Le journaliste franco-marocain Ali Lmrabet, 66 ans, a ete remis en liberte mercredi 15 juillet a Casablanca, apres trois jours de garde a vue. L’enquete pour diffamation et « diffusion de fausses informations » se poursuit.
Ali Lmrabet a ete interpelle dimanche 12 juillet a l’aeroport de Tanger, a son arrivee d’Espagne ou il reside a Barcelone. Il a ete transfere a Casablanca pour etre entendu par le parquet. Selon le ministere public marocain, les charges retenues portent sur des publications en ligne comportant des propos diffamatoires et injurieux a l’encontre de personnes et d’institutions, ainsi que des atteintes aux institutions.
Le parquet a ordonne sa remise en liberte apres examen du dossier, tout en precisant que l’enquete se poursuit dans l’attente de conclusions et d’expertises techniques, a rapporte l’agence de presse officielle marocaine. Deux ordinateurs, une cle USB et un telephone portable avaient ete saisis lors de l’arrestation; ces equipements ont ete restitues lors de sa liberation.
Plusieurs organisations de defense de la presse ont appele a sa liberation immediate. Reporters sans frontieres (RSF), le Committee to Protect Journalists (CPJ) et la Federation internationale des journalistes (FIJ) ont denonce une atteinte a la liberte de la presse. Le Maroc occupe la 120e place sur 180 pays au classement mondial de la liberte de la presse 2025 etabli par RSF.
Ali Lmrabet n’en est pas a son premier conflit avec les autorites marocaines. Il avait ete condamne en 2003 pour « outrage au roi » et ses hebdomadaires Demain Magazine et Doumane avaient ete interdits. Il a ete interdit d’exercer le journalisme au Maroc pendant dix ans, d’avril 2005 a avril 2015, a la suite d’une condamnation pour diffamation.
Residant a Barcelone depuis plusieurs annees, il ne s’etait plus rendu au Maroc depuis la mort de son pere. Son interpellation et sa remise en liberte dans le cadre d’une enquete en cours interviennent dans un contexte de tensions recurrentes entre les autorites marocaines et les voix critiques de la presse.
L’arrestation de M. Lmrabet avait suscite une mobilisation rapide des organisations de defense de la presse. Le CPJ a publie un communique exprimant son inquietude et soulignant l’historique de poursuites judiciaires visant le journaliste. La FIJ a rappele que les accusations pour diffamation sont frequemment utilisees pour museler les voix critiques dans plusieurs pays.
Plusieurs affaires recentes ont alimente les critiques internationales a l’encontre du royaume. Les accusations de diffamation et de diffusion de fausses informations constituent des leviers juridiques regulierement mobilises contre les voix dissidentes, selon les ONG. Le Maroc a ete regulierement interpelle par des organisations de defense des droits de l’homme sur la situation de la liberte de la presse.
Le cas Lmrabet resonne particulierement en France en raison de la double nationalite du journaliste. L’arrestation d’un binational franco-marocain pour des propos critiques pose la question de la protection des journalistes exerçant depuis l’etranger. La France n’a pas officiellement commente l’affaire a ce stade.
Les chefs d’accusation retenus contre M. Lmrabet incluent la diffusion de fausses informations, l’atteinte aux institutions et des propos diffamatoires a l’encontre de personnes et d’institutions marocaines, selon les elements transmis par le parquet. Le journaliste avait ete place en garde a vue pendant trois jours, une duree prolongee de 24 heures par decision judiciaire, avant d’etre defere devant le parquet mercredi.
Selon le classement 2025 de Reporters sans frontieres, le Maroc se situe au 120e rang mondial sur 180 pays en matiere de liberte de la presse. L’organisation pointe regulierement les poursuites judiciaires, les intimidations et les restrictions visant les journalistes critiques dans le royaume. Plusieurs correspondants de medias internationaux ont fait l’objet de mesures similaires ces dernieres annees.
