Cuba a été frappée lundi 6 juillet par une nouvelle panne électrique générale, la troisième en moins de six mois et la huitième depuis fin 2024, a annoncé la compagnie nationale d’électricité. Le réseau électrique était en cours de rétablissement mardi matin.
« Il s’est produit une déconnexion totale du système électro-énergétique national », a indiqué l’Union électrique (UNE), la compagnie nationale d’électricité cubaine. La panne est survenue dans un contexte de crise énergétique aiguë, alors que les États-Unis maintiennent un blocus pétrolier strict sur l’île depuis le début de l’année. Le système électrique cubain, qui dépend à plus de 70 % de centrales thermiques alimentées au fioul importé, n’a pas été en mesure de maintenir la charge face à la raréfaction des approvisionnements.
L’administration Trump a renforcé les sanctions en mai 2026, interdisant à tout navire transportant du pétrole à destination de Cuba d’accéder aux eaux territoriales américaines. Cette mesure a privé l’île de la majeure partie de ses approvisionnements en combustible, paralysé son parc de centrales thermiques et entraîné des coupures de courant répétées qui affectent l’ensemble de la population cubaine, estimée à onze millions d’habitants.
Troisième panne générale depuis janvier
Selon les données compilées par plusieurs médias internationaux, dont Le Figaro et BFM, il s’agit de la troisième panne électrique générale que connaît Cuba depuis le début de l’année 2026, et de la huitième depuis la fin de l’année 2024. Les précédentes pannes étaient survenues en mars et en mai 2026, chacune ayant nécessité plusieurs jours pour un rétablissement complet du fait de la pénurie de pièces détachées et de combustible.
La Havane et les principales villes du pays ont été plongées dans le noir pendant plusieurs heures, provoquant des perturbations dans les hôpitaux, les services d’eau potable et les réseaux de télécommunication. Les autorités cubaines ont activé des génératrices de secours dans les établissements de santé et les centres de commandement afin de maintenir les services vitaux. Les écoles et les administrations publiques ont été fermées dans plusieurs provinces.
Rétablissement progressif du réseau
Dans la soirée de lundi, les équipes techniques de l’UNE ont commencé à rétablir le courant par secteurs, en priorité à La Havane et dans les zones abritant les infrastructures critiques. Selon des informations rapportées par plusieurs médias, dont La Presse (Canada) et Zonebourse, la capitale cubaine a été partiellement réalimentée dès la nuit de lundi à mardi. Le processus de rétablissement de l’ensemble du réseau national devait se poursuivre dans la journée de mardi 7 juillet.
Le gouvernement cubain, dirigé par Miguel Díaz-Canel, a dénoncé une « guerre économique » menée par les États-Unis et réaffirmé sa volonté de maintenir la stabilité du pays malgré la pénurie de carburant. La communauté internationale, par la voix de l’Organisation des Nations unies et de l’Organisation mondiale de la santé, s’est déclarée préoccupée par les conséquences humanitaires de la crise énergétique cubaine, qui aggrave les conditions de vie d’une population déjà confrontée à des pénuries alimentaires et médicales. Selon l’Organisation mondiale de la santé, la situation sanitaire de l’île, privée de nombreux médicaments et équipements en raison de l’embargo, est devenue profondément préoccupante, qui aggrave les conditions de vie d’une population déjà confrontée à des pénuries alimentaires et médicales.
De son côté, Washington a justifié le maintien du blocus pétrolier par la nécessité de faire pression sur le régime cubain en matière de droits de l’homme et de démocratie. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a réaffirmé que les sanctions ne seraient levées qu’en cas de « changements significatifs » dans la gouvernance de l’île. Cuba, de son côté, continue de recevoir un soutien diplomatique de la part de la Chine et de la Russie, qui ont dénoncé à l’ONU ce qu’elles qualifient de mesures coercitives unilatérales illégales au regard du droit international.
