu des « problemes » tout en reaffirmant l’importance du systeme pour la securite des frontieres. Bruxelles souligne que les Etats membres et les aeroports ont eu plusieurs mois pour se preparer a ce nouveau dispositif avant son lancement. « S’ils ne sont pas contents, ils n’avaient qu’a mieux se preparer », a fait valoir un porte-parole de la Commission, cité par plusieurs medias europeens. Selon le courrier consulte par l’AFP, pres de 80% des aeroports europeens concernes signalent des retards significatifs.
Selon les donnees fournies par l’UE, plus de 108 millions de personnes sont deja entrees ou sorties du territoire europeen via le systeme EES depuis son deploiement. Durant la meme periode, pres de 44 000 personnes ont ete interdites d’entree, principalement faute de « motif valable » justifiant leur sejour. La Commission considere que ces chiffres demontrent l’utilite du dispositif pour le controle migratoire.
Aeroports et compagnies reclament des mesures
Le secteur aerien reclame une suspension temporaire du dispositif ou un allegerement des procedures aux heures de pointe, en particulier pendant la saison estivale ou le trafic atteint son maximum. La Commission s’est dite prete a « redoubler d’efforts » pour resoudre les difficultes techniques et organisationnelles signalees par les transporteurs et les aeroports.
Les professionnels du secteur pointent notamment des problemes de bornes automatiques insuffisantes, de temps d’enregistrement plus longs que prevu pour chaque passager, et de personnels frontaliers en nombre insuffisant dans plusieurs Etats membres. A Lisbonne, 48 agents de la police de securite publique ont ete deployes en renfort a l’aeroport pour tenter de reduire les files d’attente. A Bruxelles, les gestionnaires de l’aeroport ont prevenu que la situation pourrait encore se degrader avec l’arrivee de 5 millions de passagers attendus cet ete.
Un debut d’ete sous tension
L’arrivee de la saison estivale exacerbe les tensions autour du dispositif. Avec l’augmentation du trafic aerien, les aeroports les plus frequentés d’Europe, notamment ceux de Rome, Paris, Amsterdam et Lisbonne, sont particulierement touches. Les compagnies aeriennes redoutent des retards en cascade et des correspondances manquees pour des millions de passagers dans les prochaines semaines.
Bruxelles a promis de travailler avec les Etats membres pour ameliorer la situation, sans envisager pour l’instant une suspension du systeme. Le commissaire europeen charge des migrations a declare que le dispositif EES est « un outil indispensable pour la securite europeenne » et qu’il n’est « pas question de revenir en arriere ». La Commission doit presenter dans les prochains jours un plan d’action pour reduire les temps d’attente, comprenant notamment le deploiement de bornes supplementaires et l’optimisation des procedures dans les aeroports les plus congestionnes.
