Les grandes banques de Wall Street ont publié des bénéfices records au deuxième trimestre 2026, portées par une volatilité exceptionnelle des marchés et une vague de fusions-acquisitions sans précédent. Bank of America, Morgan Stanley et Citigroup ont toutes dépassé les attentes des analystes.
Bank of America a annoncé mardi 15 juillet un résultat net de 9,1 milliards de dollars (8,3 milliards d’euros) au deuxième trimestre, contre 7,2 milliards un an plus tôt. Le bénéfice par action de 1,21 dollar a surpassé le consensus des analystes, qui tablaient sur 1,13 dollar, selon les données compilées par LSEG. Le chiffre d’affaires lié aux opérations de trading a bondi de 33 %, atteignant un record de 7,1 milliards de dollars, dont 3,6 milliards issus des activités sur actions, en hausse de 70 %.
Morgan Stanley a de son côté dépassé les estimations de Wall Street avec un chiffre d’affaires record. La banque d’investissement a vu ses revenus bondir de 58 % à 2,44 milliards de dollars, stimulés par les introductions en Bourse et les conseils en fusions-acquisitions. Le volume mondial des opérations de fusion-acquisition a atteint 2 800 milliards de dollars au premier semestre 2026, un record historique depuis le début des relevés de LSEG en 1980, selon les données communiquées par l’établissement.
Citigroup a publié son chiffre d’affaires le plus élevé depuis dix ans, soutenu par des revenus de négociation solides et des commissions importantes issues de la banque d’investissement. La banque a notamment conseillé l’introduction en Bourse record de SpaceX, d’un montant de 75 milliards de dollars, ainsi que le regroupement des activités alimentaires d’Unilever et de McCormick, valorisé 44,8 milliards de dollars. Les revenus de la banque d’investissement de Citi ont progressé de 44 % à 1,55 milliard de dollars.
Les résultats exceptionnels s’expliquent par plusieurs facteurs convergents. La volatilité liée aux tensions entre les États-Unis et l’Iran a poussé les investisseurs à remanier leurs portefeuilles, générant des volumes de trading records. Parallèlement, l’assouplissement de la réglementation sous l’administration Trump a renforcé la confiance des directions dans les opérations de croissance externe, tandis que la ruée vers les actifs liés à l’intelligence artificielle a donné un nouvel élan aux fusions-acquisitions, selon les rapports trimestriels des banques.
JPMorgan Chase, plus grande banque américaine par l’actif, devrait publier cette semaine le bénéfice trimestriel le plus élevé jamais réalisé par une banque américaine, porté par les activités de trading et de banque d’investissement. Goldman Sachs a également dépassé les attentes, soutenu par les marchés et ses participations dans SpaceX. Les six plus grandes banques de Wall Street devraient cumuler plus de 50 milliards de dollars de bénéfices au deuxième trimestre, selon les estimations des analystes compilées par Bloomberg.
Le volume mondial des opérations de fusion-acquisition a déjà dépassé les 3 000 milliards de dollars depuis le début de l’année 2026, selon Dealogic, un rythme qui pourrait en faire une année record. Les introductions en Bourse ont également repris, avec l’IPO de SpaceX valorisée 75 milliards de dollars, la plus importante de l’histoire, conseillée par plusieurs banques dont Citi et Goldman Sachs.
Le directeur general de Bank of America, Brian Moynihan, a salue une economie americaine « plus resistante que prevu », soutenue par la consommation, les investissements dans l’IA et la baisse des couts energetiques, tout en relevant que « l’inflation et le resserrement de la politique monetaire restent des risques majeurs ». La banque prevoit une croissance de son produit net d’interets compris entre 6 % et 8 % pour l’ensemble de l’annee 2026.
L’action Bank of America a gagne environ 2 % en seance mercredi, portant sa progression a pres de 8 % depuis le debut de l’annee. Les resultats de Goldman Sachs et de JPMorgan Chase, egalement attendus cette semaine, devraient confirmer la tendance d’un secteur bancaire americain porte par des conditions de marche exceptionnellement favorables.
