Jusqu’à cinq heures d’attente aux contrôles aux frontières dans certains aéroports européens : le nouveau système automatisé EES, déployé à l’automne 2025, suscite la colère des transporteurs aériens et des gestionnaires d’aéroports, qui dénoncent une « pression insoutenable » en pleine saison estivale.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a reconnu des « problèmes » lors d’une conférence de presse en Irlande. « Nous travaillons avec les États membres pour que ces problèmes techniques soient résolus », a-t-elle déclaré, admettant qu’il y avait « encore beaucoup à faire » pour mettre fin aux difficultés rencontrées par les voyageurs.
Le nouveau système EES (Entry/Exit System) remplace le tampon manuel sur le passeport par un enregistrement numérique des données biométriques et des dates d’entrée et de sortie des voyageurs non européens. Selon les autorités européennes, il vise à mieux contrôler les dépassements de séjour et les refus d’entrée sur le territoire de l’UE.
Jusqu’à cinq heures d’attente aux heures de pointe
Dans une lettre adressée à Bruxelles cette semaine, les aéroports et compagnies aériennes européennes décrivent des files d’attente « pouvant désormais atteindre jusqu’à cinq heures aux heures de pointe ». Les professionnels du transport alertent sur des passagers contraints d’attendre « de longues heures à l’extérieur des terminaux et sur des aires de stationnement, car les services de contrôle aux frontières ne parviennent pas à traiter les arrivées assez rapidement ».
La situation est particulièrement tendue en cette période de vacances estivales, où le trafic aérien atteint son pic annuel. De nombreuses vidéos circulent sur les réseaux sociaux montrant des passagers bloqués dans des files d’attente interminables dans plusieurs aéroports du continent. Des voyageurs en provenance des États-Unis, du Canada ou d’Asie sont particulièrement concernés par ces nouvelles procédures.
Le déploiement du système EES, qui concerne l’ensemble des voyageurs non européens entrant dans l’espace Schengen, a débuté à l’automne 2025. Il impose aux passagers de scanner leurs données biométriques (empreintes digitales et photographie) avant de passer la frontière, une opération plus longue que le simple tampon manuel précédent. Les aéroports concernés signalent des goulets d’étranglement aux points d’entrée, en particulier dans les terminaux où l’infrastructure n’a pas été adaptée au nouveau système.
Plusieurs compagnies aériennes, dont Ryanair et EasyJet, ont appelé à une suspension temporaire du dispositif, estimant que les problèmes techniques et organisationnels n’ont pas été résolus avant le début de la saison estivale. La compagnie irlandaise Ryanair a dénoncé des retards « inacceptables » qui entraînent des départs d’avions « à moitié vides », les passagers étant bloqués aux contrôles alors que l’embarquement est terminé.
Bruxelles défend un dispositif « clé »
De son côté, Bruxelles rétorque que ce système est « nécessaire » pour renforcer le contrôle aux frontières extérieures de l’UE. Les instances européennes soulignent également que les États membres et les gestionnaires d’aéroports ont eu plusieurs mois pour se préparer à ce nouveau dispositif avant son déploiement, et qu’ils disposaient d’un calendrier connu depuis l’adoption du règlement.
La Commission européenne a indiqué travailler avec les États membres pour résoudre les difficultés techniques, sans évoquer de calendrier précis. Le secteur aérien réclame quant à lui des mesures d’urgence avant le pic d’affluence des mois d’août et septembre, alors que la pression sur les aéroports européens devrait encore s’intensifier.
Selon les professionnels du transport, ce système est entré en vigueur à un moment où le trafic aérien européen retrouve des niveaux records, porté par la reprise post-pandémique et la saison touristique. L’Association internationale du transport aérien (IATA) a estimé que les retards aux frontières pourraient avoir un impact économique significatif si aucune solution n’est trouvée avant le pic de la saison.
