L’Iran a confirmé jeudi 11 juin la fermeture totale du détroit d’Ormuz « jusqu’à nouvel ordre », en riposte à une nouvelle vague de frappes américaines menées dans la nuit. Téhéran juge le cessez-le-feu du 8 avril « pratiquement dénué de sens ».
De nouvelles frappes américaines nocturnes
Dans la nuit du 10 au 11 juin 2026, le commandement central américain (Centcom) a lancé de nouvelles frappes qualifiées de « défensives » contre des installations de surveillance militaire, des systèmes de communication et des sites de défense aérienne en Iran. Des explosions ont été signalées dans le sud-ouest du pays ainsi que dans la province de Téhéran.
L’agence Fars a fait état de trois blessés dans les localités de Karaj, Nazarabad et Pishva, situées dans la région de la capitale iranienne. Ces frappes surviennent au lendemain de la destruction d’un hélicoptère américain au-dessus du détroit d’Ormuz, que Washington attribue à Téhéran.
Une riposte iranienne sur trois pays
En représailles, les Gardiens de la Révolution iraniens ont annoncé avoir mené « deux vagues d’opérations » contre des bases abritant des forces américaines au Koweït, à Bahreïn et en Jordanie. Dix-huit cibles ont été touchées selon l’agence Irna, citant le corps d’élite iranien.
Au Koweït, les bases aériennes d’Ali al-Salem et d’Ahmad al-Jaber ont été visées, entraînant la fermeture temporaire de l’espace aérien koweïtien. À Bahreïn, où se trouve le quartier général de la 5e flotte américaine, une enfant de 11 ans a été légèrement blessée après la chute de débris de missiles interceptés. Des véhicules ont pris feu et des habitations ont été endommagées à Madinat Hamad et dans la capitale Manama.
La Jordanie a de son côté intercepté vingt missiles iraniens tirés en direction de la base aérienne d’Al-Azraq, située à 80 kilomètres à l’est d’Amman. Aucune victime ni dégât matériel n’a été signalé par les autorités jordaniennes.
Le détroit d’Ormuz totalement fermé
L’Autorité du détroit du Golfe Persique, un organisme iranien créé récemment, a officialisé la fermeture dans un message publié sur le réseau social X : « Compte tenu des tensions provoquées par l’agression des forces américaines dans la région, le détroit d’Ormuz restera fermé jusqu’à nouvel ordre. »
Depuis le début du conflit le 28 février 2026, l’Iran bloquait déjà partiellement le passage mais autorisait quotidiennement le transit d’une vingtaine de navires. La fermeture est désormais totale, selon l’état-major iranien, qui a déclaré : « Tout navire transitant par le détroit d’Ormuz sera pris pour cible. » Le Centcom américain a immédiatement démenti cette affirmation, assurant que « les navires commerciaux continuent de transiter par le détroit d’Ormuz ce soir. »
Trois marins indiens tués
Le bilan humain s’est alourdi avec la confirmation de la mort de trois marins indiens, initialement portés disparus après une frappe de l’armée américaine contre le pétrolier MT Settebello, battant pavillon des Îles Palau, au large d’Oman. Le navire était soupçonné par Washington d’exporter du pétrole iranien en contournant le blocus. L’Inde a convoqué le chargé d’affaires américain à New Delhi pour une « vive protestation ».
La communauté internationale appelle à la désescalade
La Chine a exhorté les parties à cesser « immédiatement » leurs opérations militaires et à revenir au dialogue. La Russie a mis en garde contre des « conséquences négatives pour l’économie mondiale ». L’Arabie saoudite, tout en condamnant les frappes iraniennes contre ses voisins du Golfe, a appelé à poursuivre la médiation pakistanaise. Le Pakistan a déploré l’escalade tout en confirmant la poursuite de ses efforts de médiation.
Les négociateurs qataris, qui tentaient de rapprocher les positions entre Téhéran et Washington, ont quitté la capitale iranienne jeudi matin, selon une source diplomatique.
Le conflit entre les États-Unis et l’Iran, déclenché le 28 février 2026, avait connu une accalmie avec un cessez-le-feu conclu le 8 avril, désormais jugé « pratiquement dénué de sens » par le ministère iranien des Affaires étrangères.
