Toronto suffoque. La métropole canadienne affichait mercredi 16 juillet la pire qualité de l’air au monde, selon les classements internationaux. Les fumées des incendies de forêt plongent la ville dans un brouillard jaunâtre et toxique. Les autorités sanitaires recommandent aux habitants de limiter leurs déplacements et de porter un masque à l’extérieur.
796 incendies actifs sur tout le territoire
Le Canada fait face à une saison des feux de forêt particulièrement précoce et intense. Selon les services forestiers nationaux, 796 incendies étaient actifs mercredi sur l’ensemble du territoire, dont 148 rien qu’en Ontario. Les provinces de l’Ontario et du Québec ont décrété l’état d’urgence. Plus de 20 000 personnes ont été évacuées, principalement dans le nord-ouest de l’Ontario où les flammes menacent directement les communautés.
Des scènes qualifiées d’apocalyptiques par les médias locaux se déroulent dans cette région. Un train de passagers s’est retrouvé encerclé par les flammes, les voyageurs décrivant un ciel rouge et une chaleur insoutenable. Les services de secours ont évacué les passagers avant que le feu n’atteigne le convoi. Dans plusieurs localités isolées, les évacuations se font par voie terrestre et aérienne, les routes étant coupées par l’avancée rapide du front de flammes.
Toronto en tête des villes les plus polluées du monde
La fumée des incendies a provoqué une dégradation sévère de la qualité de l’air dans plusieurs grandes villes canadiennes. Toronto arrive en tête du classement mondial avec un indice dépassant 250, seuil considéré comme très dangereux pour la santé. Les hôpitaux de la ville rapportent une augmentation des consultations pour problèmes respiratoires, notamment chez les personnes âgées et les enfants. Montréal est également touchée, ainsi que plusieurs localités du Québec et des provinces de l’Ouest.
Les autorités météorologiques canadiennes ont émis des avertissements dans cinq provinces. La fumée se propage également vers les États-Unis, où des alertes ont été lancées dans l’État de New York. Selon les experts, la saison des feux de forêt 2026 s’annonce comme l’une des plus destructrices jamais enregistrées. Le bilan humain et matériel reste difficile à établir tant que les foyers ne sont pas maîtrisés.
L’armée canadienne mobilisée
La première ministre de l’Ontario a appelé le gouvernement fédéral à déployer des moyens supplémentaires. L’armée canadienne a été mobilisée pour soutenir les pompiers dans les zones les plus touchées. Des renforts en provenance des autres provinces et des États-Unis sont attendus dans les prochains jours. Des avions bombardiers d’eau et des hélicoptères militaires sont déployés pour tenter de ralentir la progression des incendies les plus menaçants. Selon les services météorologiques, des pluies sont prévues dans plusieurs régions touchées, ce qui pourrait offrir un répit temporaire sans toutefois suffire à éteindre les foyers les plus importants.
Des conditions météorologiques extrêmes
Les incendies sont alimentés par une vague de chaleur exceptionnelle qui frappe le Canada depuis plusieurs semaines. Les températures dépassent régulièrement les 35 degrés dans le sud du pays, aggravant la sécheresse des sols et des forêts. Les scientifiques alertent sur le lien entre le changement climatique et l’intensification des saisons des feux en Amérique du Nord. La multiplication des épisodes caniculaires et la réduction des précipitations estivales créent des conditions propices à des incendies plus fréquents et plus violents.
En 2025, le Canada avait déjà connu une saison des incendies dévastatrice, avec près de 15 millions d’hectares brûlés. L’année 2026 semble suivre une trajectoire similaire, les feux débutant plus tôt et s’étendant plus au nord que la moyenne historique. La mobilisation des autorités fédérales et provinciales reste totale face à une situation qui pourrait encore s’aggraver dans les semaines à venir. Le gouvernement Trudeau a promis une aide financière d’urgence aux provinces les plus touchées.
