L’Iran a annoncé samedi 20 juin la fermeture au trafic maritime du détroit d’Ormuz, en représailles aux attaques israéliennes meurtrières au Liban. Téhéran assure ne pas vouloir rompre les discussions en vue d’un accord définitif sur le conflit au Moyen-Orient, dont des pourparlers techniques débutent dimanche en Suisse.
Le commandement central de l’armée iranienne a qualifié cette décision de « première mesure en réponse à la violation des engagements par l’ennemi », selon une déclaration rapportée par l’AFP. Il a également évoqué « d’autres mesures » pour « contraindre l’ennemi à respecter ses obligations » dans le cadre du protocole d’accord irano-américain signé mercredi 17 juin, en marge du sommet du G7 à Évian, où était présent le président Donald Trump.
L’Iran avait déjà verrouillé ce passage stratégique au début du conflit, provoquant un emballement des prix de l’énergie. Le détroit d’Ormuz, large d’une trentaine de kilomètres à son point le plus étroit, relie le golfe Persique au golfe d’Oman. Par cette voie transitent environ 20 % des hydrocarbures mondiaux, selon les données du département américain de l’Énergie, ce qui en fait l’un des passages maritimes les plus stratégiques de la planète.
55 navires ont traversé samedi sans incident
Dans une première réaction, le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a indiqué que ses forces demeuraient « positionnées » dans la région pour assurer la liberté de navigation. Selon le Centcom, les traversées du détroit d’Ormuz ont persisté de manière sûre samedi, avec le passage de 55 navires marchands, dont des pétroliers et des porte-conteneurs, sans incident signalé.
Israël a poursuivi ses frappes au Liban vendredi et samedi, faisant au moins dix-huit morts selon des bilans locaux rapportés par l’AFP, malgré la signature du protocole d’accord entre Washington et Téhéran. Ces frappes ont directement motivé la nouvelle fermeture annoncée par l’Iran.
Des pourparlers techniques à Bürgenstock
Pour autant, Téhéran affirme ne pas vouloir rompre le fil diplomatique. Les pourparlers en vue d’un accord définitif sur la fin du conflit au Moyen-Orient doivent débuter dimanche 21 juin à Bürgenstock, près du lac de Lucerne, en Suisse, en présence de représentants du Qatar et du Pakistan, pays médiateurs. Islamabad a confirmé la tenue de ces « pourparlers techniques », qui font suite aux discussions ayant abouti à la signature du protocole d’accord mercredi dernier.
Selon le vice-président américain JD Vance, l’émissaire américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, et le gendre du président Donald Trump, Jared Kushner, se trouvent déjà en Suisse afin de « gérer certains des éléments techniques de cette négociation ». JD Vance a déclaré samedi à la chaîne Fox News s’attendre à partir « dans les prochains jours », ajoutant que « les Qataris et les Pakistanais veulent faire ça de la bonne manière » et qu’il essayait « d’être respectueux » de leur calendrier diplomatique.
Le protocole d’accord, signé à distance entre Donald Trump et les autorités iraniennes mercredi 17 juin à Versailles, prévoit le lancement de tractations d’une durée de soixante jours centrées sur le programme nucléaire iranien. L’objectif est de parvenir à un accord final qui mettrait un terme à l’escalade militaire régionale. Le texte prévoit également la levée progressive de certaines sanctions américaines, dont la portée exacte n’a pas été détaillée par les parties.
La fermeture du détroit d’Ormuz intervient alors que les prix du pétrole restent sous pression sur les marchés internationaux, les investisseurs suivant de près chaque évolution du conflit au Moyen-Orient. Le baril de Brent s’échangeait autour de 87 dollars vendredi, dans un marché déjà tendu par les perturbations des routes maritimes en mer Rouge et les incertitudes pesant sur l’offre iranienne.
