L’Iran a annoncé dimanche 12 juillet la fermeture du détroit d’Ormuz « jusqu’à nouvel ordre », après avoir tiré sur un navire dans cette voie maritime stratégique. Les États-Unis ont mené dans la nuit des frappes massives contre l’Iran, visant environ 140 cibles, selon l’armée américaine.
Le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (IRGC) a annoncé la fermeture de ce passage stratégique par lequel transite près d’un tiers du pétrole mondial. L’annonce intervient après des tirs iraniens contre un navire traversant le détroit, dont les circonstances exactes n’ont pas été précisées de manière indépendante. Plusieurs explosions ont été signalées dans des pays du Golfe, selon des témoignages relayés par des médias locaux.
En réponse, l’armée américaine a mené des frappes « puissantes » contre des cibles iraniennes. Le Pentagone a confirmé avoir visé environ 140 sites sur le territoire iranien. Des frappes ont également touché des positions iraniennes au Koweït et à Bahreïn, selon des sources concordantes.
Une voie maritime stratégique pour l’économie mondiale
Le détroit d’Ormuz, large d’environ 33 kilomètres à son point le plus étroit, relie le golfe Persique au golfe d’Oman. Il constitue un point de passage obligé pour le pétrole brut en provenance d’Arabie saoudite, d’Irak, du Koweït, des Émirats arabes unis et de l’Iran lui-même. Selon l’Agence internationale de l’énergie, environ 20 millions de barils de pétrole transitent chaque jour par ce détroit, soit près de 30% du trafic maritime pétrolier mondial. Le gaz naturel liquéfié du Qatar transite également par cette voie. Les pays asiatiques comme le Japon, la Corée du Sud et l’Inde sont particulièrement dépendants de ce passage pour leur approvisionnement énergétique.
La fermeture annoncée par Téhéran fait craindre une flambée des prix du pétrole sur les marchés mondiaux. Les cours du brut ont déjà augmenté à l’ouverture des marchés asiatiques, ont rapporté plusieurs agences de presse, dont Reuters et l’AFP. Les analystes redoutent des conséquences économiques mondiales si la fermeture se prolonge, le détroit étant un goulet d’étranglement pour l’approvisionnement énergétique de nombreux pays, dont les membres de l’Union européenne.
Une escalade après des mois de tensions
Les relations entre Washington et Téhéran se sont détériorées après l’échec de l’accord de cessez-le-feu signé en juin 2026. Chaque camp accuse l’autre d’avoir violé les termes de cet accord qui devait garantir la libre circulation dans le détroit d’Ormuz. L’administration Trump a intensifié ses frappes contre les installations militaires iraniennes ces dernières semaines, tandis que l’Iran a multiplié les attaques contre des navires commerciaux dans le golfe Persique.
Cette nouvelle fermeture intervient après des mois de tensions croissantes au Moyen-Orient. L’Iran avait déjà fermé le détroit à plusieurs reprises depuis le début des hostilités, la dernière fois au début du mois de juillet, provoquant des perturbations sur les marchés pétroliers. La communauté de renseignement américaine a estimé que l’Iran disposait de missiles antinavires capables de menacer tout trafic traversant le détroit.
La communauté internationale appelle à la désescalade
Plusieurs pays du Golfe, dont les Émirats arabes unis et Bahreïn, ont été visés par des tirs iraniens, selon des informations concordantes de plusieurs médias français et internationaux. L’ONU a exhorté les deux parties à reprendre les négociations, selon une déclaration citée par l’agence Reuters. Le secrétaire général des Nations unies doit réunir le Conseil de sécurité en urgence, ont indiqué des sources diplomatiques citées par France 24 et confirmé par plusieurs médias.
Les pays européens ont appelé à une désescalade immédiate. La France et l’Allemagne ont demandé la réouverture du détroit et la reprise du dialogue, selon des communiqués officiels relayés par l’AFP. L’Union européenne a proposé une médiation entre les parties pour tenter de sortir de cette nouvelle impasse diplomatique. Les Bourses européennes ont ouvert en baisse lundi 13 juillet, les marchés financiers intégrant le risque d’une perturbation prolongée du trafic pétrolier.
